‹ Pensâees et fragments inâedits de MontesquieuChapitre 64 sur 263 · I. Voyez ma remarque dans mdn extrait d^Ammien Marcellin · texte numérisé non relu

I. Voyez ma remarque dans mdn extrait d^Ammien Marcellin

4268 (2065. III, P 342 v^). — Je compare les dames

de la Reine ou de Mad^ la Dauphine, qui s'habillent

deux ou trois fois pour paroître devant elles, à ces

comédiens qui jouent le rôle de gardes, et qui s*ha-

5 billent pour s'entendre dire : c Holà! Gardes, allez! »

4269* (42. I, p. 48). — Les Espagnoles. — Le pays d'Espagne est chaud, et les femmes sont laides. Le climat est fait en faveur des femmes. Mais les femmes sont faites contre le climat.

10 4270(208. I, p. 280). — Du Portugal. — Le climat est fait en faveur des femmes, et les femmes semblent être faites contre le climat. Rien n'approche d'une Portugaise pour inspirer le détachement. Les Anges se réjouissent lorsqu'un François est auprès

i5 d'une Po[rtugaise]. Elles ont des remèdes pour conserver leur beauté qu'Ovide n'a point dictés, et que l'Amour n'approuva jamais. Voilà le beau sexe ! On peut juger de l'autre. Il n'y a pour les femmes de vrais prédicateurs que les vilains hommes.

20 4274 (840. I, p. 538). — Je dis que le rouge, bien loin d'être une marque que les femmes songent plus à leur beauté, fait, au contraire, qu'elles y songent moins. On ne sauroit croire combien les femmes étoient occupées de leur teint autrefois; combien

35 elles se regardoient au miroir; quelles précautions elles prenoient ; combien elles vivoient sous le masque de peur du hâle. C'est que, comme il y avoit pour lors des teints, et que la beauté étoit en propre, cela

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donnoit de grandes distinctions et de grands avantages. Aujourd'hui, tous les visages sont les mêmes. IdetHj depuis qu'on ne met plus de corps pour leur taille.

1272 (lo II. II, f* 37). — Autrefois, les femmes 5 étoient belles; aujourd'hui, elles sont jolies. Elles étoient contraintes dans leurs manières; peu de société; ne songeoient qu'à leur teint; n'osoient montrer le nez, de peur de gâter leur teint, qui les tenoit en servitude; des lavements continuels. Cette 10 perpétuelle attention rétrécissoit leur esprit. Les romans de ces temps- là nous peignent toujours la beauté, la majesté, un nez aquilin, de grands yeux; ils ne peignent pas les grâces. Aujourd'hui, on ne peut pas reprocher à nos femmes qu'elles n'ayent i5 une grande liberté dans l'esprit, les manières et les mœurs.

4273(8o2. I, p. 3i5). — Les femmes obtiennent mieux les grâces de la Cour que les hommes; les princesses, plus que les princes. C'est qu'elles n'en- ao tendent jamais les raisons qu'on leur donne du refus; elles reviennent donc toujours à la charge et lassent.

4274(849. I, p. 541). — Sans la V , les honnêtes

femmes seroient perdues : tout le monde prendroit

des courtisanes. C'est donc la v qui produit la 25

galanterie.

1275' (1413. II, f> 2o3 vo). — Autrefois que la phy-

sique n'étoit point si chargée de géométrie, les femmes, qui y pouvoient entendre quelque chose, la méprisoient. A présent qu'elles n'y peuvent rien entendre, elles l'estiment beaucoup et veulent la 5 savoir.

^276(1084. II, f> 67 v«). — Il faut rompre brusquement avec les femmes : rien n'est si insupportable qu'une vieille affaire éreintée.

4277(12 r 3. II, f> 93 v°). — Je disois : c Que les fem- 10 mes calculent en changeant d'amant! Le successeur, avec plus de mérite, vaut toujours moins pour elles que le prédécesseur; l'embarras de changer; un homme qu'elles mécontentent; toujours moins de considération pour elles; le danger d'avoir bientôt i3 à changer encore; etc. >

1278 (i 348. II, f> 1 93 v^). — Je disois : « Quand on a été femme à Paris, on ne peut être femme ailleurs. »

4279 (1069. II, fo 66). — * Femmes d'Orient. — Leur jeunesse est au commencement de leur âge, au lieu 20 qu'à nos femmes la jeunesse est au milieu"".

4280(1089. II, f^ 68).— Il n'y a pas de femme de

cinquante ans qui ait une assez bonne mémoire

pour se ressouvenir de toutes les personnes avec

qui elle s'est brouillée, et avec qui elle s'est rac-

25 commodée.

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