PRÊTRES ET RELIGIEUX
rable que le corps qui est le plus voisin du Ciel soit le plus incommode aux hommes!... (Les Ecclésiastiques.)
4319(35. 1, p. 38). — Les Théologiens, — Ils aiment
3 mieux un nouvel article de croyance qu'un million
de Chrétiens, et, pourvu qu'ils gagnent un article
de symbole, il ne s'embarrassent pas de perdre des
fidèles.
Un tyran avoit un lit de fer où il mcsuroit tout 10 le monde. Il faisoit couper les pieds à ceux qui étoient plus grands, et étendre ceux qui Tétoient moins. Mais ceux-ci vont plus loin : car, pour tourmenter davantage, tantôt ils augmentent le lit, et tantôt ils le diminuent.
i3 4320* (2 176. III, f*36i). — Les théologiens ne s'apaisent sur une dispute qu'en faveur d'une seconde. Ils sont comme les cormorans qu'on envoyé pêcher : ils viennent vous rendre le poisson qu'un anneau a arrêté dans leurs gosiers; mais vous y mettez un
20 goujon.
4321* (980. Il, f* 28). — Controversistes défendent la religion établie par la seule raison qu'elle est établie; ils combattent ceux qui l'attaquent par la seule raison qu'ils l'attaquent.
25 4322(439. 1, p. 387).— Il y a des ordres de religieux qui sont une pénitence; d'autres qui sont un métier.
l6o MONTESQUIEU
1323 (902. II, f^ 1 1 V®). — Les Moines : Genus hominum quod damnabitur semper et semper retinebitur,
4324(ii5o. II, f>8o).
Ego odi homines ignava opéra et philosopha sen-
[tentia. 3 Vers [de Pacuvius], cité par Aulu-Gelle. — Il me semble que ce sont nos moines.
1325 (11. I, p. 5). — Si les Jésuites étoient venus avant Luther et Calvin, ils auroient été les maîtres du Monde. 10
1326 (730. 1, p. 488). — Les Jésuites défendent une bonne cause, le molinisme, par de bien mauvaises voyes.
1327* (104. 1, p. 97). — Si les livres qui ont été faits contre les Jésuites subsistent jusque dans l'avenir i5 reculé et survivent aux Jésuites mêmes, ceux qui les liront ne croiront-ils pas que les Jésuites ont été des assassins, des gens noircis de crimes, et ne s'étonneront-ils pas qu'on ait pu les laisser vivre ? Ils ne s'imagineront pas sûrement qu'ils sont à peu près 20 comme les autres religieux, comme les autres ecclésiastiques, comme les autres hommes, c Si ces genslà existoient encore, diroient-ils, je ne voudrois pas me trouver sur un grand chemin avec eux. »
Je ne sais si Bayle n'a pas dit quelque chose de cela. 25
1328(394- I, p. 364). — J'ai été très surpris, dans
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mes voyages, de trouver les Jésuites qui gouvernent Venise, et qui sont sans aucun crédit à Vienne.
4329(544. 1, f>433). — Qui auroit dit que les Jésui-
5 tes, si noircis d'accusations contre nos roix, tant de
fois accusés et même condamnés, vtendroient à
gouverner la France avec un empire jusqu^alors
sans exemple?
1330 (715. 1, p. 480). — Une chose que je ne saurois 10 concilier avec les lumières de ce siècle, c'est l'autorité des Jésuites.
1331 (SgS. I, p. 364). — J'ai peur des Jésuites, Si j'offense quelque grand, il m'oubliera, je l'oublierai, je passerai dans une autre province, un autre
i5 royaume. Mais, si j'offense les Jésuites à Rome, je les trouverai à Paris; ils m'environneront partout. La coutume qu'ils ont de s'écrire sans cesse étend leurs inimitiés. Un ennemi des Jésuites est comme un ennemi de l'Inquisition : il trouve des familiers
ao partout!.
1332 (482. 1, p. 402). — Les Jésuites, je les crains. C'est un corps qui m'enveloppe, et qui me trouve partout. Que j'offense un grand seigneur, je m'en irai et ne le trouverai plus. Mais les Jésuites sont
23 comme les familiers de l'Inquisition a.