‹ Pensâees et fragments inâedits de MontesquieuChapitre 72 sur 263 · XV. PORTRAITS · texte numérisé non relu

XV. PORTRAITS

4346 (2 i5b. m, f> 352 v<>). — On disoit du comte 20 de Boulainvilliers qu'il ne savoit le passé, le présent,

ni l'avenir: il étoit historien; il avoit une jeune femme; et il étoit astrologue.

4347 (21 18. m, f° 349 v° ). — Le maréchal de

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Villeroy, mauvais plaisant: il visoit toujours et n'attrapoit jamais; d'ailleurs, il étoit vain comme une sotte femme.

1348(1232. II, f»ioo).— Je disois: c On plaît et 5 déplaît par la nature : Mad^* de Clermont ne peut pas déplaire; le duc de Villars ne peut pas plaire. >

1349(2149. III, f^352). — Entendant parler le cardinal de Polignac, je lui dis : c Monseigneur, vous ne faites pas des systèmes ; mais vous dites des sys- 10 tèmes. »

1350 (1418. II, f*> 204 v«). — A Milord Waldegrave. — € Je vous ai trouvé à Paris ou ministre d'un grand roi. Vous êtes tellement aimé que ceux qui ne vous ont pas vu à la Cour comme ministre vous pren-

i3 droient à la Ville comme un citoyen. »

1351 (2126. III, f* 35o vo). — J'ai connu milord Bolingbroke, et je Tai déconnu : je ne me souciois pas d'apprendre la morale sous lui.

1352(2i59.III,f>353 v^). — Je disois de milord 20 Bolingbroke, sur son apologie contre le Prétendant : < C'est contre le roi régnant qu'il devoit plutôt faire son apologie. Il n'y a point d'apologie à faire quand elle ne peut qu'achever d'accabler un prince malheureux. > 25 Milord Hyde disoit de lui : «Je ne l'ai jamais quitté sans Tadmirer davantage et l'estimer moins. »

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1353(i323. Il, f i85). — JedisoisdeB qu'il

ne falloit l'avoir pour ami, ni pour ennemi; qu'il n'étoit écouté de personne; mais qu'il l'étoit cependant de tout le monde.

i354 (3206. ni, f" 464). — Mon ami et mon protec- 5 teur en Angleterre, feu M. le duc de Montaigu : il étoit comme ces pierres dont on tire du feu, et qui restent froides.

1355(2124. ni, P'35o). — Mon ami M. Fawlkes, président de la Société royale : si on m'avoit 10 demandé quels défauts il avoit dans le cœur et dans Tesprit, j'auroîs été embarrassé de répondre.

1356(i32o. II, f i85). — Mairan, si supérieur à tout dans les sciences, et qui employé tous les petits ressorts pour se faire, de tous côtés, de la repu- i& tation. Je le compare à ce Breton, marquis de Comaduc, qui avoit cent mille livres de rente et demandoit l'aumône. Ceux qui craignent tant pour leur réputation et sont blessés des plus petites choses, ils sont comme les corps de M. de Newton, 10 sur lesquels on agit i» disians.

1357 (2 1 25. m, î° 35o v"). — Il me sembloit que le chevalier Metue2eii(?) ne savoit jamais que la moitié des choses.

1358' (i4<j3. II, f" 223). — L'abbé du Vattbrun^ — is Avec un caractère grave et un air sérieux, il fut

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