I. Mis dans les Loix
1432 (2 121. III, f* 35o). — Les Anglois qui ont repassé la Manche semblent avoir repassé le fleuve Lethé. Ce n'est pas qu'ils soyent ingrats, mais peu sont en état de vous recevoir à Londres, où ils n'ont point souvent de maison : ils sont embarrassés à 5 vous recevoir.
1433* ( 1 53 1 . II, f* 2 34). — Anglois. — Ils parlent peu, et, cependant, ils veulent être écoutés. Chez eux, la simplicité, la modestie, la retenue, ne sont jamais ridicules. Us font cas du mérite personnel plus qu'au- 10 cune nation du Monde. Ils ont leurs caprices; mais ils en reviennent. Si vous leur envoyez de petites gens, ils croyent que vous voulez les tromper. Ils sont vrais^ et ouverts, et même indiscrets; mais ils ne peuvent souffrir d'être trompés. Tout ce qui s'ap- i5 pelle air leur déplaît. Ils aiment à voir la simplicité et la décence; ils aiment à raisonner, plus qu'à converser. Naturellement honnêtes gens, si la Cour et le besoin ne les a pas corrompus; braves, sans estimer la bravoure ; également capables de mépriser 20 l'argent et de l'aimer; incapables de se divertir, ils aiment qu'on les divertisse. Quand les étrangers n'ont pas les défauts qu'ils leur croyent, ils sont gens à les aimera la folie. Ils aiment les talents et n'en sont point jaloux. Tout cela est couvert d'une bizarrerie, qui 2S est comme l'habit qui enveloppe toutes leurs vertus.
Voilà pour les particuliers!
Voici la Nation et le Ministère :
Trompez-les; comme ils n'espèrent pas de pouvoir vous le rendre, vous les mettez au désespoir. 3o
CARACTÈRES ETHNIQUES l85
La nation, insolente; les particuliers, modestes. Ne craignons (?) jamais un roi d'Angleterre qui n'aura pas de mérite personnel.
1434(781. I, p. 5o8). — La Différence des Anglais 5 et des François. — Les Angloîs vivent bien avec leurs inférieurs et ne peuvent soutenir leurs supérieurs. Nous nous accommodons de nos supérieurs et sommes insupportables à nos inférieurs.
1435 (1286. II, f*> i36). — Un gentilhomme anglois 10 est un homme, le matin, habillé comme son valet de
chambre; un gentilhomme françois est un homme qui a un valet de chambre habillé comme lui.
1436 (i326. II, f> i85 v<>). — Je disois : « Les Anglois ne sont pas assez supérieurs à nous pour n'être
i3 pas inférieurs. »
1437 (i i35. II, f> 78). — Ils croyent en Angleterre que la moitié des François est à la Bastille^ et l'autre, à l'Hôpital.
1438 (758. I, p. 498). — Les Allemands sont trop 20 indolents pour être si rompus aux affaires. C'est pour
cela qu'ils en ont moins. Ils laissent la plupart des choses comme elles sont. A Vienne, un ministre qui a travaillé deux heures, le matin, va dîner et (?) jouer le reste de la journée. Les affaires restent dans 25 les tribunaux ordinaires, et personne ne songe à les en ôter, ni à les déranger. Malheureuse vivacité de
notre nation, qui met la mode jusques dans les projets des finances, et les résolutions des conseils, et le gouvernement des provinces! Tout ce qui est établi nous déplaît, et un ministre qui ne fait rien est regardé comme un mauvais ministre. 5
1439 (2i5o. III, p. 352). — On voit que les Allemands ont envie de faire sortir quelque chose de leur tête; mais cette envie est inutile.
1440 (i i63. II, f* 81). — Je disois que les lieues de Bohême étoient longues, parce que c'étoient des to gens qui ne pensoient pas qui les avoient marquées.
1441 (592. 1, f» 446). — En Hollande tout service se vend. Je disois : < Un HoUandois peut mourir à Tâge de 80 ans sans avoir jamais fait une bonne action. » is