Mis k peu près dans les Romains
drie par Alexandre, après la ruine de Tyr. Par là, ^
il ouvrit le commerce avec les deux mers, affoiblit
celui des Carthaginois, et ouvrit, pour ainsi dire,
rOrient. Il n'y a qu'à voir ce qu'en firent les Ptolo-
mées, les plus riches roix du Monde; l'Egypte, le 5
plus beau royaume de l'Univers par sa situation, sa
fertilité, le nombre des habitants.
*Un roi de France ou d'Espagne, avec 3o,ooo hommes et une flotte bien pourvue, conquerroit toute l'Egypte et auroit le plus beau royaume du lo Monde pour le commerce et le plus bel établissement pour un cadet. Exercice de toutes sortes de religions libre partout. Point d'alliés; mais de la surprise (?). Point de gens qui eussent leur fortune faite. L'Egypte toujours conquise d'un coup de main. i5 Cependant elle est facile à garder, hors du côté de la mer*.
1499(245. 1, p. 257). — Il est dit, dans la préface du Dictionnaire de Commerce, que les douanes d'Alexandrie montoient à plus de 3o, 000,000 de livres par 20 an du temps des Ptolémées, somme prodigieuse!
1500 (1390. II, f° 201 vo). — Soudans d'Egypte détruisent les Croisés. Ils étoient très puissants, parce qu'ils faisoient le commerce des Indes Orientales. 25
1501*(i5o3. II, f°225 v^). — «Baal régna dix ans sur les habitants de Tyr. Après quoi divers magistrats qui n'étoient qu'à temps gouvernèrent la ville de
Tyr, sous le nom de juges: on les appeloit sujffètes, nom connu chez les Carthaginois. Ce nom est dérivé du mot hébreu shophetim, qui signifie juge, » (Page i68, Histoire des Juifs par Prideaux. — 3 Pages II et 12, *Hist* vol. *uniperselle*).
Cela peut expliquer comment ceux de Carthage, après Didon, changèrent leur gouvernement en république : T3'r, leur métropole, avoit fait de même. Il falloit que, dans les mœurs de ces peuples, 10 la royauté ne fût regardée que comme une espèce de magistrature, qui pouvoit aisément se changer en une autre.
1502* (i 601. II, f° 225). — Liaisons intimes des Carthaginois avec les Toscans, du temps d'Ârîstote. i5 Choses communes entre eux. Leurs traités. (II' volume Politiquey page 106 v®.)
Il pouvoit être que la destruction des Toscans avoit donné de la jalousie aux Carthaginois.
1503 (33. 1, p. 39). — Les Carthaginois, leur For- 20 tune et leur Humiliation subite^. — De grandes richesses, et point de vertu militaire ; de mauvaises armées, mais qu'ils réparoient aisément.
Leur foiblesse venoit de ce que leurs grandes forces n'étoient point dans le centre de leur puis- 25 sance. Vice intérieur.
I** Les villes d'Afrique n'étoient point ceintes de murs.
I. J'ai mis ceci dans les Considérations sur la République romaine.
2^ Us avoîent des voisins peu affectionnés, et qui les abandonnoient lorsqu'ils pouvoient le faire sans péril; et, pour lors, les ennemis du dehors et du dedans joints ensemble les mettoient à deux doigts de leur perte. 5
3** Leurs imprudences continuelles: ils envoyent la moitié d'une armée en exil; ils punissent leurs généraux de leurs malheurs, de manière qu'ils songeoient plus à se défendre contre les citoyens que contre les ennemis. lo
4^ Leurs divisions funestes.
5° La mauvaise administration.
6° La fureur des conquêtes lointaines: Carthage songe à conquérir la Sicile, l'Italie et la Sardaigne, pendant qu'elle paye un tribut aux Africains. i3
Aussi tous ceux qui débarquèrent en Afrique les (sic) mirent-ils au désespoir : Agathocle, Regulus et Scipion.
Chaleur africaine. Domination pesante. Carthaginois haïs comme étrangers. «o
1504* (i5o4. II> ^^ 226). — Annibal. — Il imagina, entreprit avec hardiesse ; un esprit juste, mais étendu ; réglé, mais fécond; prudent, mais hardi; son ascendant fut égal sur l'esprit et sur le cœur.
Qu'on se figure un général hollandois qui mène, 25 à cinq ou six cents lieues de chez lui, des Suisses et des Allemands pendant vingt ans, et sans qu'il leur vînt dans Tesprit de se plaindre. Annibal fît la seuje bonne armée que Carthage ait eue pendant toute, la guerre. La jalousie d'une faction contraire lui ôte 3o
tous les secours ; il les trouve dans son génie. Ces secours, tant attendus, arrivent enfin; ils sont détruits; Annibal reste ferme avec sa vieille armée. Après la paix, Annibal se sauve de Carthage; il 3 trouve partout les Romains, et les Romains trouvent partout Annibal. Il va, de cour en cour, animer des princes lâches, et il semble que sa présence seule (quelques conseils qu'il leur donne) augmente leur puissance et les rende formidables.
lo 1505 (705. I, p. 478). — Si Annibal fût mort d'abord après la bataille de Cannes, qui est-ce qui n'eût pas dit que, sans sa mort, Rome eût été perdue? Il y a souvent dans les États une force inconnue.
i5 1506* (1567. I^ ^^ 453). — Il arriva à Annibal ce qui arrive toujours lorsque les guerres sont trop longues: les deux partis s'aguerrissent ; la guerre se termine toujours en faveur de celui qui a les plus véritables forces et plus de constance.
20 1507 (49. 1, p, 54). — Annibal, par une trop longue guerre, aguerrit les Romains. Il se pressa trop d'attaquer Sagonte; il falloit auparavant confirmer sa puissance en Espagne.
Rome, qui avoit seule une guerre continuelle,
25 vainquit toutes les républiques, les unes après les autres. Elle vainquit ensuite les roix par le moyen des roix: Philippe, avec le secours d'Attale, et Antiochus, avec le secours d'Attale et de Philippe.
1508 (94. 1, p. 87). — On a pitié de voir Annibal, de retour de Trébie, de Cannes et de Trasimène, aller faire la police dans Carthage!
1509* (i 526. II, f^ 23i v*>). — Dans les guerres puniques, Carthage eut sans doute d'aussi grands succès 5 que les Romains'. Toute la différence fut que les uns firent la paix dans le temps de leur prospérité ; les autres, dans celui de leurs malheurs.
1510 (212. 1, p. 219). —• Ce qui fit paroître les 10 Grecs dans le Monde, c'est une crise qui se fit dans
le corps de la Grèce, que cent petits tyrans gouvernoient. Toutes ces monarchies s'érigèrent en républiques. Dans ces temps nouveaux, la fureur pour la liberté leur donna un amour de la patrie, un courage i5 héroïque, une haine des roix, qui leur fit faire les plus grandes choses. Leur puissance et leur gloire attirèrent chez eux les étrangers, et, par conséquent, les arts. Leur situation sur la mer leur attira le commerce. 20
1511 (1206. II, f>92 v°). — Je disois : < Une preuve de la nouveauté des Grecs, ce sont les sentences qui ont rendu si célèbres ceux qui les ont dites, et qui
I . Je ne parle que des deux premières : car la troisième ne fut point une guerre, mais une conjuration.
nous paroisseht si communes qu'on ne les remarqueroit pas aujourd'hui si un artisan les disoit. >
1512* (1547. II> ^ 247). — < Les Cretois ont eu des roix. Ils s'en sont défaits, et ce sont les dix cosmes 5 qui commandent en guerre, i dit Aristote (chapitre X, De Republica Cretensium^ livre II). — Même manquement de ressort qu'en Hollande, depuis qu'elle n'a plus de stathouder.
1513(210. I, p. 217). — Lacédémoniens . — Il n'y 10 a rien qui résiste à des gens qui observent les loix par passion, qui soutiennent un État par passion, et non pas avec cette froideur et cette indifférence que l'on a le plus souvent pour la société où Ton est ' .
i5 Idem, la plupart des républiques de Grèce et les premiers Romains.
1514(i324. II, f^ i85). — Les Roix de Sfarte. — Il n'y en a peut-être pas eu dont la vie ait été plus exposée aux périls et peut-^être plus longue : Agésilatis 20 vécut jusques à ... ans. Il faut voir l'âge des roix de Sparte et le comparer avec celui des roix de Perse et d'Egypte.
1515* (04. 1, p. 38). — Les Athéniens soumettoient
à leur empire les peuples vaincus ; les Lacédémo-
23 niens leur donnoient leurs loix et leur liberté.