‹ Pensée constructive et réalités spirituelles: Essai de psychologie formelle à propos de l'ascétisme religieuxChapitre 93 sur 165 · DEUXIÈME TEMPS - LE DÉTACHEMENT · texte numérisé non relu

DEUXIÈME TEMPS - LE DÉTACHEMENT

La période du recueillement est en quelque sorte une période de gestation. - Tout ce que la piété produira en se développant existe déjà à l’état latent et va ensuite se réaliser. De la même façon ce que nous venons de voir assez confusément doit maintenant être précisé.

Lorsqu'après une retraite, à la suite d’oraisons décisives et d'examens de conscience pénétrants, on s’est décidé à s’adonner à une vie de piété sincère et profonde, il faut dès le début entrer dans ce que les mystiques appellent la voie purgative, c’est-à-dire l’organisation de toutes les affections dans le sens de la piété. Il y a donc une transformation à faire, un redressement à opérer à partir de l’état de tiédeur jusqu’à un nouvel état complètement contraire: l’état de ferveur. Ce redressement ne s’obtient pas d’un seul coup. Les âmes peuvent le faire avec lus ou moins de rapidité, suivant leurs dispositions; mais, théoriquement au moins, sinon toujours en fait, il y a plusieurs étapes à franchir, que nous devons étudier les unes après les autres. Ces étapes sont les suivantes:

a) un premier effort d'orientation générale pour déterminer une fois pour toutes l’âme à s’adonner à la piété et donc à se détacher de ce qui en est le contraire, le péché. Nous appellerons cette étape la mise en état de grâce, bien que, du point de vue théologique, cet état de grâce soit acquis par le sacrement plutôt que par l’effort personnel.

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