‹ Pensée des jardinsChapitre 34 sur 55 · DES CLASSIFICATIONS · texte numérisé non relu

DES CLASSIFICATIONS

J'ai dû, pour déterminer cette plante, pénétrer ses plus intimes caractères, observer péniblement à ia loupe ses modes de placentation, d'insertion, et jusqu'à ses poils. Pour connaître son nom, je n'ai pu me passer de cç long" examen. Et, de Linnaeus, — qui devait la décrire en latin dans un g-renier aux toits neig-eux hanté de rats et encombré dlicrbiers australiens, — à J. Sachs, dont la candeur savante avoue « dix-sept familles de parenté douteuse ou inconnue », tous m'assurent qu'il ne m'est possible de con-

dure à l'espèce, ou môme au genre, qu'en me basant sur des caractères d'autant plus précieux qu'on les disting-ue à peine.

Or, si je me promène, je puis dire — une fois que j'ai ainsi déterminé cette fleur — : Voilà cette fleur! sans que j'aie à recourir à nouveau à mes subtiles et difficiles analyses. Je puis désormais la désig-ner carrément, sans même la cueillir pour l'observer. Je puis affirmer : Voilà une cardamine, voilà une g-entiane, sans qu'il me soit utile de contrôler encore la tétradynamie de Tune ou la monopétalie isostémone de l'autre.

Il j a donc des caractères extérieurs très simples, très vite perçus, suffisant à la distinction des genres, mais qu'un botaniste ne peut décrire sans les mêler à d'autres caractères inutiles à la détermination ?

C'est ainsi que Ton peut se rendre compte de la difficulté de traduire en mots humains

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les formes et les couleurs qui savent se faire comprendre plus simplement que nous ne savons les exprimer.

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