‹ Pensée des jardinsChapitre 46 sur 55 · SUR UN BAPTÊME · texte numérisé non relu

SUR UN BAPTÊME

orag'euse où l'ang-uille remue au fond.

L'Eau qui tombait à torrents dans la nuit, cependant que la tristesse me rongeait.

L'Eau qui a g^rossi la fontaine de La Fontaine, et le ruisseau qui baig-ne les joncs et les pieds des bécasses.

L'Eau qui a été à la mer qui recouvre les parterres d'oursin bleus, roses et pourpres, les plantes vert-de-gris ou rouilleuses.

L'Eau qui est remontée aux nuag*es, d'où elle est redescendue dans la forêt et dans les puits.

L'Eau hissée par la servante presbytérale et mise dans la cruche poreuse où la main à plat a froid.

l68 PENSÉE DES JARDINS

Le cierge jaunit dans la lumière assourdissante. El, dans le baptistère, le feu rose de la laine...

Le Feu, qui a cassé le ciel comme une vitre, a frappé Tarbre, l'a écartelé.

Le Feu, comme du sang*, dans la terre qui le vomit sur la petite créole qui, à midi, sous la véranda, ouvre des huîtres de palétuviers.

Le Feu qui est le frère de l'Eau.

Le Feu qui purifie, qui est la chandelle que le voyageur perdu aperçoit, au commencement de la nuit, dans la maison des bois de l'Automne glacée. ^

Le Feu qui est la lanterne qui, là-bas, disparaît et reparaît selon que la voiture est

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