Cf. r, les premières lignes, et
4. Le parti, c'est ici, en style de jeu, la part i)ue reçoit le joueur, quand on met fin ;iu jeu ; cette part est pro-
portionnelle aux chances probables que chacun a encore à courir.
5. Miton est, selon toute apparence l'incrédule qu'il s'agit dans tout cet article de faire sortir de son indifférence, en le prenant par son faible, la passion du jeu.
ARTICLE XI Marques de la vraie religion.
Demander à Dieu de V aimer et de le suivre (/). Coiuiaître notre nature (2, II). Être îtiélee d'intérieur et d'extérieur (^). Abaisser l'homme et le relever (4). Avoir été toujours sur la terre (j). Effroi de l'homme qui s'éveille dans une île déserte (S) Le centre oii toutes choses tendent (zo). Preuves de la religion (12). Proportionnée à toutes sortes d'esprits (is)-
1. La vraie religion doit avoir pour marque d'obliger à aimer son Dieu. Cela est bien juste. Et cependant aucune autre que la nôtre ne l'a ordonné ; la nôtre 1 a fait. Elle doit encore avoir connu la concupiscence et l'impuissance ' ; la nôtre l'a fait. Elle doit y avoir apporté les remèdes ; l'un est la prière. Nulle religion n'a demandé à Dieu de l'aimer et de le suivre^.
2. La vraie nature de l'homme, son vrai bien, et la vraie vertu, et la vraie religion, sont choses dont la connaissance est inséparable.
2 bis. Après avoir entendu la nature de rhoramc II faut, pour faire qu'une
religion soit vraie, qu'elle ait connu notre nature. Elle doit avoir connu la grandeur et la petitesse, et la raison de l'une et de l'autre. Qui l'a connue, que la chrétienne 3 ?
3. Les autres religions, comme les païennes, sont plus populaires, car elles sont en extérieur; mais elles ne sont pas pour les gens habiles. Une religion purement intellectuelle serait plus proportionnée aux habiles, mais elle ne servirait pas au peuple. La seule religion chrétienne est proportionnée à tous, étant mêlée d'extérieur et d'intérieur. Elle élève le peuple à l'intérieur, et abaisse les superbes à l'extérieur 4, et
1. Suppl. : de la vaincre. I 3. On sait que les religions de Tan-
2. Saint Augustin a montré que les tiquité ne coniportaieni aucun envœux intéressés des païens n'ont rien seignemcnt dogmatique.
de commun avec la prière chrétienne, j 4. Hnt. : le culte extérieur sert, par (fie Civ. D., Vl, 10.) j son symbolisme, à élever nos sens
n'est pas parfaite sans les deux, car il faut que le peuple entende l'esprit de la lettre, et que les habiles soumettent leur esprit à la lettre.
3 bis. Il faut que l'extérieur soit joint à l'intérieur pour obtenir de Dieu, c'est-à-dire que l'on se mette à genoux, prie des lèvres, etc., afin que l'homme orgueilleux qui n'a voulu se soumettre à Dieu, soit maintenant soumis à la créature. Attendre de cet extérieur le secours est être superstitieux ; ne vouloir pas le joindre à l'intérieur est être superbe.
4. Nulle autre religion n'a proposé de se haïr. Nulle autre religion ne peut donc plaire à ceux qui se haïssent, et qui cherchent un être véritablement aimable Et ceux-là, s'ils n'avaient ouï parler de la religion d'un Dieu humilié, l'embrasseraient incontinent '.
A bis. ...Nulle autre n'a connu que l'homme est la plus excellente créature. Les uns^, qui ont bien connu la réalité de son excellence, ont pris pour lâcheté et pour ingratitude les sentiments bas que les hommes ont naturellement d'euxmêmes; et les autres 3, qui ont bien connu combien cette bassesse est effective, ont traité d'une superbe ridicule ces sentiments de grandeur, qui sont aussi naturels à l'homme. "Levez vos yeux vers Dieu, disent les uns ; voyez celui auquel vous ressemblez et qui vous a tait pour l'adorer. Vous
f)0uvez vous rendre semblables à lui ; la sagesse vous y égaera si vous voulez le suivre. (Haussez la tête, hommes libres, dit Epictète). Et les autres lui disent : Baissez vos yeux vers la terre, chétif ver que vous êtes, et regardez les bêtes dont vous êtes le compagnon.
Que deviendra donc l'homme? Sera-t-il égal à Dieu ou aux bêtes ? Quelle effroyable distance ! Que serons-nous donc? Qui ne voit pas tout cela que l'homme est égaré, qu'il est tombé de sa place, qu'il la cherche avec inquiétude, qu'il ne la peut plus retrouver ? Et qui l'y adressera donc ? les plus grands hommes ne l'ont pu 4.
jusqu'à l'esprit et, par ses pratiques, à abaisser notre orgueil au respect de la lettre.
I. Puisqu'il est Dieu, en effet, nous devons l'aimer; puisqu'il est humilié, nous devons nous haïr.