‹ Pensées (volume 2)Chapitre 119 sur 306 · V. Gr · texte numérisé non relu

V. Gr

2. C'est-à-dire: quand le temps désigné fut accompli. C'est le même mouvement, d'une éloquence si simple i la fois et si solennelle, qui termine les deux généalogies évangéliques et Jç prologue de saint Jean.

'3. Cf. Bossuet : « Cette Église,

toujours attaquée et jamais vaincue, est un miracle perpétuel. » {Disc, 2,

4. Suppl. : que sans fléchir jamais, l'Église ait subsisté toujours, voilà qui est incomparable et tout à fait divin.

Cf. 6.

5. Passage des Essais, marqué d'un rond dans l'exemplaire de Pascal et qu'on peut identifier sans hésitation avec la théorie bien connue de Mon

laisser jamais sans des assurances de sa puissance et de sa volonté pour leur salut. Car, dans la création de l'homme, Adam en était le témoin, et le dépositaire de la promesse du Sauveur, qui devait naître de la femme; lorsque les hommes étaient encore si proches de la création, qu'ils ne pouvaient avoir oublié leur création et leur chute. Lorsque ceux qui avaient vu Adam n'ont plus été au monde, Dieu a envoyé Noé, l'a sauvé, et noyé toute la terre, par un miracle qui marquait assez le pouvoir qu'il avait de sauver le monde,, et la volonté qu'il avait de le faire, et de faire naître de la semence de la femme Celui qu'il avait promis. Ce miracle suffisait pour affermir l'espérance des...

La mémoire du déluge étant si fraîche parmi les hommes, lorsque Noé vivait encore. Dieu fit ses promesses à Abraham,, et lorsque Sem vivait encore, Dieu envoya Moise, etc.

6. Les États périraient, si on ne faisait ployer souvent les lois à la nécessité. Mais jamais la religion n'a souffert cela,, et n'e« a usé. Aussi il faut ces accommodements, ou des miracles. Il n'est pas étrange qu'on se conserve en ployant, et ee n'est pas proprement se maintenir; et encore périssentils enfin entièrement : il n'y en a point qui ait duré mille ans 2. Mais que cette religion se soit toujours maintenue, et inflexible, cela est divin.

7. Il y aurait trop d'obscurité, si la vérité n'avait pas des marques visibles. C'en est une admirable, qu'elle se soit toujours conservée dans une Église et une assemblée visible?. II y aurait trop de clarté s'il n'y avait qu'un sentiment dans cette Eglise4, mais pour reconnaître quel est le vrai, il n'y a qu'avoir quel est celui qui a toujours été; car il est certain que le vrai y a toujours été, et qu'aucun faux n'y a toujours été.

taigne sur la nécessité des changements dans un Ét:u (£«. , I, 22.)

1. Pascal oublie que la mort de Noé est fort antérieure à la vocation d'Abraham, comme k mort de Sem à la naissance de Moïse.

2. Rome sans doute a duré plus de mille ans, mais c'est en se transformant plus d'une fois profondément,

comme il arriva entre autres sous Auguste et sous Constantin.

3. La synagogue ne faisant qu'un avec l'Église, selon la doctrine de de saint Augustin. (In Jud., t. Vm, 29.)

4. Puisque ainsi la foi ne serait plus méritoire. Cf. art. XX.

Le Messie a toujours été cru. La tradition d'Adam était encore nouvelle en Noé et en Moïse. Les prophètes l'ont prédit depuis, en prédisant toujours d'autres choses, dont les ■événements, qui arrivaient de temps en temps à la vue des hommes, marquaient la vérité de leur mission, et par conséquent celle de leurs promesses touchant le Messie. Jésus- Christ a fait des miracles, et les apôtres aussi, qui ont con- -verti tous les païens ; et par là, toutes les prophéties étant accomplies', le Messie est prouvé pour jamais.

8. En voyant l'aveuglement et la misère de l'homme, en regardant tout l'univers muet-, et l'homme sans lumière, abandonné à lui-même, et comme égaré dans ce recoin de l'univers, sans savoir qui l'y a mis, ce qu'il v est venu faire, ce qu'il deviendra en mourant, incapable de toute connaissance, j'entre en effroi comme un homme? qu'on aurait porté endormi dans une île déserte et effroyable, et qui •s'éveillerait sans connaître où il est, et sans moyen d'en sortir. Et sur cela j'admire comment on n'entre point en désespoir d'un si misérable état. Je vois d'autres personnes auprès ■de moi, d'une semblable nature : je leur demande s'ils sont mieux instruits que moi, ils me disent que non : et sur cela, ces misérables égarés, ayant regardé autour d'eux, et avant vu quelques objets plaisants, s'y sont donnés et s'y sont attachés 4. Pour moi, je n'ai pu y prendre d'attache, et considérant combien il y a plus d'apparence qu'il y a autre chose que ce que je vois, j'ai recherché si ce Dieu n'aurait point laissé quelque marque de soi.

Je vois plusieurs religions contraires, et partant toutes

1. Le règne de Dieu, par le triomphe de la loi évangélique : telle est, en effet, pour Pascal la grande prophétie, celle qui domine et enveloppe toutes les autres.

2. Demeurant sans réponse à toutes les questions que l'homme lui ipose sur son origine et sa fin. Cf. I, 15 : « Le silence éternel de ces ■espaces infinis m'efiraie. » On a là un genre d'images caractéristique du génie de Pascal.

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