V. Gr
5. La théologie de Pascal n'est pas, somme on l'a dit souvent, un mysticisme aveugle qui abdique la raison ; le Credo ut intclUgam de saintAugustin, le Fides quocrcns intelkctum de saint Anselme ont un écho dans les Pensées.
5. Si l'autorité de l'Église n'imposait une règle unique de foi.
6. Ent. : si le consentement général était la règle, quelle règle aurait le petit nombre d'hommes qui survivraient à quelque grand cataclysme?
7^^ Le rideau de cette fausse humilité qui se prétend incapable de reconnaître la vérité.
8. Pour juger si les hommes savent k propos croire^ nier ou douter.
9. Ainsi c'est la raison qui, d'après Pascal comme d'après Malebranche, est le caractère propre de l'homme.
« De prétendre se dépouiller
de sa raison, comme on se décharge d'un habit de cérémonie, disait le pieux auteur de la Recherche de la Vérité, c'est se rendre ridicule et tenter inutilement l'impossible... Non seulement il est permis, mais il y a obligation d'appuyer par la raison les dogmes que l'Eglise nous propose. »
10. C'est aussi, d'après Bossuet, la cause unique de l'incrédulité : « Nos passions désordonnées, notre attachement à nos sens, notre orgueil indomptable en sont la cause. » (Dist.
11, 31.) La vie de la plupart des libertins du xvii° siècle ne justifiait que trop cette affirmation.
Folle, parce que ce n'est point tout cela qui fait qu'on en est; cela fait bien condamner ceux qui n en sont pas, mais non pas croire ceux qui en sont. Ce qui les fait croire, c'est la croix, ne evacuata sit cruxK Et ainsi saint Paul, qui est venu en sagesse et signes dit qu'il n'est venu ni en sagesse ni en signes^, car il venait pour convertir. Mais ceux qui ne viennent que pour convaincre peuvent dire qu'ils viennent en sagesse et signes 3. (XXV, 50.)
34. Qu'il y a des Certiliides d'un anlre ordre et aussi complètes que eeMes de la Géomelrie4, La plupart des plus grandes certitudes que nous ayons ne sont fondées que sur un fort petit nombre de preuves qui ne sont pas infaillibles séparées, et qui pourtant dans certaines circonstances se fortifient tellement par l'addition de l'une à l'autre, qu'il y en a plus qu'il n'en faut pour condamner d'extravagance quiconque y resterait, et qu'il n'y a point de démonstration dont il ne fût plus aisé de se faire naître le doute dans l'esprit.
Que la ville de Londres, par exemple, ait été brûlée il y à quelques années, il est certain que cela n'est pas plus vrai en soi, qu'il est vrai que les trois angles de tout triangle sont égaux à deux droits; mais il s est plus vrai pour ainsi dire par rapport aux hommes en général. Que chacun examine là-dessus s'il lui serait possible de se porter à en douter, et qu'il voie par quels degrés il a acquis cette certitude, que l'on sent bien être d'une autre nature et plus intime que celle qui vient des démonstrations, et tout aussi pleine que si l'on avait vu cet incendie de ses propres yeux^.
(Rédaction de Filleau de la Chaise.)