‹ Pensées (volume 2)Chapitre 145 sur 306 · FI. Josèphe, que suit ici Pascal · texte numérisé non relu

FI. Josèphe, que suit ici Pascal

avait plaidé dans son livre contre Apion la haute antiquité du peuple juif et l'antériorité des écrits de Moïse sur les plus anciennes histoires des autres peuples.

5. Abraham, dont les Juifs se glorifiaient de descendre. (II Cor., XI, 22.)

6. Ils =: les Juifs, qui malgré maintes défections religieuses n'en montrèrent pas moins la plus étrange fidélité au monothéisme, et justifièrent la belle parole de l'Exode : « Vous serez mon pécule entre tous les peuples, un royaume de prêtres, une nation sainte. » (XIX, 5.)

avènement, et pour appeler tous les peuples à s'unir à eux dans l'attente de ce libérateur.

La rencontre de ce peuple m'étonne, et me semble digne de l'attention. Je considère cette loi qu'ils se vantent de tenir de Dieu, et je la trouve admirable. C'est la première loi de toutes, et de telle sorte qu'avant même que le mot loi fût en usage parmi les Grecs, il y avait près de mille ans qu'ils l'avaient reçue et observée sans interruption '. Ainsi je trouve étrange que la première loi du monde se rencontre aussi la plus parfaite, en sorte que les plus grands législateurs en ont emprunté les leurs, comme il paraît que la loi des XII Tables d'Athènes, qui fut ensuite prise par les Romains = et comme il serait aisé de le montrer, si Josèphe et d'autres n'avaient assez traité cette matière.

4. Avantages du peuple Juif. ...Dans cette recherche, le peuple juif attire d'abord mon attention par quantité de choses admirables et singulières qui y paraissent.

Je vois d'abord que c'est un peuple tout composé de frères : et, au lieu que tous les autres sont formés de l'assemblage d'une infinité de familles, celui-ci, quoique si étrangement abondant, est tout sorti d'un seul homme; et, étant ainsi tous une même chair, et membres les uns des autres, composent un puissant État d'une seule famille î. Cela est unique.

Cette famille, ou ce peuple, est le plus ancien qui soit en la connaissance des hommes + ; ce qui me semble lui attirer une vénération particulière, et principalement dans la recherche que nous faisons; puisque, si Dieu s'est de tout temps communiqué aux hommes, c'est à ceux-ci qu'il faut recourir pour en savoir la tradition.

Ce peuple n'est pas seulement considérable par son antiquité ; mais il est encore singuHer en sa durée, qui a toujours continué depuis son origine jusqu'à maintenant : car au lieu que les peuples de Grèce et d'Italie, de Lacédémone, d'Athènes, de Rome, et les autres qui sont venus si longtemps après, soient péris 5 il y a si longtemps, ceux-ci subsistent toujours ; et, malgré les entreprises de tant de puissants rois qui ont cent fois essayé de les faire périr, comme leurs histoires le témoignent, et comme il est aisé de le juger par l'ordre naturel des choses pendant un si long espace d'années, ils ont

1. Le mot vdu.0;, inconnu à Homère, se trouve pour la première fois fois dans la Théogonie attribuée à Hésiode (fin du vîii° siècle). La loi mosaïque, selon la computation adoptée par Pascal, date du xiv' siècle.

2. Cette théorie de FI. Josèphe lemble compter aujourd'hui bien peu de partisans. (In Ap., 2, 15; cf.

Philo, de Vita Moisis, 2, 4.)

3. On connaît les ordonnances d'Esdras contre les mariages des Juifs, avec des étrangères. (9, 12 ; cf. Deut.,

4. FI. Josèphe, pour le prouver, s'appuyait sur les listes généalogiques de la Genèse, plus longues et mieux suivies, disait-il, que celles de l'Egypte.

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