Suppl. : mais qu'on n'a pas vus en effet
10. Ent. : qu'on prétend avoir vus soi-même, et qu'en réalité on n'a pas vus.
12. Ce que les hommes, par leurs plus grandes lumières, avaient pu connaître, cette religion l'enseignait à ses enfants. (XXV, 52.)
13. Ceci est effectif. Pendant que tous les philosophes se séparem en différentes sectes, il se trouve en un coin du monde des gens qui sont les plus anciens du monde, déclarant que tout le monde est dans l'erreur, que Dieu leur a révélé la vérité, qu'elle sera toujours sur la terre. En effet, toutes les autres sectes cessent, celle-là dure toujours*, et depuis 4000 ans.
Ils déclarent qu'ils tiennent de leurs ancêtres que l'homme est déchu de la communication avec Dieu, dans un entier éloignement de Dieu, mais qu'il a promis de les racheter ; que cette doctrine serait toujours sur la terre ; que leur loi a double sens ; que durant 1600 ans, ils ont eu des gens qu'ils ont crus prophètes, qui ont prédit le temps et la manière ; que 400 ans après ils ont été épars partout, parce que Jésus-Christ devait être annoncé partout; que Jésus-Christ est venu en la manière et au temps prédits ; que depuis les Juifs sont épars partout, en malédiction et subsistant néamoins. (Ms. p. 214.)
ARTICLE XV Religion figurative du peuple Juif.
Le christianisme fondé sur le Judaïsme (7). La Loi figure de la Grâce (2). Peuple fait exprès Q, j/). Zèle des Juifs (6). Juifs charnels et chrétiens charnels, vrais Juifs et vrais chrétiens {10, 12,). Moïse, historien de la création (14). Sincérité de ses récits (^ij). ErKhaînement de la religion dans la foi an Libérateur {20).
1. La création et le déluge passés, et Dieu ne devant plus détruire le monde, non plus que le recréer, ni donner de ces grandes marques de lui, il commença d'établir un peuple sur la terre, formé exprès, qui devait durer jusqu'au peuple que le Messie formerait par son esprit.
2. Dieu, voulant faire paraître qu'il pouvait former un peuple saint d'une sainteté invisible, et le remplir d'une gloire étemelle, a lait des choses visibles'. Comme la nature est une image de la grâce, il a fait, dans les biens de la nature, ce qu'il devait faire dans
1. L'histoire d'Israël qui prépare et figure celle de l'Église. (Cf., I Cor., X, 6.)
ceux de la grâce", afin qu'on jugeât qu'il pouvait faire l'invisible, puisqu'il faisait bien le visible. Il a donc sauvé ce peuple du déluge, il l'a fait naître d" Abraham, il l'a racheté d'entre ses ennemis, et l'a mis dans le repos*.
L'objet de Dieu n'était pas de sauver du déluge et de faire naître tout un peuple d'Abraham, pour ne l'introduire que dans une terre grasse?. Et même la grâce n'est que la figure de la gloire*, car elle n'est pas la dernière fin. Elle a été figurée par la loi, et figure ellemême la gloire ; mais elle en est la figure, et le principe ou la cause*.
La vie ordinaire des hommes est semblable à celle des saints. Ils recherchent tous leur satisfaction, et ne diflfèrent qu'en l'objet où ils la placent. Ils appellent leurs ennemis ceux qui les en empêchent, etcs. Dieu a donc montré le pouvoir qu'il a de donner les biens invisibles, par celui qu'il a montré qu'il avait sur les choses visibles.
3. Figures. Dieu voulant priver les siens des biens périssables» pour montrer que ce n'était pas par impuissance, il a fait le peuple juif''.
3 bis. Les Juifs avaient vieilli dans ces pensées terrestres, que Dieu • aimait leur père Abraham, sa chair et ce qui en sortait. Que pour cela il les avait multipliés et distingués de tous les autres peuples, sans souffrir qu'ils s'y mêlassent ; que, quand ils languissaient dans l'Egypte, il les en retira avec tous ces grands signes en leur faveur; qu'il les nourrit de la manne dans le désert; qu'il les mena dans une terre bien grasse; qu'il leur donna des rois et un temple bien bâti pour y offrir des bètesv, et par le moven de l'effusion de leur sang qu'ils seraient purifiés; et qu'il leur devait* enfin envoyer le Messie pour les rendre maîtres de tout le monde ; et il a prédit le temps de sa venue.
1. Ent. : il a fait pour les Juifs dans l'ordre de la nature ce qu'il devait faire pour les chrétiens dans l'ordre de la grâce.
2. Pour figurer qu'il sauverait le peuple chrétien du péché, le ferait naître de J.-C, le rachèterait de l'enfer et l'introduirait dans la gloire. Ce n'est pas sans une heureuse convenance que Pascal emploie toutes ces expressions symboliques en traitant àts Figures.
3. « Que Dieu te donne la rosée du ciel et la graisse de la terre 1 » (Gen. , 27,28.)
4. Tandis que la terre promise n'était que la figure de la grâce, la grâce est à la fois la figure et la cause de la gloire. (Cf. Rom., VI, 23.)
5. De même les saints appelleront le péché leur ennemi, et se serviront de figures analogues.
6. Ainsi le peuple juif n'a d'autre raison d'être que de figurer l'amour des biens périssables, et son histoire ne saurait, selon Pascal, comme aussi selon saint Augustin et Bossuet, avoir aucun intérêt en elle-même. (s. Aug.
de Gen. ad Utt.<), 13, 23; Bossuet, Serm. sur les Deux Alliances.')
7 On voit que Pascal sait parler la langue des réalités concrètes à la façon d'un Homère, aussi bien que le langage abstrait de la géométrie et de la métaphysique à l'envi d'un Descartes ou d'un Leibnitz.