‹ Pensées (volume 2)Chapitre 169 sur 306 · Jésus-Christ pour tous, Moïse pour un peuple · texte numérisé non relu

Jésus-Christ pour tous, Moïse pour un peuple

Les Juifs bénis en Abraham : « Je bénirai ceux qui te béniront [Gen., XII, 3]. » Mais, « Toutes nations bénies en sa semence [ibid., xxii, 18]. »

Lumen ad revelationem gentium.

Non fecit taliter omni nationi, disait David en parlant de la Loi'. Mais, en parlant de Jésus-Christ, il faut dire : Fecit taliter omni nationi.

Parum est ut, etc. [Isaïe, xux, 6] 2. Aussi c'est à Jésus- Christ d'être universel. L'Église même n'offre le sacrifice que pour les fidèles; Jésus-Christ a offert celui de la croix pour tous 3.

13. Je considère Jésus-Christ en toutes les personnes et en nous-mêmes, Jésus-Chnst4, comme père en son père, Jésus- Christ comme frère en ses frères 5, Jésus-Christ comme pauvre en les pauvres, Jésus-Christ comme riche en les riches, Jésus-Christ comme docteur et prêtre en les prêtres, Jésus-Christ comme souverain en les princes, etc. Car il est par sa gloire tout ce qu'il v a de plus grand, étant Dieu, et est par sa vie mortelle tout ce qu'il y a de chétif et d'abject; pour cela, il a pris cette malheureuse condition, pour pouvoir être en toutes les personnes, et modèle de toutes conditions^, (XXV, 44.)

I. « Il n'en a pas fait autant pour toute nation. » (Ps. CXLVII, 20.) Les Grecs disaient de même : « Il faudrait être fou pour croire que les hommes libres et les esclaves, les Barbares et les Grecs, les Romains et les Scythes puissent jamais être réunis dans une même religion. »

(Celse, cité p. Orig.) C'est par l'annonce d'une religion, non plus nationale, mais universelle, que J.-C.

s'est le plus profondément distingué des prophètes juifs aussi bien que des philosophes païens.

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