‹ Pensées (volume 2)Chapitre 179 sur 306 · Les évangélistes · texte numérisé non relu

Les évangélistes

3. Ent. : la froide impartialité. — On voit une fois de plus (cf. XVII, 4) quel est aux 3'eux de Pascal le

rôle véritablement auguste et religieux du st^'le et comment le langage seul de l'Evangile suffit à en prouver la divinité.

4. Suppl. : n'en parlent pas avec froideur. S'il est au contraire des écrivains qui ne se piquent de rien, et, par ce détachement absolu d'euxmêmes, réalisent l'idéal littéraire des Pensées (VI, 15; VII, 28), ce sont les historiens évangéliques : rapport imprévu, mais très remarquable entre la théorie de l'honnête homme, telle qu'on l'a vue plus haut, et l'apologétique de Pascal.

3. Jésus-Christ a fait des miracles, et les apôtres ensuite, et les premiers saints' en grand nombre, parce que, les prophéties n'étant pas encore accomplies et s'accomplissant par eux, rien ne témoignait, que les miracles. 11 était prédit que le Messie convertirait les nations. Comment cette prophétie se fût-elle accomplie, sans la conversion des nations? Et comment les nations se fussent-elles converties au Messie, ne voyant pas ce dernier effet des prophéties qui le prouvent^? Avant donc qu'il ait été mort, ressuscité, et converti les nations, tout n'était pas accompli ; et ainsi il a fallu des miracles pendant tout ce temps. Maintenant il n'en i'aut plus contre les JuifsJ car les prophéties accomplies sont un miracle subsistant...

4. C'est une chose étonnante et digne d'une étrange attention, de voir ce peuple juif subsister depuis tant d'années et de le voir toujours misérable : étant nécessaire, pour la preuve de Jésus-Christ, et qu'il subsiste, pour le prouver, et qu'il soit misérable, puisqu'ils l'ont crucifié; et, quoiqu'il soit contraire d'être misérable et de subsister, il subsiste néanmoins toujours malgré sa misère*.

A bis. Q.uand Nabuchodonosor emmena le peuple, de peur qu'on ne crût que le sceptre fût ôtéî de Juda, il leur* fut dit auparavant qu'ils y 7 seraient peu et qu'ils seraient rétablis. Ils furent toujours consolés par les prophètes ; leurs rois continuèrent. Mais la seconde destruction est sans promebse de rétablissement, sans prophètes, sans rois, sans consolation, sans espérance, parce que le sceptre est ôté pour jamais.

A ter. Prfiivfs de Jfsns-CIirisl. Ce n'est pas avoir été captif que de l'avoir été avec assuianced't cre délivré dans 70 ans*. Mais maintenant ils sont sans aucun espoir.

Dieu leur a promis qu encore qu'il les disperseiait aux bouts au monde, néanmoins, s'ils étaient fidèles à sa loi, il les rassemblerait. Ils y sont très fidèles, ei demeurent opprimés '...

5. Si les Juifs eussent été tous convertis par Jésus-Christ, nous

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