‹ Pensées (volume 2)Chapitre 178 sur 306 · Ils = les païens ; ceux-ci = les Juifs · texte numérisé non relu

Ils = les païens ; ceux-ci = les Juifs

10. Job était, dit l'Écriture, de la terre de Us, au nord de l'Arabie déserte.

11. Ent.: et les prophéties dont Moïse a été lui-même l'instrument, comme celle que Pascal cite sans cesse : « Tu tâtonneras comme l'aveugle en plein midi. {Deul , 48,48.)

Quis mihi det ut, etc. Scio eniin quod redemptor meus vivit, etc. '» (XXV, 93 Us.)

25. Propbéiies. ...Q.ue Jésus-Christ sera à la droite, pendant que Dieu lui assujétira ses ennemis. Donc il ne les assujétira pas luimême ^ (XXV, 97,)

26. Écoutez 3, peuples éloignés, et vous, habitants des îles delà mer : le Seigneur m'a appelé par mon nom dès le ventre de ma mère, il me protège sous l'ombre de sa main, il a mis mes paroles comme un glaive aigu, et m'a dit : Tu es mon serviteur; c'est par toi que je ferai paraître ma gloire. Et j'ai dit : Seigneur, ai-je travaillé en vain? est-ce inutilement que j'ai consommé toute ma force? faitesen le jugement Seigneur, le travail est devant vous. Lors le Seigneur qui m'a formé lui-même dès le ventre de ma mère pour être tout à lui, afin de ramener Jacob et Israël, m'a dit : Tu seras glorieux en ma présence, et je serai moi-même ta force : c'est peu de chose que tu convertisses les tribus de Jacob; je t'ai suscité pour être la lumière des gentils, et pour être mon salut jusqu'aux extrémités de la terre. Ce sont les choses que le Seigneur a dites à celui qui a humilié son âme, qui a été en mépris et en abomination aux gentils, et qui s'est soumis aux puissants de la terre. Les princes et les rois t'adoreront, parce que le Seigneur qui t'a élu est fidèle. Le Seigneur m'a dit encore : Je t'ai exaucé dans les jours de salut et de miséricorde, et je t'ai établi pour être l'alliance du peuple,- et te mettre en possession des nations les plus abandonnées ; afin que tu dises à ceux qui sont dans les chaînes : Sortez en liberté ; et à ceux qui sont dans les ténèbres : Venez à la lumière, et possédez des terres abondantes et fertiles. Ils ne seront plus travaillés ni de la faim, ni de la soif, ni de l'ardeur du soleil, parce que celui qui a eu compassion d'eux sera leur conducteur : il les mènera aux sources vivantes des eaux, et aplanira les montagnes devant eux. Voici, les peuples aborderont de toutes parts, d'Orient, d'Occident, d'Aquilon et de Midi. Que le ciel en rende gloire à Dieu ; que la terre s'en réjouisse, parce qu'il a plu au Seigneur de consoler son peuple, et qu'il aura enfin pitié des pauvres qui espèrent en lui. Et cependant Sion a osé dire : Le Seigneur m'a abandonné, et n'a plus mémoire de moi. Une mère peut-elle mettre en oubli son enfant, et peut-elle

1. Joh : (19, 23) : « Qui me donnera de tracer dans un livre mes paroles î... Oui je sais qu'il existe pour moi un rédempteur, et que je me relèverai de la terre au dernier jour. » (Selon la Vulgate ; l'hébreu est différent.)

2. D'où Pascal conclut, en exégète quelque peu subtil, que le

psaume CX, Dixit Dominus, ne vise nullement un Messie temporel.

3. Pascal avait traduit un grand nombre de passages tirés des livres prophétiques de l'A. T. La traduction du chapitre xLrx d'Isaïe est entre tous un chef-d'œuvre d'éclat lyrique et de sentiment intense qui mérite d'être ici conservé.

perdre la tendresse pour celui qu'elle a porté dans son sein? mais quand elle en serait capable, je ne t'oublierai pourtant jamais, Sion : je te porte toujours entre mes mains, et tes murs sont toujours devant mes yeux. Ceux qui doivent te rétablir accourent, et tes destructeurs seront éloignés. Lève les yeux de toutes parts, et considère toute cette multitude qui est assemblée pour venir à toi. Je jure que tous ces peuples te seront donnés comme l'ornement duquel tu seras à jamais revêtue : tes déserts et tes solitudes, et toutes tes terres qui sont maintenant désolées seront trop étroites pour le grand nombre de tes habitants, et les enfants qui te naîtront dans les années de ta stérilité te diront : La place est trop petite, écarte les frontières, et fais-nous place pour habiter. Alors tu diras en toi-même : Qui est-ce qui m'a donné cette abondance d'enfants, moi qui n'enfantais plus, qui étais stérile, transportée et captive? et qui est-ce qui me les a nourris, moi qui étais délaissée sans secours?' D'où sont donc venus tous ceux-ci? Et le Seigneur te dira : Voici, j'ai fait paraître ma puissance sur les gentils, et j'ai élevé mon étendard sur les peuples, et ils t'apporteront des enfants dans leurs bras et dans leurs seins; les rois et les reines seront tes nourriciers, ils t'adoreront le visage contre terre, et baiseront la poussière de tes pieds ; et tu connaîtras que je suis le Seigneur, et que ceux qui espèrent en moi ne seront jamais confondus ; car qui peut ôter la proie à celui qui est fort et puissant ? Mais encore même qu'on la lui pût ôter, rien ne pourra empêcher que je ne sauve tes enfants, et que je ne perde tes ennemis, et tout le monde reconnaîtra que je suis le Seigneur ton sauveur, et le puissant rédempteur de Jacob.

ARTICLE XIX L'Église.

Les apôtres trompés ou trompeurs (z). Le style de T Évangile (2). Nécessité des miracles (5). Les Juifs subsistant pour prouver J.-C. (4, j). L'histoire du monde, préface de l'Evangile (6). Mahomet, sans miracles, sans sainteté, sans autorité (7). Sottises ou mystère (5). Authenticité des Évangiles Ç^) . MalKinet sans témoins (^10). Les apôtres hardiment spiritualistes (n). La république chrétienne {12). Les persécutions {ij, 14, 16). Naïveté des Évangiles (ij). L'histoire de la vérité (77), Haïr les douleurs de miracles (20). Les miracles le montrent et sont un éclair (2j).

1. Les apôtres ont été trompés, ou trompeurs'. L'un ou l'autre

I. Le dilemme est déjà dans saint Augustin {Serin , 311, 2) et se retrouve dans Boisuet {Panèg. de s. An-

dré), dans Bourdaloue (Serm. pour le jour de Pâques), dans Dugnet {Principes de la foi, 3, 11), etc.

est difficile. Car il n'est pas possible de prendre un homme pour être ressuscité...

Tandis que Jésus-Christ était avec eux, il les pouvait soutenir; mais après cela, s'il ne leur apparut, qui les a fait agir ?

1 bis. Preuves de Jésus-Clirist. L'hypothèse des apôtres fourbes est bien absurde. Qu'on la suive* tout au long; qu'on s'imagine ces douze hommes, assemblés après la mort de Jésus-Christ, faisant le complot de dire qu'il est ressuscité : ils attaquent par là toutes les puissances. Le cœur des hommes est étrangement penchant ù la légèreté, au changement, aux promesses, aux biens. Si peu qu'un de ■ceux-là se fût démenti par tous ces attraits, et, qui plus est, par les prisons, par les tortures et par la mort, ils étaient perdus. Qu'on suive cela'.

2. Le style de l'Evangile est admirable en tant de manières, et ■entre autres en ne mettant jamais aucune invective contre les bourreaux et ennemis de Jésus-Christ. Car il n'y en a aucune des historiens ' contre Judas, Pilate, ni aucun des Juifs.

Si cette modestie des historiens évangéliques avait été affectée, aussi bien que tant d'autres traits d'un si beau caractère, et qu'ils ne l'eussent atïectée que pour la faire remarquer : s'ils n'avaient osé le remarquer eux-mêmes, ils n'auraient pas manqué de se procurer des amis, qui eussent fait ces remarques à leur avantage. Mais comme ils ont agi de la sorte sans affectation, et par un mouvement désintéressé, ils ne l'ont fait remarquer à personne. Et je crois que plusieurs de ces choses n'ont point été remarquées; et c'est ce qui témoigne la froideur 3 avec laquelle la chose a été faite.

2 Us. Un artisan qui parle des richesses, un procureur qui parle de la guerre, de la royauté, etc. +. Mais le riche parle bien des richesses, le roi parle froidement d'un grand don qu'il vient de faire, et Dieu parle bien de Dieu.

1. Cf. Bourdaloue : « S'ils avaient ■enlevé le corps, il leur était évident que J.-C. n'était pas ressuscité, et •qu'il les avait trompés, et comme ils s'étaient exposés pour lui à la haine de toute leur nation, il était naturel que, se voyant ainsi abusés, ils le renonçassent, déclarant aux magistrats que c'était un imposteur : témoignage que toute la Synagogue ■eût reçu avec un applaudissement général... » (Pâques, I.)

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