Ent. : sans tradition prophétique
3. Pascal accepte pour un instant l'opinion de tel sceptique, comme Des Barreaux, qui enveloppe dans le même sarcasme certains récits naïfs de la Bible et les bizarres fantaisies du Coran.
4. Ent. : tandis que les sots contes du Coran n'ont qu'un sens, les paroles mystérieuses de la Bible, outre leur sens littéral qui pourrait les "feire prendre aussi pour de sots contes, ont un sens figuré, entendu par la cabale, c'est à savoir par les Pères de l'Église et en particulier par saint Augustin.
5. Eut. : le premier Évangile n'est pas moins évidemment de saint Matthieu que le Coran n'est de Mahomet.
siècle en siècle'. Les ennemis mêmes, Celse et Porphyre, ne l'ont jamais désavoué^.
L'Alcoran dit que saint Matthieu était homme de bien. Donc, Mahomet était faux prophète, ou en appelant gens de bien des méchants', ou en ne demeurant pas d'accord de ce qu'ils ont dit de Jésus-Christ.
10. Tout homme peut faire ce qu'a fait Mahomet ; car il n'a point fait de miracles, il n'a point été prédit. Nul homme ne peut faire ce qu'a fait Jésus-Christ.
10 tï5. Différence entre Jésus-Christ et Mahomet. Mahomet, non prédit; Jésus-Christ, prédit. Mahomet, en tuant; Jésus-Christ, en faisant tuer les siens. Mahomet, en défendant de lire + ; les apôtres, en ordonnant de lire?. Enfin, cela est si contraire, que, si Mahomet a pris la voie de réussir humainement, Jésus-Christ a pris celle de périr humainement. Et qu'au lieu de conclure que, puisque Mahomet a réussi, Jésus -Christ a bien pu réussir, il faut dire que, puisque Mahomet a réussi, Jésus-Christ devait périr.
11. Point formaliste*. Quand saint Pierre et les apôtres délibèrent d'abolir la circoncision, où* il s'agissait d'agir contre la loi de Dieu 7, ils ne consultent point les prophètes, mais simplement la réception du Saint-Esprit en la personne des incirconcis ^. Ils jugent plus sur que Dieu approuve ceux qu'il remplit de son Esprit, que non pas qu'il faille observer la Loi ; ils savaient que la fin de la Loi n'était -que le Saint-Esprit ; et qu'ainsi, puisqu'on l'avait bien sans circoncision, elle n'était pas nécessaire. (XXIV, 14.)
1. Comme Papias, saint Justin, saint Irénée, etc. (V. Tillemont, satjit Matthieu.)
2. Celse et Julien citent, en effet, les Evangiles sans en contester l'authenticité.
5. C'est-à-dire des imposteurs, puisqu'ils présentaient J.-C. comme le Messie et le Fils de Dieu, ce que niait précisément Mahomet.
4. Si Mahomet lui-même, quoi qu'en ait dit Montaigne (Ess., II, 12), n'a pas défendu de lire et a
"même tenu « l'encre des savants pour ■plus précieuse que le sang des martyrs ». on sait quel barbare dédain professait pour les livres son disciple Omar, le destructeur de la bibliothèque d'Alexandrie.