‹ Pensées (volume 2)Chapitre 188 sur 306 · Cf. XVI, 12 et la note · texte numérisé non relu

Cf. XVI, 12 et la note

2. Conciliation de la prophétie de Daniel ; « Son pouvoir est un pouvoir éternel qui ne lui sera point ôté « (VII, 14.) Et de la prophétie de Ja..jb ; « Le sceptre ne s'éloignera pai de Juda jusqu'à la venue de celui qui doit venir. » (Ge>t. selon la Vulgate, XLIX, 10.;

}. Allusion à la généalogie de David, telle qu'elle est dre:sée dans le livre de Ruth. (IV, 17; Cf. Gen., XXXVIII, 29.)

4. Ent. : Jésus laisse dire qu'il est de Nazareth ei qu'il est fils de Jacob (70., XVII1,4, Malt., XIII, 54), biea que k Messie doive étrt dt Bethléem et fils d'une vierge {Matt., il, 6; i,

) 11 ne se disungue pas au premier abord, du Pascal, des autres docteurs, des rabbt. de son temps. - C'est ce que confirme 1 erreui même de ceux qui n'oni voulu voir en lUi qu'un adepce des Juits essê.iieni ou un disciple du Pharisien Hillel.

17. Que si la miséricorde de Dieu est si grande qu'il nooî instruit salutairement, même lorsqu'il se cache, quelle luniicre n'er. Jevonsnous pas attendre lorsqu'il se découvre' ?

18. Objection. Visiblement l'Écriture pleine de choses cou dictées du Saint-Esprit. — R. Elles ne nuisent donc point à la foi ». — Objection. Mais l'Église a décidé que tout est du Saint-Esprit. — R. Je réponds deux choses : que l'Église n'a j.imais décidé cela, l'autre, que quand elle l'aurait décidé, cela se pourrai: soutenir'.

Les prophéties citées dans l'Evangile, vous croyez qu'elles sont rapportées pour vous faire croire. Non, c'est pour vous éloigner de croire*.

19. On n'entend rien aux ouvrages de Dieu, si on ne prend pour principe qu'il a voulu aveugler les uns et éd.airer les autres 5.

20. Le monde subsiste pour exercer miséricorde et jugement ', ■non pas comme si les hommes y étaient sortant des mains de Dieu, mais com.me des ennemis de Dieu, auxquels il donne, par grâce, .assez de lumière pour revenir, s'ils le veulent cherclier et le suivre; mais pour les punir, s'ils refusent de le chercher ou de le suivre. <XXIV, 6.)

21. La religion est une chose si grande, qu'il est juste que ceux <]ui ne voudraient pas prendre la peine de la chercher si elle est obscure, en soient privés. De quoi se plaint-on donc, si elle est telle •qu'on la puisse trouver en la cherchant? (XXIV, 10.)

22. Ordre. Après la corruption, dire : Il est juste que ceux qui sont en cet état le connaissent ; et ceux qui s'y plaisent, et ceux qui s'y

1. Par ses miracles au nombre desquels Pa.scal n'hésitait pas à placer le miracle de la sainte Épine.

2. On connaît le mot de Baronius : « Le but de l'Écriture est de nous .apprendre comment on va au ciel et •non comment va le ciel. » (Op.

Gain., XIII, p. 23.)

3. « Beaucoup de choses dans la Bible ont été, selon le mot de saint Jérôme, énoncées non selon la vérité des faits, mais selon l'opinion des temps » et ainsi elles doivent être rapportées à une dispensation toujours proportionnée et relative de la vérité par l'Esprit -Saint. (/«>. in Jerem., 38.)

4. Les citations de l'Ancien Testament dans le Nouveau ont été regardées longtemps comme une source de graves difficultés par les théologiens.

5. C'est la forme la plus tranchante de la doctrine favorite de Pascal, que Dieu a voulu rendre l'acte de foi essentiellement méritoire, et que la Révélation en somme n'a d'autre but que de nous faire parvenir .i la vérité religieuse en tirant de notre volonté la plus grande somme d'eflorts qu'il est possible.

6. Ent. : pour que Dieu y exerce miséricorde et jugement. V. Gr.,5

déplaisent. Mais il n'est pas juste que tous voient la rédemption". (XXIV, 10 1er.)

23. Quand on dit que Jésus-Christ n'est pas mort pour tous % vous abusez d'un vice des hommes, qui s'appliquent incontinent cette exceptipn, ce qui est favoriser le désespoir; au lieu de les en détourner pour favoriser l'espérance.

Car on s'accoutume ainsi aux vertus intérieures par ces habitudes extérieures. (XXIV, 11.)

24. Les impies, qui font profession de suivre la raison, doivent être étrangement forts en raison. Que disent-ils donc? Ne voyonsnous pas, disent-ils, mourir et vivre les bètes comme les hommes, et les Turcs comme les chrétiens ? Ils ont leurs cérémonies, leurs prophètes, leurs docteurs, leurs saints, leurs religieux, comme nous, etc. — Cela est-il contraire a l'Écriture? ne dir-elle pas tout cela i ? Si vous ne vous souciez guère de- savoir la vérité, en voilà assez pour vous laisser en repos. Mais si vous désirez de tout votre cœur de la connaître, ce n'est pas assez . regardez au détail.

C'en serait assez pour une question de philosophie; mais ici, où il va de tout... Et cependant, après une réflexion légère de cette sorte, on s'amusera, etc. Qu'on s'intorme de cette religion même si elle ne rend pas raison de cette obscurité; peut-être qu'elle nous l'apprendra. (XXIV, 16.)

ARTICLE XXI Le Nouveau Testament dans l'Ancien.

Les vrais Juifs et les vrais chrétiens n'ont qu'une même religion (j). Les deux sens de l'Écriture : si l'un est charnel, l'autre est chrétien

Pour tuonirer que Us vrais Juifs h les vrais clireiieDS n'ont qu'use même religion 4. La religion des Juifs semblait consister essentiellement en la

1. Car, s'il est juste que la lumière soit accordée à ceux qui ont le cœur droit, il n'est pas moins équitable qu'à tous les autres Dieu demeure toujours caché.

2. C'est la cinquième proposition extraite des œuvres de Jansénius .

Pascal, comme on va le voir, est d'accord avec l'Eglise catholique pour la condamner, et sa doctrine du Dieu caché reste étrangère à de tels excès.

}. « Le sort des hls de l'homme et celui de la bête est le même. » (Ecc, m, i8.) — « Laissez croître ensemble l'ivraie et le blé jusqu'à li moisson. » (\{aU.. XIII. 50.) — « Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous sous des vêtements de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravissants. » (Mail., VII, 15.)

4. C'est la doctrine de l'École ; Novum Testamenlum in vetere tatet\

paternité d'Abraham, en la circoncision, aux sacrifices, aux cérémonies, en l'arche, au temple de Hiérusalem et enfin en la loi et en l'alliance de Moïse.

Je dis qu'elle ne consistait en aucune de ces choses, mais seulement en l'amour de Dieu, et que Dieu réprouvait toutes les autres choses ^.

Que Dieu n'acceptait* pas la postérité d'Abraham.

Que les Juifs seront punis de Dieu comme les étrangers, s'ils l'offensent Dent., viii, 19 r « Si vous oubliez Dieu, et que vous suiviez les dieux étrangers, je vous prédis que vous périrez de la même manière que les nations que Dieu a exterminées devant vous. »

.Q.ue les étrangers seront reçus de Dieu comme les Juifs, s'ils 1 aiment. Is., LVi, 3 ■ « Que l'étranger ne dise pas . Le Seigneur ne me recevra pas. Les étrangers qui s'attachent à Dieu seront pour le servir et l'aimer je les mènerai en ma sainte montagne et recevrai d'eux des sacrifices . car ma maison est la maison d'oiaison. »

Que les vrais Juifs ne considéraient leur mérite que de Dieu et non d'Abraham. Is., LXiii, 16 « Vous êtes véritablement notre père, et Abiaham ne nous a pas connus, et Israël n'a pas eu de connaissance de nous; mais c'est vous qui êtes notre père et notre rédempteur. »

Moïse même leur a dit que Dieu n'accepterait* pas les personnes. Dcui., X, 17 • Dieu, dit-il, (i n'accepte pas les personnes, ni les sacrifices. » (Le sabbat n'était qu'un signe, Ex., xxxi, 13, et en mémoire de la sortie d'Egypte, Deut. , v, 15. Donc il n'est plus nécessaire, puisqu'il faut oublier l'Egypte. La circoncision n'était qu'un signe, Geii., xvii, n Et de là vient qu'étani dans le désert ils ne furent pas circoncis, parce qu'ils ne pouvaienc st confondre avec les autres peuples. Et qu'après que Jésus-Chrjst est venu, elle n'est plus nécessaire.)

Que la circoncision du cœur est ordonnée. £)««/., x, 16; Jerém., IV, 4 : « Soyez circoncis de cœur, retranchez les superfluités de votre cœur, ec ne vous endurcisses plus, car votre Dieu est un Dieu grand, puissant ec terrible, qui n'accepte pas les personnes. »

Que Dieu dit qu'il le lerait un jour. Deut., xxx, 6 : « Dieu te circoncira le cœur, et à tes enfants, afin que lu l'aimes de tout ton cœur. »

velus in nofo patet. H n'est pas dans l'apologétique cnrétiennc de thèse plus solidement établie (ci. Boss., Discours, 2, 4, sq.J et leb travaux de la critique moderne, loin d'ébranler l'argument de Pascal, n'ont fait iu cootraire que l'affermir en montrant l'étroit rapport de l'Évangile et de telle partie de l'Ancien Testament, comme le Deutérpnotm, les livres prophétiques, etc.

I. C'est, en effet, par l'ordre d'aimer Dieu que débute le Schéma, ce morceau fameux que tout Juif devait répéter chaque jour et dont il inscrivait des fragments jusque sur les bordures de sou vêtement, jusque sur les linteaux de ses portes . « Écoute, Israël, l'Étemel notre Dieu est le seul Etemel. Tu aimeras l'Éternel ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force... »

Que les incirconcis de cœur seront jugés. Jér., rx, 26. Car Dieu jugera les peuples incirconcis, et tout le peuple d'Israël, parce qu'il est « incirconcis ■\t cœur a.

Que l'extérieur ne sert à rien sans l'intérieur. Joël, il, 1 3 : Scindite corda vestra, etc. Is., Lvin, 3, 4, etc.'.

L'amour de' Dieu est recommandé en tout le Deutéronome. Dent., XXX, 19 : « Je prends a témoin le ciel et la terre que j'ai mis devant vous la mort et la vie, afin que vous choisissiez la vie, et que vous aimiez Dieu et que vous lui obéissiez; car c'est Dieu qui est votre vie. »

Que les Juifs, manque* de cet amour, seraient réprouvés pour leurs crimes, et les païens élus en leur place. Os., i [10]. Dcut., XXXII, 20 : « Je me cacherai d'eux, dans la vue de leurs derniers crimes : car c'est une nation méchante et infidèle. Ils m'ont provoqué à courroux par les choses qui ne sont point des dieux, et je les provoquerai à jalousie par un peuple qui n'est pas mon peuple, et par une nation sans science et sans intelligence. « Is., lxv [i].

Que les biens temporels sont faux, et que le vrai bien est d'être uni à Dieu. Ps. CXLiii, 15.

Que leurs fêtes déplaisent à Dieu. Amus, v, 21.

Que les sacrifices des Juifs déplaisent à Dieu. Is., lxvi [1-3]; i, ii^./m'w., VI, 20. David, Miseren [18]^. — Même de la part des bons, Exspectavi. Ps. XLix, 8-14. Qu'il ne les+ a établis que pour leur dureté. Mtchée, admira'olement, vi [6-8] 5. I Re^., xv, 22 ; Osée, vi, 6.

Que les sacrifices des païens seront reçus de Dieu, et que Dieu retirera sa volonté des sacrifices des Juifs. Malach., i, 11.

Que Dieu fera une nouvelle alliance par le Messie, et que l'ancienne sera rejetée. /eVf>;i.,xxxi, ^i . Mandata ncchotia. Éicch. [xx,25.]

Que les anciennes choses seront oubliées. Is., xliii, 18, 19 ; lxv, 17, 18.

1. « Déchirez vos cœurs et non Tos vêtements. » Cf. Is. : « Est-ce là le jeûne auquel je prends plaisir? »

2. " Qu'ai-je affaire de la multitude de vos sacrifices, dit l'Éternel. Je suis rassasié des holocaustes de béliers et la graisse des veaux me fait mal au cœur. » Cf. Racine :

Quel fruit me revient-il de tous vos sacri-

[6ces ?

Ai-je besoin du sang des boucs et des gé-

Inisses?

3. Pî. L, 18 : « Si tu eusses voulu des sacrifices, je t'en aurais offertl Mais tu ne prends point plaisir aux

holocaustes. »

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