Le Cantate Domino canticum novum. (Ps. XCXVII, i
LETTRES A m'"' DE ROANNEZ 395
dans l'autre état, me fait détourner l'esprit de cette idée, et revenir à Dieu pour le prier de ne pas abandonner les faibles créatures qu'il s'est'acquises, et à lui dire pour les deux personnes que vous savez ce que l'Eglise dit aujourd'hui avec saint Paul : « Seigneur achevez vous-même l'ouvrage que vous-même avez commencé. » Saint Paul se considérait souvent en ces deux états, et c'est ce qui lui fait dire ailleurs : « Je châtie mon corps de peur que moimême, qui convertis tant de peuples, je ne devienne réprouvé. » Je finis donc par ces paroles de Job : « J'ai toujours craint le Seigneur comme les flots d'une mer furieuse et enflée pour m'engloutir. » Et ailleurs : « Bienheureux est l'homme qui est toujours en; crainte. «
Novembre 1656.
...Pour répondre à tous vos articles, et bien écrire malgré mon peu de temps.
Je suis ravi de ce que vous goûtez le livre de M. de Laval ' et les Méditations sur la grâce; j'en tire de grandes conséquences pour ce que je souhaite.
Je mande le détail de cette condamnation qui vous avait effrayée ; cela n'est rien du tout, Dieu merci, et c'est un miracle de ce qu'on n'y^ fait pas pis, puisque les ennemis de la vérité ont le pouvoir et la volonté de l'opprimer. Peut-être êtes-vous de celles qui méritent que Dieu ne l'abandonne pas, et ne la retire pas de la terre, qui s'en est rendue si indigne; et il est assuré que vous servez à l'ÉgHse par vos prières, si l'Église vous a servi par les siennes. Car c'est 1 Eglise qui mérite, avec Jésus-Christ qui en est inséparable, la conversion de ceux qui ne sont pas dans la vérité ; et ce sont ensuite cespersonnes converties qui secourent la mère qui les a délivrées. Je loue de tout mon cœur le petit zèle 3 que j'ai reconnu dans votre lettre pour l'union avec le pape. Le corps n'est non plus vivant sans le chef, que le chef sans le corps. Quiconque se sépare de l'un ou de l'autre n'est plus^du corps, et n'appartient plus à Jésus-Christ. Je ne sais s'il y a des personnes dans l'Église plus attachées à cette unité du corps que ceux que vous appelez nôtres. Nous savons que toutes les vertus, le martyre,, les austérités et toutes les bonnes oeuvres sont inutiles hors de l'Eglise, et de la communion du chef de l'Église, qui est le pape. Je ne me séparerai jamais de sa communion, au moins je prie Dieu de m'en faire la grâce ; sans quoi je serais perdu pout jamais 4.
1. Pseudonyme de M. de Luynes, auteur des Sentences tiras de l'Écriture Sainte et des Pères.
2. A Rome, où se poursuivait le débat soulevé'par VAugustinus.