‹ Pensées (volume 3)Chapitre 1 sur 54 · Pensées · texte numérisé non relu

Pensées

donnée eu iGyo^ et les nombreuses réimpressions qui en fufetit faites tant en France qu'en Hollande I n^étoient pas complètes, parce que .les premiers éditeurs, par la crainte d'irriter les jésuites, alors tout puissants, et aussi^ponr ne nen publier qui pût être interprété au désavantage du jansénisme , avoient supprimé un grand nombre dé Pensées , et même des mof ceaux entiers d'une assez grande étendue.

Celle que publia Condorcet, en 1776, en un volume tn-80^ sous la date de Londres ^ sans • nom d'édileui*, avec un éloge de Pascal el des notes philosophiques , et que Voltaire fit réimprimer deux ans après à Genève, en y ajoutant une préface à la louange; de Condorcet et ses propres notes , n'est qu'un chohc contenant a pei^e Ik qpoitié des Pensées de Pascal ; choix

▼t AVERTISSEMENT.

feit dans des vues particulières que les notes font suffisamment connoître.

On a prétendu que j dans son édition ^ Condorcet avoit altéré le texte de Pascal , et qu'il l'avoit chargé de nombreuses interpolations ^ Les Pensées inédites qui s'y trouvent imprimées pour la première fois sont véritablement publiées d'après les manuscrits originaux et font indubitablement partie de celles que les premiers éditeurs n'avoient pas cru devoir adopter : mais on ne peut disconvenir qiid deux ou trois passages ne se trouveal impi iaiés dans cette édition d'une manière qui n'est pas d'accord avec les manuscrits | ni avec les éditions antérieures. J'ai fait mention de ces dilférenées dans le cours des notes qui terminent 1% second volume de la mienne.

L'édition de Condorcet, considérablement mutilée , avoit au moins l'avantage inapprécia* ble d'une classification aussi claire que celle des précédentes étoit confuse et embrouillée.

' Voyez sur cela le secoiul avertiMement.

* Ou pbt4t dlM font pÔMm ite» k SuppUmoM du P. DMiDolet».

AVERTISSEMENT. vu

Les premiers éditeurs âyoient bien essajré de mettre quelque ordre dans les papiers quils trouvèrent pêle-mêle après la mort de Pascal j mais la tâche fut peut-être trop forte pour eu!i , et leur division par chapitres^ ne fit qu'augmeu* ter la confusion ^ en ce que^ sous un même intitulé ) sont souvent réunies des Pensées qui n^ont de rapport ni entre elles ^ ni avec le titre sous lequel elles sont classées. Coudorcet, Tun de^ hommes les plus en état d'être éditeur de Pas« cal 9 soit qu'on le oonsiidère comme philosophe^ ou comme géomètre, snt délMTouillrer ce chaos | et disposer sou édition dans un ordre tel qu'on seroit tenté de le croù» celnî que Pascal eût adopté lui-même.

M. Ëossut préparant, en 1 779 , la première et la seule édition complète qui ait jamais été faite des Œuvres de Pascal y voulut que le recueil de ses Pensées fût enfin publié avec une fidélfité impartiale. Etranger aux motifs qui avoieut déterminé les premiers retranche-

ments, et à ceux qui avoicQt dirîgé Çondorcet et Voltaire dans leur choix ^ ce savant distingué autant qu'habile éditeur, conféra soigneusement

vni AVERTISSEMENT.

les manuscrits originaux sur lec(ueIsavoientëté fiiîtes les précédentes édition s, et qui soatmainF tenant conservés a la bibliothèque impériale; il eut en outre le bonheur d'être aidé d'autres m^^ nuscrits moins étendus y mais non Inoins au* thentiques, et qui lui fournirent plusieurs en'^ celients morceaux, jusqu'alors inconnue. Le ré* suilat de ses travaux a été un recueil beaucoup plus ample ^ qt suilout mieux ordonné .que toutes les précédentes impressions.

Ce nouvel éditeur perfectionna encore celte classlficaiion qu'avoit si bien établie Condorcet; ef 9 grâces à ces deux hommes habiles^ on n'est point &tigué daus leurs éditions par cette incohérence d'idées qui rendoit souvent ei pi* nible la lecture des Pensées de Pascal.

Je ne ponvois suivre un meilleur guide qi|6 ectte dernière édition de 17799 et c'est celle que je reproduis ici« Je ne. me suis eq^endaut . point cru dispensé de revojr aussi moi-mêma les manuscrits originaux } et, indépendamment de quelques passages que cette attentive vérification m'a mis apportée de rectifier | j'ai pu recueillir encore uu petit nombre de Pensées

AVKATISSEMENT» xx

échappées à l'attention de ceux qui m'ont pré- ' cédé. On les trouvera page i g8 et suivantes du second volume. Ce n'est pas que je prétende aUaclier trop d'importance à ces glanuies de quelques pensées d un grand homme ^ qui^ pour . ne pas être indignes de lui y ne peuveut cepen-» daatrien ajouter à sa gloire : mais elles seront an moins pour le lecteur un témoignage de$ soins tout particuliers qtic j^ai apportés à cette édition.

Une table des matières ^ utile dans presque tous les livres ; quoique si mal à propos oubliée dans un trop grand nombre % est indispensable à un recudl de cette nature. Sans un pareil se* cours, comment se retrouver au milieii de la quantité innombrable de ces Pensdes déta*

' Ikpim que la quantité des livres s*e8t accrue d'une ntmm si effrayante» il semble q^'on devroit être dau*

tant plus soigneux à offirir aux lecteurs tout ce qui pçut leur éri$sg d'inutiles pertes de ten^, ou rappeler plus sûrement ù leur mémoire de Ijonnes lectures antérieurement faites; cependant ia plupart des réimpressions modenes de aos meiUeuns livres, et surtout les éditions en petit ibnuat, sont entièrement d^urvues de tablen t

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