ARTICLE V
VAIITi DE L'HOMUE; EFFETS 0£ tAMOUn-PnOPHE.
^ovs ne nous contentons pas de la vie que nous ^vons en nous et en notre propre être : nous vou-» vivre dans l'idée des autres d*une vie imagi- ^rej et nous nous efforçons pour cela de paroitre. Kous travaillons incessamment à embellir et à con- ^^cver cet être imaginaire.» et nous négligeons le Véritable. Et si nous avons ou la tranquillité , ou générosité , ou la fidélité , nous nous empressons de le faire savoir, afin d attacher ces vertus à être d'imagination : nous les détacherions plumât de nous pour les joindre} et nous serions
volontierfl pollrooB pour acquém la réputation d*£tre vaillants. Grande marque du néant de notici propre être , de n*êtra pas satisiait de l'un sans rautre,et de renoncci souvent à l'un pour 1 autre ! Car qui ne mourroit pour conserrer son honneur, celui-là seroit infâme. La douceur de la gloire est si grande , qu'à quelque chose qu on l'atfaehe , tneme à la mort » on Taime.
. L*orgueil contre -pèse toutes nos misères. Car on il les cadbe ; ou ^ s il les déooaTre , il so g^Mifie de les conuoitre. 11 nous tient d'une possession si naturelle au milieu de nos misères et de nos erreurs f que nous perdons même la vie avec joie , pourvu qu'on en parle*
La vanité est si ancrée dans le cœur de Thomme, qu'un goujat , un marmiton , un crocheteur se vante et veut avoir ses admiratanrs : et les philosophes mêmes en veuknt Ceux qui écrivent contv# la gloite veulent avoir la gloive d'aimr Lien écrit; et ceux qui le lisent veulent avoir h Ivoire de Tavoir lu : et moi qui écris ceci, jsi peut-être cette envie; et peut^tre ^e ceux qui le liront Tauront aussi.