YIH
Que l'homme donc s*estime son prix/ Qu'il s aime; car il a en lui une nature capable de ^^ien ; mais qu il n aime pas pour cela les bassesses jr sont.! Qu'il se méprise , parce que cette capa^ est vutâe ; mais qu*il ne méprise pas pour cela ^« capacité naturelle. Qu'il se baisse ; qu'il ^ <uiue; il a en lai la capacité de conaoitre la véet d'être heurei.*x ; mais il n'a point de vérité, ^ constante , on satisfaisante. Je vondrois Ame porter l'homme à désirer d en trouver , à être prêt «t dégagé des passions pour la suivre ou il la trou-
igO PE1I8ÉES DE PASCAL,
rera ; et sacbant combien sa comioMsaiice s*est obscurcie par les passions , je youdroîs qu il bail en Ini la concupiafcence qui la détermine d ellemême } afin qu'elle ne TaTeuglàt point en faisant
sou choix, et (quelle ne 1 arrêtât poiut quand il iinra cboisiM
Je blâme également , et ceux qui prennent le parti de louer Tbomme, et ceux qui le prennenli de le blâmer , et ceux qui le prennent de le divertir; et je ne puis approuver que ceux qui cbercbeni; en génassant.
Les stoiques disent : Rentrez au-dedans de
▼ons-mémes ; et c'est là où tous trouyerez yotie
repos : et cela nest pas vrai. Les autres disent: Sortes debors ; et cbercbez le bonheur en voos di« vertissant : et cela n'est pas vrai. Les maladies Tiennent : le bonheur n*est ni dans nous , ni hors de nous ; il est en Dieu et en nous*
La nature de Tbomme ^e considère en deux mamires; lune sèlon sa fin; et alors il est grand et fncompréhensible; Tautre selon Tbabitude, comme Ton juge de la nature du cbeval et du cbien , par rbabitude d j voir la course, ef anUnum areeadi, et alors Thomme est abject et vil. Voilà les deux voies qui en font juger diversement » et qui fimt tant disputer les philosophes. Car l'un nie la supposition de Tautre : l'un dit : Il n*est pas né à cette
FmSMlkaB PARTIE, AIT. IT. 191
fit, car toutes ses actions y répugnent; l*antre dit : Il s éloigne de sa fin quand il fait ces actions basses» Deux choses instruisent Thomme de toute sa ualure : 1 instinct et 1 expérience^
Je sens que je peux n avoir point été : car le inoi consiste dans ma pensée; donc moi qui pense n'aurois point été , si ma mère eût été tuée avant ^e j'eusse été animé. Donc je ne suis pas on être nécessaire. Je ne suis pas aussi éternel, ni infini; aais je vois bien qu'il y a dans la nature un étie (nécessaire , éternel , infini.