‹ Pensées (volume 3)Chapitre 3 sur 54 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Sun CETTE NOUVELLE ÊDITIOIT.

Dans son cdition^ Condorcct a étrangement muiilé le texte de ÎPascal; mais il ne Ta ni falsifié , ni . chargé d additions étrangères ; et si deux ou trois passages assez peu impoi tauts s'^^ trouvent rédiges d'une manière non conforme aux éditions antérieures^ on verra du moins, page 21 du second volume de celle-ci, qu'une phrase assez extraordinaire pour avoir pu faire craindre quelque fraude d'éditeur, a cependant été imprilm ée par Condorcet telle que Pascal l'avoit écrite. Mais on y verra non moins clairement aussi dans quelle intention Fauteur avoit mis en avant cette proposition , et plusieurs autres de même nature. On «ait que le manuscrit original desPensées dePascal n'étoit autre chose qu^un amas de petits papiers que l'on trouva pêle-mêle dans sa chambre après sa mort; cé qui rend raison de Fincohérence que Fon ne peut s'empêcher de remarquer entre plusieurs passages du recueii; et expliqueroit méme^ s'il

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en étoit besoin, poiu^quoi Tarticlc en question semble exprimer le contraire xle ce qui très probablement a dû être Topinion de Pascal.

Mais la manière dont cet article est présenté dans mon édiliou; c'est-à-dire , rétabli , au* tant qu'il a été possible de le faire, d'après les fragments épars du manuscrit orjiginal , et surtout aussi coupe en dialogue comme Pascal Tavoit indubitablement conçu , prouve complètement que ces propositions .contradictoi* res, qui sont effectivement si opposées.^ ne. sont ni une ébauche imparfaite , ni le résultai d'aucune incertitude, d'aucun désordre dans la tête de leur illustre auteur. Cette suite d'ob-je étions et dei réponses , parfaitement bien liées, suJQiiroit seule pour détruire tout ce que , d'après quelques plu*ases des Pensées, ou a pu alléguer sur Jes prétendues irrésolutions de. Pascal en matière de croyance.

Tous ce$ papiert) lurent mis à peu près en ordre par MM. de Port-Rojal^ et distribues en cbapitrcs pour la première édition des Pensées^ qui parut en i6yo. Comme IVcriturcde Pascal, fort pénible à lire , étoit plus indéchiffrable

AVERTISSEMENT- xvu encore sur ces brouilion3 écrits à la hâte et pour sou seul usage j on eut aussi la précaution d'en faire une copie exacte ; mais ou ne s'y astreignit point à l'ordre suivi dans Tédition de 1670 , et ses nombreuses réimpressions. Vers ' le mûme temps , on fil réunir et coller en un I grand volume in-folio toutes les notes origi* nalcS; mais presque sans aucun ordre, et sur- ^ tout sans le moindre rapport d'arraugcmenî avec la copie manuscrite , ni avec les impri-^ mes. En 1726, le P. Desmolets donna, dam le tome V de la Continuation des MënMiret d'histoire et de littérature, quelques pages ex^ traites de ces deux ttanascrîts. Long -temps après vint Condorcet , qui , en 1776, rangea en np meilleur ordre la portion des Pensées qu'il etnra dans ses mes d^mprimer. Il les prit , soit 4ans les éditions , soit dans le P. Desmor kts , et probablement point, dans le mauuscrii conservé alors dans la bibliothèque de Tabbaye Saint-Germain^es-Prez, où il n^aura pas songé à Taller chercher. £nfîn ^ après lui, M. Bossut disposabeaucoup n^ieux^ mais différemment encore , les Pensées données par les premiers édi-

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teurs y celles qu'avoit publiées le P. Dcsmolets, et beaucoup d^autrcs qu'il prit dans le mauuscrit original et sa copie. Voici donc cinq aiTangemonts* divers 9 deux en manuscrit, trois en imprimé y sans compter le Supplément du P. Desmolets. Si l'on y a j oute mon édition faite sur celle deM.Bossut, mais plus ample, et avec quelques différences, et enfin une édition donnée en 1 7 33 en un volume in-ia, sur les anciennes , mais avec des jaddi tiens qui ne sont ni dans Tordre de celles du P. Oesmolets, ni tout-à-fait dans celui qu a adopté M. Bossut, on aura sept, et même huit arraugcments divers du llecueil des Pensées de Pascal. Je laisse à juger quel dédale pour qui^ conque veut trouver quelques rapports entre Tuue ou l'autre de ces éditions si multipliées et si différentes ; la nature de Touvrage rendant môme fort difCcile toute recherche, quelle qu'elle puisse être. Ce fut uu des motifs qui me déterminèrent à joindre à mou édition de i8o3 une table analytique fort ample. On la retrouve dans celle-ci avec queliques légères additions ; et il seroit possible de la faire bien pltis ample encore, s'il ne falloit pas savoir s^arréter même.

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dans 165 meilleures choses. Lïdûeur de 1 783 y André < ^ ex - oratorien , et bibliothécaire de M. D'Aguesseau ^ a tait aussi ^ pour sou édition ^ une table fort étendue; et je ne dissimule pas que je n'aurois aucunement hésité à la substi* lucr à la mienne ^ si elle m'eût semLlé préférable.

Ce que cette édition de 1788 a de vraiment utile y est uu parallèle ou concordance entre Tes chapitres et paragraphes des éditions anciennes^ et ceux des éditions nouvelles. J'ajoute à celleci une semblable concordance^ qui servira 4 trouver les rapports entre les éditions anciennes et celle de M • Bossut y ou la mienne ^ ce qui est la même chose y et vice vena^

n me reste à dire deux mots sur les deux manuscrits y l'original et sa copie , conservés ensemble à la bibliothèque impériale, où ils furent transportés après avoir échappé à Tin* cendie qui y en 1 794 y consuma la bibliothèque

> U est auteur d'uue Réfulatiou de TÉmile de J. J. Rousseau^ et éditeoi des OEavres de D^Aguesseau, 1 3 vot

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