‹ Pensées (volume 3)Chapitre 39 sur 54 · IK · texte numérisé non relu

IK

Il est Juste que ce qui est juste soit suivi : il est nécessaire que ce qui est le plus fort soit suivi. La justice sans la force est impuissante : la puissance sans la justice est tyrannique. La justice sans la force est contredite , parce qu*il y a toujours des méchants : la force sans la justice est accusée. Il faut donc mettre ensemble la justice et la force ; et pour cela faire que ce qui est juste soit fort , et que ce qui est fort soit juste.

La justice est sujette à' disputes : la force est très reconnoissable , et sans dispute. Ainsi on n*a qu^à donner la force à la justice. Ne pouvant faire que ce qui est juste fut fort, on a fait que ce qui est fort filt juste.

U MU dangereux de dirsr au peuple que les lois

fBllS££3 D£ PA9CiUi;

ne sont pas justes; car il n obéit qu*à cause qu'il les croit justes. C est pourquoi il iaot Imi éite en mcmç temps qu'il doit obéir parce qu elles sont lois , comme il finit obéir aux suporienrs , non parce qu ils sont justes , mais parce quUb sont supéitturs. VMP*là taote sédUtioii est ptéreane , m on peut faire entendre cela. Voilà tout que c'est propfiemeat que la définitioii de la justiioe*

U seroit boa qn*ra obéit aux lais et coatosBcf

parce qu'elles sont lois , et que le peuple compiil que c*est là ce qui les rend justes. Par ce maymm , on ne les quitteroit jamais : au lieu que, quand on fait dépendre leur justice d*autre chose ^ il est aisé de la rendre douteuse ; et voilà ce qui fait q^ue les peuples soot sujets à se révolter.

Quand il est question de juger si on doit £ure la guerre et tuer tant d'hommes , condamner tant d £sp^gnols à la mort , c'est un homme seul qui en juge , et encore intéressé : ce devroit être un tiers indiiCér^nt.

Ces discours sont fmx et tyranniques : 3e suis beau y donc on doit me craindre ; je suis fort, donc

on doit m*aimer. Je suis La tyrannie est de

vouloir avoir par une voie ce qu on ne peut avoir yi^ple par une a^ti*c. On rend différents devoirs aux

PiIl£aiX£AE PARTIE^ ART* IX. ^43

diflérents méiites : de voii\d amour à lagrémout; devoir <te wiintio à la foiee; 4efOMr àm ciwpiBce à la science, etc. On doit rendre ce$ d0rQÎrs4à; on est ti^ttite de 1m refiuer , et inf otts d*eu àmrnmivf d*aat¥esw St c*est de même être iaux et tjrrau.da fUM 9 ïh B*«it pM lift, denc je m TasiiiBem pas ; il n'est pas habile , donc je ne le craindrai paa« fca t jmania aousiafe m àém da dradMiion iim»> veraeUc et hors de mu ordve.

Il y a des vices qui ne tiennent à nous que par

il*autre9y et qui, en dtant le tronc, s'emportent comme deii branche»*

Quand la malignité a la raison de son cAté , elle devient fière , et étale la raison en tout son lustre : qnand l'austérité ou le choix sévère n*a pas réussi au vrai bien, et qu'il faut revenir à suivre la na^^ tare , elle devient fière par le retour.

Ce n*est pas être henreux que de pouvoir être séjoui par le divertissement } car il vient d aiUeura et de dehors : et ainsi il est dépendant , et pat conséquent snjet à être troublé par mille accidents , qui font les afflictions inévitables.

XVl|r

L*extrêmc esprit est accusé de folie comme rextrêqie délfiiut. Rien ne passe pour bon que la

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