P£SSL£S DE PASCAL
médiocrité. €*e§t la plovalité qui a étdbire^ , et qui mofd quiconque s'en éc^happe par quelque bout que ce soit. Je ne mj obstinerai pas; je con- Maaqttoa m j mette; et ai je refiise d'étxe au bas bout, ce n est pas parce qull est bas , mais parce qa*il eit boM ; car }e rdhaeraia de même qii*oa me mit au baut. C*est aortir de I bumanité que de sor-» tir de milice : la {[nmdew de Tâme hnmeine consiite à savoir s*j tenir; et tant s en faut que sa grandeur aoit d*en aortir , qu'elle eat à n'en point •jrtir.
On ne passe point dans le monde pour se connoitre eu vers , si Ion u*a mis renseigne de poëte; ni pour être habile en mathématiques, si Ton n*a mis celle de mathématicien. Mais les rreia honnè^ tes gens ne veulent point d'enseigne , et ne mettent guère de différence entre le métier de poète et celui de brodeur. Ils ne sont point appelés ni poètes , ni géomètres ; mais ik jugent de tous ceux-là. On ne les devine point. Us parleront des choses dont l'on perloit quand ils sont entrés. On ne s'apevçoit point en eu\ d une qualité plutôt que d une autres bors de la nécessité de la mettre en usage ; mak alors ou s'en souvient : car il est également de ce caractère f qu'on ne dise point d*eux qu'ils parlent bien ^ lorsqu il n*est pas question du langage , et qu on dise d*eux qu'ils parlent bien , quand il en est question. C'est donc une £sussc louante quand on dit d*un homme, lorsqu*il entre^ quil
PKSIIIÈRE VARTIE, ÀAT* IX. ^4$
88t fort habile en peésie ; et c*est une mauraise
marque , ^uand on a*a recours à lui que iorsqu il 8* agit de juger de (quelques vm. L*hoiBine est plein de besoins : il n*aime que ceux qui peuvent les remplir.^ C'est un bon mathématicien, dira-t-onj
. mais je n*ai que faire de mathématiques. C*est un homme qui entend bien la guerre ; mais je ne veux U faire à personne. Il fiiut done nn honnête
. homme qui puisse s'accommoder à tous nos be« ioine.
;xix.
Quand on se porte l>ien , on ne comprend pas
^ comment on pourroit faire si on étoit inalade ; et ' quand on Test, on prend médecine gaiement : le mal y résout. On n'a plus les passions et les désirs des divertissements et des promenades » que la santé donnoit , et qui sont incompatibles a^ec les nécessités de la maladie. La nature donne alors des passions et des désirs conformes à letat présent. Ce ne sont que les craintes que nous nous ' donnons nous-mêmes f et non pas la nature , qui nous troublent; parce quelles joignent à letat où nottt sommet les passioni de l'état où nous ne gommes pa%.
Les discours d*humilité sont matière d orgueil aux gens glorieux, et d'humilité aux humbles.
Ainsi ceux de p^rrhonisme et de doute sont ma*
tière d'affinnation nx affimuitifii. Peu de gens par*
TEHSiES DE 9AfGAl«t
lent de l'hamililé iMumblcsMiit ; peu de la chas* teté eba^tement; peu du doute en doutant. Nous ne sommes que menMmge, duplicité, cMtnriétce. * Kouf BOii» cadiou», et uqub nous déguison» à oous-mèmcs*
Les beUet aetions cacbéea toftt lee plus e«iûiia^ bles. Quand j en vois quelques-une» dans rhi«toire , elles fne plaisent fort. Mais enfin elles m oui
pas été tout-à-lait cachées, puisqu'elles ont été sues ; et ee peu par où elles on>t paru en diminiie le mérite : car c'est là le j>lus beau, d'avoir voulu leteaebefb'
Diseur de bons mots , mauvais cai-acièie.
Le moi est hrissftble : aMsi ceux qui ne ratent
pas , et qui se contiiateat seulement de ie couycir , sont toujours haïssable». Point du tout, diM»tous; ear en agit saat , eoouae aaus £aisoaa , oblir geamment pour tout le monde, on n'a pas sujet de nous bair. Cela est vrai , si on ne haissoit dans le moi que le déplaisir qui nous en revient. Mais si je le bais parce qu'il est injuste , et qu il se iail Ciuutre de tout, je le haïrai toujours. £n un mot, le aM»i adeox quakitéa ; il est injiMie en sm, en ee qu il se fait centre de tuut^ il eH iucQmmode au;i
MMreiti en ce qall Tenft les aeie^vir : eev cbaque
PAEMiÈnE PAnxiEy AUX. IX. 247
moi e9t lennemi , et yondroit être le tyran de tomt les autres. Vous en ôteai l iacovuKodité , omis noD pas l'injustice ; et ainsi vous ne le rende:& pas ainahle à ceux qui en baissent 1 infuttiœ : yoé^ ne le rendez aimaLlo qu'aux injustes , qui n.y trou-* ▼eut plue Itwt eBsemi ; et atuit rom deneuces in* ju^^te, et ne pouvez plaire qu'aux injustes.
Je n'admire point un homme qui possède une vertu dans toute sa perfection , s*il ne possède en même temps , dans un pareil degré , la vertu opposée , tel qu etoit Epaminondas, qui avoit Textrème valeur jointe^ à Textreme béaiguité; car autrement ce n'est pas moutei:, cest tomber. On ne montre pas saï grandeur pour êtce eu une extrémité 9 mais bien en touchant les deux à la fois, et remplissant tout l'euttehdeux. Mais peut-âtre que ce n est qu'un soudain mouvement de Tàme de Tun à Tautre de ces extrêmes , et qu elle n*est ja> mais en effet qu'en un point, comme le tison de fini que Ion tourne. Mais au moins cela marque ragilité de 1 àme, si cela n'en marque l'étendue. .
SI notre condition étoit véritablement beureuse ,
il ne fauclioitpas nous divertir d y penser.
Peu de cbose nous console , parce que peu de
cbot^c nous alUige.
XXYI.
J avois passé beaucoup de temps dans Tétode
2^9 ' PEUftSSS DS FAtCAft,
des iOMiioes abstraites ; mais le peu de gens avec qui on peut en communiquer m en ayoit dégoûté. Quand j'ai commencé Tétnde de i*homme , j*ai Ta que ces sciences abstraites ne lui sont pas propres^ et que je.m^épiiois plus de ma condition en y pénétrant que les autres en les ignorant î et je leur ai pardonné de ne point s y appliquer* Mais j*ai cm trouyer au moins bien des compagnons dans l'étude de Thomme , puisque c*est celle qui lui est jpropre. Jlai été trompé. Il j en a encore moins qui 1 étudient que la géométrie^,
XXYIl.
Quan'd tout se remue également , rien ne se le*
mue en apparence : comme en un vaisseau. Quand tous Tont yers le dérèglement , nul ne semble j aller. Qui s arrête , fait remarquer lemportement des antres comme un point fixe.