‹ Pensées (volume 3)Chapitre 41 sur 54 · XXV III · texte numérisé non relu

XXV III

Les philosophes se croient bien fina, d avoir renfermé toute leur morale sous certaines divisions. Mais pouiquoi la diviser en quatre plutôt qu*en six? Pourquoi faire plutôt quatre espèces de vertus que dix 7 Pourquoi la renfermer en obstine et sustine plutôt qu*en autre chose? Mais voilât dire«-vons , tout renfermé en un seul mot. Oui ; mais cela est inutile, si on ne Texpliquej et dès qu'on vient à lexpliquer» et qu*on onvre ce précepte qui contient tous les autres » ils en sortent en ia premi^ confiision que vous vonltes éviter :

PAEMlkaS PARTIS, AUX; IX. i49

et ainsi , quand ils sont tous renfermés en un , il» j sont cachés et in«tUei; et lorsqu'on Teut les dé»

velopper , ils reparoissent dans leur confusion na« tureîle. La nature les • tous établis chacun en soi» même ; et quoiqu'on puisse les enfermer Tun dans l'autre, ils subsistent indépendamment lun de Paatre* Ainsi toutes ces divisions et ces mots nont guère d'autre utilité que d aider la mémoire, et de servir d*adrtsse pour trouver ce qu*fla renfement»

Quand on veut reprendre avec utilité, et montrer à un antre qull se trompe , il faut observer par quel côté il envisage la chose (car elle est vraie ordinairement der ce cAté-lfc ) /et lui avouer cette vérité. Il se contente de cela, parce qu'il voit qu*il ne se trompoit pas , et qu*il manquait seule^ ment à voir tous les côtés. Or on n a pas de honte de ne pas tout voir; mais on ne vent pas s*étre trompé ; et peut-être que^cela vient de ce que na« turellement Tesprît ne peut se tromper dans le côké qu il envisage, comme les appréhensions des $ens août toujours vraies..

xxx: ,

La vertu d un homme ne doit pas se mesurer

par ses^efforts , mais par ce qu'il fait d ordinaire.

Les grands et les petits ont mêmes accidents, mêmes fâcheries et mêmes passions ; mais les uns

fOUt au haut de la roue , et les autres psis du centre, ee ftiuM mùhàà «^kés gmiM mimes mouve^

meiits.

Quoique les personues usaient point d intécit à ce qu ib disent , il i^e faul pas concluie de là absolument qu*ib ne mentent poin^; car il j a gens qui m^eiuent simplement pour mentir.

X]tXlH.

L*eXemple la chasteté d Alexandre na pas tant fiait de eontinents que cém de son ivrogne* sie a fiût d intempésants* On n. a pas de honte de B^être pas aussi vertueux que lui, et il seogd^le excs» eable de n eti« paa plus vicieux que iui. Oi^ cioit n etre pas tout-à-fait dans les vices du commun des hommes , qnaad on se voit dans les vices dt ces grands bommies; et cepeudaut on ne prend pas garde qu ils sont en cela dn-commun des bommes. On tient à eux par le bout par où ils tien* nent au peuple. Quelque élevé» qu ils soient , ib sont unis au reste des hommes par ^^Iqne en- (jroit. Ils né sont pas suspendus en l air et séparés de notre société. S ils sont plus grands que noos, c'est qu'ils ont la tete plus élevée ; msUs ils ont les pieds aussi bas que les ^nâtres. Ils simt tons â ^inéme niveau » et s*appuient sur la même terre; et par cette extrémité, ils sont aussi ablûssés que .«LOU^ ^ que les eniants , que les bêtes.

PABMik&S FAATIS, AUT. IZ.

C est le combat qui nous plait , et uoa jpas la riotoke. On aime a ¥oir W aouJiMM des Munaum». uoa le vfua^ueuL' acharné surie vaincu. Que vouloit-on voir , sinon la fin de la victoire ? Et dès qu'elle est arrivée^ on en est saouL Ainsi dans le jeu j ainsi dans la recherche de la vérité. On aime à voir dans les di^pute^ la ooasbat dea opioioas ; mais de contempler vérité trouvée, point du tout*. Pomr la iatra camaff^Mr «VM ]^aîaîr, il faat la faiie voir naissant de la dispute. DeinêiM dMS les passions , il y a du plaisir à en voir deux contraires se heurter ^ mais quand Tune est maîtresse , ce a est plus que brutalité. Nous ac cherchons )aiMia les ! gh» a oa > mîa 1a qtchar^fae 4» ojboaas. AxuH daus la comédie les scèues contentes san3 'crainte ne valent rien, ni les extrêmes aûsèr«

sans espérance , ni les amoui^ brutaleS'.

On n'apprend pas aux hommes à être honnêtes gciis , et lent apprend «Mt le i^Me; et cependant ils ne ae piquent de rien tant que de cela^i Ainsi ils ne se piquent deaavoir ^{«e la seule choaa qu ils n apprennent poipt.

Le sot projet que Montaigne a eu de se peindrel et cela non pas en passant et contre ses maximes , comme il arme à tout le monde tle faillir i mais

aSa tUVftitS DE PASCAIit

par Mf prapros maximei , et par on dea»em premier et principal. Car de dire des sottises par ha* •ard et par foîbleste y e'est un mal ordinaire ; mais d'en dire à dessein , c est ce ^ui n est pas suppor- - table I et d*en dire de telles qae eeUe»-làV

Plaindre les malheareux n*est pas contre la concupiscence; au contraire / on est liieit aise de pottvotr se rendre ce témoignage d'humanité , et de s'attirer la réputation de tendresse sras qii*il eU'eoAte lien ; ainsi ce n'est pas grand'chose.

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