‹ Pensées (volume 3)Chapitre 43 sur 54 · XL · texte numérisé non relu

XL

Il j a diverses classes de £>rts^ de beaux, de bous esprits et de pieux, dont chacun doit régner chez soi , non ailleurs. Ils se rencontreut quelque- ' fois Y et le fQi% , et le beau se batteut sottemeut à

qui sera le maître l'un de I autre ; car leur maitrise de divers genre. Ils ne s entendent pas» et leur lauie est de vouloir régner partout, llicn jixe le peut y non pas même la force : elle ne fait rie« au royaume des savants^ elle u est maitxcs»iie. ^uu des actions extérieures^

Ferox gens nuUam esse vitam siuc armis paiaU LU aiment mieux la mort que la paix : les autres aiment mieux la mort que la. guerre* Toute opinion peut être préférée à la yle^ dont Tamour pap j:oit si fort al si juatuiiel.

Qu'il est difEcile de proposer une ciiose au jurgement d*uti autre #ans oorrompre son jugement par la maaièi^e de la lui propo&er ! bi on dit , Je le trouve làeau » yb le* trouve ob&cur ; on entraîne 1 faagiualion à ce jugement., ou on 1 irrite au contraire. Il vaut mieux ne rien dire ; car alors il juge selon ce quii est, c'esi-à-dire , selon ce qu'il est alors , et selon que les autres circonstances don;t ou n'est pas auteur l'auront disposé; si ce n'est que ce silence ne fasse aussi son effet., seloil le tour et l'iiUerprétation qu'il sera en hununir d y donner ; ou selon qu il conjecturera de lair du vv sage ou du ton de la voix : tant il est aisé de démonter un jng(^ment de son assiette naturelle; ou plutôt , tant il ^ en a peu de fei>me».et de âtahUsj

Ponsces. 1.» 32

a54 r£N8££S DE PASCAL,

Montaigne a raison : ta coutume doit être sot*

vie dès>ià qu elle est coutume, et qu'on la trouve établie , sans examiner si elle est raisonnable on non; cela s'entend toujours de ce qui n est point contraire au droit naturel ou diyin. Il et vrai que le peuple ne. la suit que par cette seule raison qu'il la croit juste, sans quoi il ne la suivroit plus ; parce qu on ne veut être assujetti qu a la rai>son ou à la justice. La coutume , sans cela , passeroi t pour tjrannie; au lieu que l'empire de la rai* son et de la justice n*est non plus tj^ranaie que €eluî de la délectation.

La ecienoe des choses extérieures ne nous consolera pas de l'ignorance de la morale au temps de Taffliction; mais la science des mœurs nous consolera toujours de l'ignorance des choses extérieures.

Ii'e temps amortit les afflictions et les querelles. ' parce qu'on change , et qu'on devient comme une i autre personne. Ni l'offensant, ni loffensé ne sont > plus les mêmes. C'est comme un peuple qu'on a irrité, etqu*on reverroit après deux génération*. £e sont encore les François , mais non les mêmes.

Condition ^le Thomme : inconstance, ennui |l

PSEMXÈRE PAUXIE, ABT. XZ!.

inquié^tnde. Qui voudra connoitre à pleia la ya* nité de rhomme, n*a qu*à considérer les causes et les effets de Tamour. La cause en est un je ne sais cjuoi (Coriteille} ; et les effets en sont effroyables. Ce je ne sais quoi, si peu de chose^ qu'on ne sauroit le recannoitre , remue toute la terre , les princes , les années , le monde entier. Si le nez de.Cléopatre eût été plus court , toute, la face de la terre auroit changée

XLVIK

César étoit trop vieux , ce me sémbte , pour aller s'amuser à conquérir le monde.. Cet amusement

étoit bon à Alexandre : c'étoit un jeune homme qu'il étoit difficile d'arrêter; mais César de voit être plus mûr.

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