‹ Pensées (volume 3)Chapitre 45 sur 54 · LUI · texte numérisé non relu

LUI

Ce chien est à moi, disoient ces pauvres enfants; c'est là ma place au soleil : voilà le • commencement et l'image de 1 usurpation de toute la terre.

Vous BiVet mauvaise grâce; excn«e««>moi, s'il

vous plaît. Sans cette excuse, je n'eusse pas aperçu qu il y eiit d'injure. Hévérence parler, il nj a de mauvais que Texcuse.

Pil£Ml£R£ PARTIE, AUX. IX. 25y

On Be $*imagiae d ordinaire Platon et Aristote

<ju'avec (le grandes robes, et comme des personnages toujours' graves et sérieux. C etoient d*honné tes gens, <jui rioient comme les antres avec leurs amis : et quand ils ont fait leurs lois et leurs traités de politique, c a été en se jouant et pour se divertir. C etort la partie la moins philosophe et la moins sérieuse de leur vie. La plus philosophe étoit de vivre simplement et tranquillement.

L'homme aime la malignité : mais ce n est pas contre les malheureux -, mais contre les heureux superbes ; et c*est se tromper que d*en juçer au^ trement.

L'épi gramme de Martial sur les borgnes ne vaut rien y parce quelle ne les console pas, et ne fait que donner une pointe à la gloire de Tauteur. Tout ce qui n'est que pour Fauteur ne vaut rien. Ambitiosa recîdei ornamenia 11- faut plaire & ceux qui ont les sentiments humains et tendares , et non aux ames barbares et inhumaines.

Je me suis mal trouvé de ces compliments : Je TOUS ai donné bien de la peine; Je crains de tous ennujrer; Je crains que cela ne soit trop long : ou l'on m'entraîne , ou l'on m'irrite. •

> Horat Art. poet

%SS PEUSEES de PASCAL,

Un yrai ami est une chose si avantageuse , même pour les grands seigneurs , afin qu'il dise du bien d eux, etqu U les soutienne en leur aj^sence même, qu*ils doivent tout faire pour en avoir un ; mais qu'ils choisissent bien* Car s ils font tous leurs efforts pour un sot, cela leur sera inutile, quelque bien qu'il dise d'eux : et même il n en dira pas da bien, s'il se trouve le plus foible; car il na pas d autorité f et ainsi il en médira par compagnie.

Youles-^vous qu'on dise du bien de vous? n'en dites point..

Qu'on ne se moque pas de ceux qui se font honorer par des charges et des offices ; car on n*aime personne que pour des qualités empruutées. Tons les hommes se haïssent naturellement. Je mets en fait que , s'ils savoient exactement ce qu'ils disent les uns des autres , il ny auroit pas quatre amis dans le monde. Cela paroit par les querelles qne causent les rapports indiscrets qu'où eu. fait quet quefois^

•La mort est plus aisée à supporter sans j peu* •er, que la, pensée de la mort sans périK

VABMlk&E PARTIE, AlLT. IX.'

Qu^une^chose aussi visible qu^est la vanité da

inonde soit si peu connue , <][ue ce soit une chose étrange et surprenante de dire q;ue c*est une sot-* lise de chercher les grandeurs, cela est admirable!

Qui ne voit pas la vanité du inonde est bien vain lui-mcme*. Aussi qui ne la voit, excepté de jeunes gens qui sont tous clans le bruit, dans le divertissement et sans la pensée de Tavenir? Maia ôtez-ïeur leurs divertissements, vous les Yoycz âécher d*ennui; ils sentent alors leur néant sans le connoitre. Car c est être bien malheureux que d*étre dans une tristesse insupportable aussitôt qu ou est réduit k se considérer, et à a en être paa diverti*

LXlll. ^

Chaque chose est vraie en partie, et fausse en partie* La vérité essentielle n'est pas ainsi : elle est toute pure et toute vraie. Ce mélange la dés* honore et 1 anéantit. Kien n est vrai, en Tenten- *dant du pur vrai. On dira que Thomicide est mauvais : oui ; car nous connoissons bien le mal et le faux. Mais que dira-t-on qui soit bon? La chasteté? Je dis que non ; car le monde finiroit» Le mariage? Non. La coutiaonce vaut mieux. De ne point tuer? Mon. Car les désordres seroient horribles , et les méchants tueroient tous les bons. De tuer? Non. Car cela ^étruit La nature. Nous nV

d6o f EUSSES DE PAftCAt^

vons ni Trai , ni bien en partie , et mclé de mal et de faux.

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