OISCOVBS SUR LA VIE
ptiblic à la cour des aides , il rentrait dans le sein { de sa famille;; et , pour délassement , il yenoit par- . tager les soins domestiques avec une femme aimable et vertueuse* Il eutie malheur de perdre cette épouse chérie en 1626; et dès ce moment son ftme f profondément a[iQîgée.,:se ferma à toute autre 1 ambition qu*à celle de donner une excellente édu- 1 cation aux trois enfants qui lui restoient. 11 yote«- 1 ioit les former lui-même à la vertu et aux connois- 1 sances utiles ; mais il sentitbientôt que lexécution 1 de ce projet ne pouvoit se concilier avec les devoirs \ d'une magistrature pénible*: il ne balança point ; 1 il «vendît ea char£;e en 1 63 1 , et vint demeurer à j Paris arec sa fannlle , «afin de pouvoir «remplir li- j brement envers elle des devoirs plus sacrés que 1 ceux ides relations sociales dans une place «de médiocre importance. Sa principale attention se porta j sur son fils unique , qui avoit annoncé , presque dès le berceau , ce qu'il «devoit être ^un jour. I^ea langues et les premiers éléments des sciences lurent lea objets présentés d abord à 1 avidiié que cet enfant montroit de s instruire. En même temps Etienne Pascal enseignoit le latin et les JbeUes-» lettres à ses deux filles , pour les accoutumer de bonne heure i cet esprit de réflexion ai impotitant au bonheur de la vie , et non moins nécessaire aux. ' femmes qu*aux hommes.
La fameuse guerre de trente ans dcsoloit alora toute TEurope. Cependant , au miliiou de tamt de désastres , 1 éloquence et la poésie , déjàflorissaatea en Itake depuis plus d*uu siècle , commençoient à'
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jeter de Téclat en France et en Angleterre ^ le» mathématiques et la physique soitoient des ténèbres; h Mine phîlosapliie , ou plutèt la Traie méthode de philosopher, pénétLoit dans les. écoles;, et la * rérolutibn que Galilée et Descavtes avoient pré* parée s'accomplissoit rapidement. Entraîné parce monument universel y Etienne Pascal deidnt^géo» mètre* et physicien. 11 se lia, par conformité de goût et d'occupations, avec le père Merteane*, Roheryal , Carcavi , Le Pailleur , etc. Ces> sayanta . bommes s'aasemblelent dctemps en temps let uns ches les autres pour raisonner suc les objets de leurs travaux , ou sur les dilTércntes questions que le hasard et la chaleur de la dispute pouvoient faire naître» Ils^ entretenoient un commerce réglé de lettres avec d'antres savants répandus dans lef provinces de France et. dans les pa;^s étrangers ; par-là ils étoient instruits très promptement de toutes les découvertes^ qui se faisoient dans les mathématiques et dans la physique. Cette petite sociétc formoit une espèce d'académie dont Tami*tié et la confiance étoient Fâme , libre d'ailleurs de toute loi et de toute contrainte, £lle a été la pce* mièrc origine de Tacadémie des sciences , qui ne fot établie , sous le sceau de i autorité reyale qu*en i(366«
Le jeune Biaise Pascal assistoit qtMlquefosa avs conférences qui se tenoient chez son père. 11 éeoutoit avec une extrême attention ^ il vouloît savoir les causes de tous les effets^ On rapporte qu à Tâge de OQse ans il composa un petit traité sur les sons^
4 PiSCOUB^ BVtL LA VIE
dans lequel il cherchoit à expliquer pourquoi une Msfette 9 frappée arec un contean , weBd aa *Ma qm cesse tout k coup lorsqu ou ^ applique la * inatii. Son pire, craignant que ce goût trop TÎf pour les sciences ne nuisit à Tétude des langues, qu'on regardoit. alors comme la partie la plus et* eentielle de 1 éducation , décida , de concert avec ia petite aoeiété , que dorénavant on s'abstiendroit de parler de mathématiques et de physique en présence du jeune homme. Il en fut désolé : on lui promit 9 pour lapatser, de lui apprendre la igéomëtrie quand il sauroit le latin et le grec, et quand il aeroit digne d*aiilenrs d entoadre eette science. En attendant ^ on se contenta de lui dire qia^elle eoimdére letendoe des corps, c est-4-dixe , leurs trois dimensions , longueur , largeur et pro» fondewr,; qu'elle enseigne à former des figures d*une manière juste et précise, à compai:er ces ligures les unes avec les autres , etc.
Cette indication vague et générale , accordée i la curiosité importune d'un enfant, fut uu trait de lumière qui développa k germe de sou talem pour la géométrie. Dès ce moment il n a plus de repos r il veut à toute Ibree pénétrer dans cette science qu'on lui cache avec taut de mystère, et qu'on croit au-dessus de lui , par mépris pour son âge. Pendant ses heures de récréation il s enfermoit seul dans une chambre isolée : là , avec du charbon, il traçoit sur le carreau des triangles, des parallélogrammes , descercles , etc. ,^sans savoir les noms de ces ligures i ensuite il examiuoit les
ET LES OUYBAOEft DE PASCAL. 5
«tnadons les lignes ont ks unes à Fégard des autres en se renoontrant;il comparoit les étendues des êfmeê , etc. Ses rmonntBMals étoient fondés sur des définitions et des axiomes <ju'il s'étoit faits ■bti^ménie. De proche en pitM^ il parvint à reconnoitre que la somme des trois angles de tout triangle doit être mesttvee par fine ^fem^ciffsonfii*" lence , G*est*à-dire, doit é^^er la somme de deux angles droits ; ce qui est la trente-^ieuxième proposition da ptsemier livre d'EncUde. Il en étoit à ce théorème, lorsqu'il fut surpris par son père, qui , ayant sn Tobjet , le progrès et ie lésultat de ses recherches , demeura (juelque temps muet , im* mobile , confondu d^Mimivation et dSattendrisae* ment ; puis courut tout hors de lui-même raconter ee qull yenoitdo Yoir k M «LePniUenr /son intime uau ' «
Je ne dois pas dissimuler quon a élevé des nuages sur ce trait de la vie de Pascal. Les uns Font nié comme fabuleux et impossible ^ les autres rent adaaÎB , tans jr tiouver d'nilieuie rien d*ex>* traordinaire. Mais si on examine les choses sans pvévMtion ^ M verra que* le foit est appnyé sur des témoignages qui ne permettent pas de le révo-* quer es doute ; et on eon viendva , d nn autre edté , qu'un tel eftbrt de tète et de génie dans un enfant s u rp as s e de h«atieoup rordre commun*
Quoi qu'il en soit , on ne contraignit plus le guàt du jeune Pascal : il eut toute liberté d'étu» éimt la géométrie ^ ou lui donna à lire ^ à Tâge de douz^ ans , les ElémenU d'Euclidc , qutl entsrudtl
8 JDI8COUB8 SUR LA VI£
tout seul 9 et sans avoir jamais l^esoin de la molaire explication. Bientôt il fat en éwt ide tenir un rang distingué dans les assemblées des savants ^ et dy apporter des onvrages de sa fiiçon. Il n^a^oit pas encore seize ans ^ qu'il composa, sur les sec* tions coniques , un . petit traité qui fat regardé alors comme un prodige de sagacité*
Étienne Pascal étoit le plus heureux des pères; il voyait son fils marcher à pas de géant dans In cairière des sciences, qu'il legardoit comme le pins noble exercice de l*esprit hnmaîn i ses filles ne lui donnoient pas moins de satisfaction ; à uoe fil^iare agréable elles joignoieot une raison supé-^ ricure à leur âge ; et le monde , où elles parois» soient depuis pen de temps, commenfoit k les distinguer. Tout ce bonheur fut troublé par uii de ces événements que la prudence des hommes ne peut prévoir ni empêcher.
Au mois de décembre iG38 , le Gouvernement, appauvri par une longue suite de guerrbs et dê déprédations dans les finances , fit quelques re-* tranchcments sur les rentes de rhèteL*de«mlie de Paris« Cette manière de libérer 1 £tat est , conun^ on sait , un des moyens les plus fiictles qn'on puisse employer; mais elle excita alors parmi les rentiers des mu»nres un peu vifs , et même dcis assemblées que Ton traita de séditieuses* Etienne Pâscal fut accusé d en être Tun des principaux moteurs» Cette imputation infnste pauvoit avoir quelque ombre de vraisemblance, parce qu en ar^ rivant à Paris il ikvoit plaoé la pins grande poMrtis
£T LBft OUTaAG£S D£ PA6CAL. ^
de son hien sur l*hôtel-de-yiile. Aussitôt un miinistre terrible , dont le despotisme s eAironchoit de la moindre résistance , iit expédier un ordre d arrêter Etienne Pascal , et de le mettre à la Bastille ; mais , averti k temps par un ami , il 39 tint d abord caché , puis se rendit secrctemeut en AuTergne.
Qu'on se représente la douleur de* ses enfants, et celle ^*il ressentit lui-même d^âtre foeeé a les abandonner dans l'âge où ils a voient le plus be-r soin de sa vigilance -patemelle ! Si les hommes puissants, ^^uii sans examen, sans preuves , se pcr^ mettent de telles vioiences.y conservent un cœar encore acmssible aux remords, ils doivent être quelquefois bien malheureux,
L*onTrage de- la calonmie ne fal pas de longue durée; et Ton peut remarquer ici renchaiaement bisarre des choses humaines*. Le cardinal de fiiichelieu ajrant eu la fantaisie de faire représenter devant lui, pat de jeunes, filles , ï Amour tyrans Mfjjue, tragi--comédie de Scudéri, la duchesse d'Aiguillon j chargée de la conduite du spectacle , dé« sira que Jac(jueline Pascal, qui avoit alors environ treize ans , fût lune des actrices ; mais Gilberte , sa sœur ainée et le chef de la famille en Tabsence du père^ répondit fièrcimcnt : M. le cardinal ne BOUS donne pas. assez de fflaUir pour que nous peusioas à lui en faire». La duchesse insista , et fit même entendre que le rappel d*£Ueane Pascal seroit peut-être le pri^ de la jcomplaisancc qu'elle exi-
geoit. Linéaire est proposée amamiade la £unaile :
8 D18COU11S SVB LA Vl£
on décide que Jacqueline acceptera le rôle qui loi étoit destiné. La pièce fat représentée le 3 avril iGaQ. Jacqueline mit dans son jeu une grâce et une finasse qui enlevèrent tous les spectateurs , et principalement le cardinal de Richelieu. Elle fut adroite à profiter de œ moment d entho^tsiame. Le spectacle fini, elle s approche du cardinal , et lui récite un petit placet on vers > pour dbmatidcr le retour de bOn père. Le cardinal la prenaat dant^ ses bras, remkroêêant ei la baisant à iotUMnomeuU' pendant (fu'eUe disoit ses vers ^ comme elie-mtme le raconte dans une lettre écrite le lendemain à Bom père : Oui, mon enfant, répondit-il , je vous accorde ce (jue vous demandez; écrhez à votre pire quUt m» vieillie en ^oale sUrelé.Alots la duchesse d*AiguiUon prit la parole , et fit ainsi Téloga d*Eticnne Pascal : C'esi an fort honnête homme} U est très sai^ant, et c'est bien dommage quHl demeure inutile. VoUà son
fils, ajouta-tHilley eu moutcant Biaise Pascal ^ qui
' Voici ce pkcel :
Ne vous étonnez pas, incomparable Ahmanii, Si i'ai mal contenté vos yeux et vos oreilles : Mon esprit , agité de frayeurs sans pareilles , Interdit a moa corps et voix ci mouvement.
Mais pour me rendrè ici capable de tous plaire, Rappelez de l'exil mon misérable père :
C'est le bieti <]tte f attends d'nrn insigne boifté : Sauvez cet innocent d'un péril manifeste :
Ainsi v^os me rendre» remake liberté De Tesprit et du corps, de la voix et du geste.
£x LIS ouvhages de pascal. 9 Ma ^ue (fuinze ans, et (fui est dtfà un grand mathé^
moÊimn. Jacqueline , eneouragée par lua pstmi r
saccés, dit au cardinal : Monseigneur, j'ai encore une grâce à vous demauder^..»^-^Eh ^fmùip mm fiUe? demande tout ce gue ta voudras ; tu es trop aimable oa ne peut rhn ie nfkêêr^^'—PermeiÊêz gue moêm père vienne lui-même remercier votre EtniMnce de ses ienlés....'^Omi, je vemx ie.lMiir, et qm'U m'aaniue iafmiUe.
AnssitAt on mande à Etiemie Paêeal de retenir ea toute diligence : arrivé à Paria, il y^le, aiee ies trois enfants , à Rnel , eliet le cardinal , qui hit &it l'accueil le plua flatteur : Je cûmuùU tout voire mérite, lui dit Richelieu , je vous rends à vos en-* fuUs, et je vous ie§ recommmmde} j'en mua fUre (fuelgue chose de grand.
Denx ans apvèi^ e*eat-*àt*dsfe en i6^i ^E^iêeme Pascal fut nommé à Tintendance de Aoueu^ conjainteatant avec M. de Paria, mallra dea i)i<|iidieft Il remplit pendant sept ^années consécutives les inportantes feneûona «tcachéea à aa plaee , ai^ une capacité et un. désintéressement qui furent «également appUudia de 4a pravinca. et 4ia la eonr. 11 avoit emmené toute sa fajpille avec lui ; et la même année 1 64 1 , il maria sa fille Gtlberle à M. Périer, i|ui s etoit distingué dans une commis-
' flàennt IPascal ëtok chargé de la ;MAx«ptron des (ailles, et M. de Paris de rentretien des troupes , qui se troQTotentf alers grand nonabre en Vonnandiei à cause''
ies troubles excites dons cette province.
10 Mscaoas 6ub la vu
0ion que le Gouveimenient lui avcût donuée en Normandie, et qui, dans la suite, acheta une chai^ de conseiller ii la cour des aides de Clecs mont-Ferrand.
Biaise Pascal « déjà coinpté panai les géomètres ^ du premier ordre , eut un avantage peut - être unique» mais qu*il paja de salaanté, et môme de sa vie : celui de pouvoir se livrer sans contrainte et sans réserve à son génie pour les sciences. A peine âgé de dix-uçuf an&, il inventa la fameuse machine 4iriibméiiqtu qui porte sou' nom. On sait ' combien les opérations de Tarithmétique sont siéoessaires , nan -seulement dans le commerce le plus ordinaire de la société , mais encore dans tontet les applicatieM qu*on' peut faire des mathématiques à la physique et aux arts ^ puisqu 'en -dernière analyse y les relations des quantités qui entrent dans un problème doivent toujours être exprimées en nombres. Mais quand les méthodes pour exécuter les calculs numériques sont une fois trouvées , 1 usage monotone et prolixe de ces méthodes fatigue trèa souvent lattention sana at* tacher l'esprit» Rien ne seroit donc plus utile qu*un moyen mécanique, et expéditif de fidre toutes sortes de calculs sur les nombres sans autre secours que celui des yeux et de la maio. Tel est lobjet que Pascal s est proposé par sa machine. Les pièces qui en forment le principe et lessence sont plusieurs rouleaux ou barilJbetaf parallèles* entre eux» et mobiles autour de leart axes : sur chacun deux on écrit deux suites dC;
ET LES OUV&AGCS DE PASCAL, Il
nombres depuis zéro jusqu'à neuf, lesquelles TOBt en sens contraires , de sorte que Id nome de deux chifires correspondans forme toujours neuf ; ensuite on iait tourner , par nn même mon* yement , tous ces barillets de gauche à droite , et les chiffres dont on a besoin pour les diitfrsnics opérstiotis de rarithmétique paroissent k tra«^ vers de petites iisnétres percées dans la face su-* périeiire. La machine est composée d'ailleurs de roues et de pignons qui sengiènei^t ensemble, et qui font leurs révolutions par nn mécanisme à peu près semblable à celui d'une montre ou d^oM pendule. Il n est pas possiUe d'en donner ici une explication plus détaillée Lidée de cette machine a para si belle et si utile, qu'on m cherché plusieurs fois à la perfectionner et à la rendre plus commode dans la pratique. LeihnilM. SMt occupé long-temps de ce problème^ et il a trouve effectivement une machine plus simple que celle de Pascal. Malheureusement toutes ees ma» chines sont coûteuses , un peu embarrassantes par le irékmmi^f et sujettes Ji se dérimgerv Ces ineouTé-' niens font plus que compenser leurs avantages. àMêi les mathématiciens ptéftrent-tls généiraA»*. ment les tables des logarithmes , qui changent les opérations les plus eom|rfiquées de l'arithmétique en 4lc simples additions ou soustractions , aux*
a Ybyes-eft la description par M. Didenit, dans r£n-
ryclopédie, ou dans le tome IV du recueil des OEuvr«2s deP^MaL
m BISC0VR8 BVl LA VIS
qmUts il suffit d'ajqpor^ une légère acientioo
pour éviter les erreurs de calcul. Mais la décou* verte deTaseai nem est pas BMiws ingéntcose en elle-même. Elle lui coûta de grands efforts de tête ^ tant pMt TinwnttOB qne pour ûiive concevoir la combinaison des rouages aux ouvriers chargés de les exéettler. 'Ce travail ophiiâtre et £ircé affsets sa constitution plj^sique, déjà foiJble et chancelante; et dès, ce moment sa santé alla toujours en dépérissant.
La phjsique offrit bientôt après à sa curiosité active et inquiète l*im des plus grands phéno^ mènes qui existent dans la nature : phénomène dont Texplication est priacipalement due à ses expériences et à ses réflexions. Les fontainiers d<^ Côme de Médicis , grand-duc de Florence , ayant remarqué. que, dans une pompe aspirante, où le pistoti jouoit à plus de trente^^nx pieds au-dessus du réservoir ^ lean , après étse arrivée k cette hau' teur de trente-deux pieds dans le tuyau, i:efusoit opimAtMBMttt de a*>derer davaart^e, conMltèient Galilée sur la cause de ce refus qui leur paroissoit fisrt bîaarve* L'amîqiiité avott dit : Teau mmte dans les pompes et suit le piston parce que la nature i^horre le voide. Oatilée^ îmba de cetle'op»' nion reçue alors dans toutes les écoles , répondit k la question des fontainiers,^ que Teau a'élevoit en c&t d'abord parce que la nature ne peut souffrir le vuide, muis que cette horreur avoit une sphère liaaatée, et qa'aiMk4à de trente et deoi pieds elle cessoit d agir. On rit aujourd'hui de
ST LEft.OWEAGSS DE »AiCA£# l3
«Mte e:i{iliMtûm ; mais qaeUe Ibree & a pu naa
enear de vingt ^iècleSy et comment se soustraire UM d*im coup il sa tyrannie ? Cependant Galilée sentit quelque scrupule sut- la raispn qu il s'étoîl Jiité de donner aux fi>nfainier8 : ear , ponr Thoiir neor de la philosophie « il avoit cm devoir leur filie promptement une réponse bonne ou mauvaise. 11 étoit alors avancé eu âge » et ses longs travaux la voient épuisé y il chargea TorricelUy sou disciple^ d approfondir la questum^ et de répacer» s il en étoit besoin , le scandale qu il crojoit d a-
torité pour^ rien ^ cherchent à puiser la vérité im« nédiatenient au seiu de la nature , comme lui«mime i avoit enseigné 9 par soil exen^ple» en plusieursT antres occasions.
Torriceili joignoit à de profondes coonoiasauces en géométrie le .génie de lobservation dans 1m na»tièces de physique. Il soupçonwi que la pesanteur de leau étoit un des éléments d'où dépeudoilj son élévation dans les pompes , et qm*un fluide plus pesant s'y tiendroit plus bas» Cette idée y qui nous patoit anyourd^huî si simple , et qui Û4t «lors la véritable ale£ du problème^ ne s étoil encore présentée à personne : et pourquoi , eu eftit^neux qui adaoïetioient à'hoimur de la^ nature
pour le vuide auroient-ils pensé que le poids du fluide put la borner on détruire son aetiounif U u^ s'agissoit plus qu^ d'iutecroger Vexpérieoic^» ïor^ TÎeelli remplk de a^mcwe un tuyau de veisa d^ trois pieds de longueur , fcmé cx^ctemei^t eu Las ,
S.4 mscouAd Sun fib
M ourert en haut; il appliqua le doigt sur le bout supérieur , et, renversant le tube , il plongea ce bout *dans une cuvette pleine de mercure; alors il retira le doigt y et après quelques oscillations, le mercure demeura snspendn dans, le tube à la kantenr d*en- TÎrou vingt et huit pouces au-dessus de la cuvette"* Cette expérience est , comme oii voit , celle que nous offire continuellement le baromètre.. Torriceili la vffrift de plusieurs manières; et dans tons les cas le mercure se soutint à une hauteur qui étoit environ la quatorzième partie de celle de Teau dans les pompes. Or , sous le même y^ume , le mercure pèse à peu près quatorze fois plus que leau ; d'cù TorricdUi inféra qtie Tean dans les pompes , et le ; mercure dans le tube , dévoient exercer des pressions égales sur nne même base ; pressions ^pii dévoient être nécessairement contre-* balancées par' nine même force fixe et détenninée. Mais quelle ' est enfin cette force ? TorricclU , instruit par Gali« lée que Tair est un fluide pesant, crut et publia, ; en 1645, que la suspension de Teau ou du. mer- \ cure , quand ri^n ne pèse sur sa surface intérieure, est produite par la pression que la pesanteur de Talr exerce sur la surface du réservoir ou de la eu- ?ette. U mourut peu de temps mprèê , sans smfmter y ou du moins sans laisser la certitude absolue que son opinion étoit réellement le secret de la liature.
Aussi cette explication n*eut-elle d'abord qu'un succès médiocre parmi les savants. Le ajstème de rhorreur du vuide étoit trop accrédité pour céder
ET OVTftA&£8 BB PÀtCAL. l5
ainsi sras xésîétMM la plcee à use vérilé qui^ après tout^ ne se pvésentoit pas encore avec ce àtgÊ& d eyidrace propre à friqvper tous les yeux , et à féuiiiv tou» les sufirages» Oa crut expliques lesexpéfience» deft^-pompes et du tube de Terrien en supposant qu'Us evaporoit de la colonne a eau ou de Mercure, une matière subtile, des ^pritf Mtiens 9 qni rétabiisxâent le plein dans la partie supérieure , et ne laissoient à l'horreur du îuîde que TactiTiié suffisante peut soutenir la eo^ loanep
Pascal , qui daits ee tanps4à étoit à Ronm ;
•^jautappria.dupère Mersenne Le détail des expo, rieneesdont )€ Tiena de parler, les répéta, en 1 avec M» Petite intendant .des fortificationa et tionva de point en point les mêmes résultats qui avoient été mandéa dltalie» sans j remarquée d'ailleurs rien de nouveau. Il ne connoisspit pas ea-^ coceaian Texi^ication de T<m»celli«t £n cafléehiê* ^ani simplement sur les conséquences immédiates <les&its , il vit que lateaxime admise partout, que la nature ne souffre pas le yuide ^ n'avoit aucun fon^ Semant a<dide. Néanmoins ^ avant que de la pros-^ crire entièrement» il crut devoir faire de nouvelles' expériences , plus en grand , plus concluantes que celles dltalic 11 emploja des tuyaux 4^ verie^qui aivaient jusqu*à cinquante pieds de hauteur, aiin de présenter k Teau un Img espace à parcourir, de. pouvoir incliner les tuyaux, et de faiie prendre au fluide plnsieura situationa différentes» D*après aef( propres pbservations.j^ il conclut que la partie su-»
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i6 ' Biseovftf tva &a vis
périeore des mjraux ne coniimu paint un air p^^^ rcil à celui qui lesmvironne en dehors, ni aucuno portion daan on de mercnfe, qu'elle est entîè-* rement vuide de toutes les matières que nous couttoiMOnt et qui tombent tow noe aetti; qne «dm les corps ont de la répugnance à se séparer 1 un Fantre, mais que eette répugnanoe, on» ai Taw aime mieu\ l'expression ordinaire , l'horreur de la natnre pour le Tnide nVsit pat pins iMPle pMr nn grand yuide que pour un petit; qu'elle a one mesure bornée et équivalente an poids d'nn##ni>' lonne d'eau d environ trente -deux pieds de hauteur ; que, passé cette limite , on formera au-des-^ sus de Tean un vnide grand ou petit avec la même fecilité , pourvu qu aucun obstacle étranger ne 8*jr oppose , eto^ On tronve cet premières enpérienwa et ces premières vues de Pascal ^ sur le sujet est question» dans un petit li¥re qu'il pnblia éa* 1647, sous ce titre ; Expériences nouvelles touchaui
Cet ouvrage fiit vivement attaqué par plusietfta antenrs» enM au^tves par le père Noèl, jésarito, recteur du collège de Paris. Toute la mauvaiae pbysiqne dn tempe t'arma ponr expliquer det on^ pédencet qui ia gènoient » et qu'elle ne pouvait nier. Psneal dètraitit fteilement les objectiions du père Noël; mais quoiqu'il approuvât déjà l'explication de Torricelli , dont il eut connoissance peu de temps après avoir publié ton livre , il vojrmt avec peine que toutes les expériences qu'on avoit
ftiiet I mtem kt ttemiet I ponvoient eim^
ET hZ% 00irilAGE8 DE FA8CAL.
le flanc h la chicane scolastique, et qu*aucune é*Mm ne vwiieit êhc ete nient le ÈjÈtèm de Fbei^ reur du vuide. Il Ht donc de nouveaux efforts , et enfin il iHmçUt Viàée dHine expérienee deiroit décider la question sans équivoque , sans restric* tfod , et dVine mcniève mbtolument i r ré vwfli le; il jr conduit fàx ce raisonnement :
la peaanCMr de Tatr ett la eante qtii %otttfênt le mercure dans le tube de Torricelli , le mercure doit s^élerer plus oti moins , selon que la colonno d^air qni presae la surface de la cnyette est plus ou moins haute , c est-à-dire, plus ou moin^ pesante : âi 9 au contraire , la pesanteur de lair ne fait ici aucune fonction , la hauteur de la colonne de meitsnre doit toufema être la mème^ quelle que sqit la hauteur de la colonne d'air. Pascal écoit persuadé , contre le sentiment des sarants dë ce temps^là, qu on trouireroit des différences dansles hantenra de la eaiemne de merente en plaçant successivement le tube à des hauteurs inégaies^par ' rapport k nn même niveato* Hais ponv que ces diiEérences fussent sensibles , et ne laissassent au* enn prétexte d en nier la tiéalité, falloit pouvofr examiner Tétat de la colonne dans des endroits éierés les uns au dessus des autres d'une quantité
Mnstdétable. La montagne dit* Puj^-de^Dôme^ voisine de Clermont^ et haute d'environ cinq emts toises , en offiroit le ianojen. Paseai comnni^
Qiqua, le i5 novembre 16471 projet de cette ttpétiettee à M. Sérier, son bean-frère, qui étbit alors à Moulins , et il le chargea en même temps
a.8 OlftCOUBft ftUB LA VIE
(de Ja ùive am^tAt qu'il serait aiTÎyi k Qenaont , où il devoit se rendre incessamment. Quelques curconstance» la reiardèrant^ juais enfin eUe &it exécutée le i g septembre 164^"^ y avec toute lexac^ tiiade possible; les phimomines qoe l^sscal avoit annoncés eurent lieu de point en point. 'A mesure qu on s elevoit sur ie coteau du PnjF-de^ Dôme, le mercure baissoit dans le tube. Du pied au sonuBet de la montagne, la différence du niFeaa iut de trois pouces une ligne et demie. On vérifia eneore ees observations en retournant à 1 endroit d où Ton étoit parti. Lorsque Pascal eut reçu le détail deees faits intéressants, et qu'il ent vemasqaé qu^une difiérence de vii^t toises d'élévation dans le terrain produisoit environ deux lignes de differ^nce d'élévation dans la colonne de mercuse, il. fit la même expérience à Paris , au bas et au haut de ia tour de Saint-Jaoqu^larBoucberie , qui est élevée d'environ vingt-quatre à vingt-cinq toises ; il la fit encore dans une m^ÎMn particulière f bauta d'environ dix toises : partout il trouva des résul!tais qui s!e rapportoient exactement à eenx de M. Périer. Alors il ne resta plus aucun prétexte d*attribner la suspension dn mercure dans le tnbe a 1 borreur du vuide ; car il auroit été absurde de dire que la natwe jdihQrre pins le Tuide dans lea endroits bas que dans les endroits élevés. Aussi tous ceux qui cherchoient la vérité de bonne foi nsconnnrent ïetti^ du poids ide Tair ,. et applaudie rent an moyen neuf et décisif que Pascal avoit imaginé poux irendre cet effet palpable*
ST LES OVYnAGES DE iig
On ▼oit dans Thiatoire de oette rechereke iia exemple ûuûgM àu prqgréft l«at et swcem£ d,a% «OHioissmieM homnines. Galilée prouve la pesan-* leur de l*aiv ; Tosncelti eoayictiise qu*eUe pMdnil. la suspension de leau dans les pompes , ou dxk meccare daa» le .tu|>e ^ et iPaecal çoBV^rtit ena* jecture en démonstratiou»
U ny a point de tiiomphe pur. L'eiyérieaee du Pay-de-Ddiae eut dauâ le monde un écJai qui Meeia qoelquee MvaHtifri «« Ueii< d*Meîler hmr v#» coanoia&ance> Les jésuites de Clermoat-^Fercaad fiieat souteair des thèse» dims lesquelles^ oiir mh cttsoit Pascal de s'être atlnbué les traTaftx dn Iti^ liens : calomnie absurde, qu*il confoiidit avec tout le mépcifl elle jnériioit. 11 semble que 1» soeiété^par ces attaq^ues réitérées , provoquoix la
guerre sanglmte qu il lui £t quelques unéea après^ et dont les suites ont été si iunçst^s. poutt èUe.
Mous fournissons à regret un« alioient iklenvia et à la malignité , qui se plaisenà à les grands* lirauDies s attaquer et se dégiradee le3 uns lea au^ très; mais la fidélité de Thistoire ne nous permet pw de taire que Iiescwtes» ¥#ulat eusii nswU k Peieal la gloire de sa découverte. Dans une lettre^ émte à M. de Caveavi , en date dn s i juin
Descartes s'exprime ainsi : Je me promets que vous, a'eima dm désu^réaUe! aue je vous prie de map^
^ Lettres iie UMMie» (te- la y 1725
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prtniàee te buccAê d^mm expériêmee ^n'on m'ardèt ^me M* Pascal avait faite ou fait frire sur tes moniagnee iPAmf^BryMy pma^êm^eirsi h vif-- argent snonie pltm haut dsMS te tuffau étani au pied de la montagne , ei de combien il monte plus haut tju au*'àênms ; fauroiê dmU d^ attendre cela de lui plutôt que de vous, parée que c'est moi qui l'ai avisé, il y a deux ans, de faire ûeÊÊe esspMenee,ei4fui assuré qtm, êién qise fa ne l'eusse pas faite, je ne doutois point du succès. Car** etri-étoit étMkMMvnt lié d'ankié iMe PÉtcal , et il eut soin de lui commuDÎquer. cette réclamation ; BMii» PMMidi la néprka , o« n'y fit mitmte tépome; car 9 dans ftn précis historique des faits relatif à la qmiitimi y adressé m i^t k M. ée Ribêjire / il i*attfibiie exclusivement l'expérience du Puj-de^ Dôme , sans citer jamais Descartes ; ii parle ainsi à son tMir*: Il est vériubtéf memieUr, et je veu$ te die hardiment, que cette expérience est de mon invention, et partatU je puis dire que ta nou9eUe eonmoisssuÊcet qu'elle nous a découverte est entièrement de moi. On
e«0h Ttmmfwr 9 dm tmit le Murs de ce téeit , le
caractère de Timpartialité et de la candeur. Pascal y fend î«miM k TorrieelU de la manièfe fai fUm marquée et la ipkis franche* Pourquoi ne se seraitil pas conduit de même envers son compatriote, a il loi avoit eu réellMient quelque obligation ? Baillet , dans la vie de Descartes , accuse Pascal de
l^agiety et même dlngratitnde evrers eem héros»
avec un ton de légèreté et deconiiancequirévohe, Idcaqw Ton ooneidète le pen dtetettigence qu'il montre de la matière , les auachronismes et les au«