ET LSS OUTRAGES I>£ PASCAL
Mes âitites II e«t toal»é. hé mvpétt seul pour la ▼érité m'arraclie cette réflexion ; car je rendê à'ûi^ leurs hmiiimige , comme je le dois , au génie émi-» neot de Deacartes , et )e MnTÎras f tt*il a pouédé h an très haut degré le den de Tinvention. Si lune de ses lettres, qui porte la date de Tannée t63i/^ , tété en effet écrite daqs ce temps-là ^ oavoit q,u*il aïoit alors , relatiyeAefil ht la pesantent de Tair ^ à peu près les mêmes idées que Torricelli mit dans la suite an foitr. Mais par nelhear pont le philo* 3ophe françois , la plupart de ses idées en physique tt^étoienf que èm- s y sièiftes hasardés sans preutes , et souvent contredits par la nalure*. Aussi la postérité nes'est-elte gué^e iniMnée éles conjectures hevreusss eu malheureuses qu il peut * ^oir proposées touchant la cause qui élève la co*^ loane de mercure ou d.eau dans yuide ; et les expériences que Torricelli a faites le premier sur ce sujet lut ont acqvis nne gloire soliik , q[U*on ne lui enlèvera jamais, La vérité n*appartient pas k càm qui ne lait que la toucherai tèlemiMit , maisà celui qui la saisit et la montre. Quant au point particulier «pi eoneeme rezpérienee én Piiy«de<* D6me , pour peu que l* on connoisse la marche de l'esprit humain , oit tt*faésitera pas un ttiMient k regarder Pascal comme le véritable inventeurs, fin . efet\ ses premières expériences lui avoient àèmtm^ tré la fausseté de la maxime ordinaire , que la na<^
' LettMS d» DesOHie» (même élkion), tome Ylf
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lore ne peut «ouffirir le Tuide; il a^oit xeconau, de plus, que la nature souffre avec la même facilité un grand ¥uide qu un petit. Ces observations le disposoient à regarder comme également ckiaériqnes , et Thorreur de la nature pour le Tuide» et la vertu qu'on prétendoit y attacher. Il trou- Toit , au cpntraire , que le système de la pesanleaii de. l air expliquoit sans aucune difficulté la sus^ pension de Teau on du mercure. Une nonvelle ex* périence qu il fit avant celle du Puy-de-Dome le confirma dans ce sentiment. Ayant assemblé par lea dew bouts c^^posés clew tdbes de Torriçelli , qui communiquoient ensemble au moyen d'uue branche recourbée rMAplie de mercure , il trouva que, Tair venant à entrer dans la branche recoud* bée, le mercure-, mipradu d*abord dana le tube iulerieur, tombe dans la cuvette, et le mercure contenu dans la branche de jonction , s*élève dans le tube supérieur qui n'a point de communication avec Tair du dehors. Ces effets étoient presque une 4^onstratâon k ses yeux, que ce n*est pas Thor-* reur du vuide , mais la pesanteur de Tair qui soutient la colonne de mercure dans le tube de Xocvi* cçlli ; d*un autre côté , il savoit que , la surface supérieure d un fluide étant toujours de niveau, latmosphère doit former autour de la terre une couche sphérique plus ou moins épaisse , à raison des inégalités plus ou moins grandes qui se troui* vent à la surfiu» du globe terrestre ; enfin , d*se prés le principe découvert par Galilée ^ que les poids sont proportionnels aux masses', il vojoit
BT US OVTEAaBS DE VASCAL. â3
la preision ë*Qii« eolomie 'i*wt àeH ètn jplm oa moins grande , selon qne cette eolonne , à baie égale , est pins on moins liante. Tomtes ces notions , rapprochées les unes des autiM i ne lai indiquoicDt- elles pas que le merenre^ dans le tabe, se Endroit plus élevé an pied d'une hante montagne qu*au sommet? Ne suffisoieat- elles pas dn aïoifiâ pom eneksr dans son eqirit Itt pensée de fiure cette expérience? Descartes se présente avec bien «moins d'avantage. Malgré ce qu'il en dit 4 M. 4e Carcayi , Texplication des expériences de Tonrieelli , par la pesanteur de Tair^ n'est *poHit une suite de ses principes ; eMe lest si peu y que le père Noël expliquoit les meiAes expériences par la ecmibinaisoii de rhorreur dn ynide avec Taetioa d'une matière subtile semblable à celle de Descartes , laquelle pénétrait les pores du verre , et ré^ tablissoit le plein dans la partie supérieure du
tnbe. 11 est donc très vraisemblable que Desbarlns na donnée ou même n*a pu donner à Pascal an^ cmie Tue nouvelle sur cette matière.
Qu on me permette encore ici une réflexion.
S'il s'agissoit de peser, entre deux hommes très itiégauB , les prétentions réciproques à unë méaie découverte importante , la probabilité , dans le silence des prefures rigoureuses , iferoit |iettcher ta balance pour le plus habile d ailleurs. Mais contre W homme tel qfue Pascal , qui a-réelleiDiênt tmt exécuter Texpérience du Puy-de-Dôme , Descàrtea m doit pas ne eontédfèr de dire froidement ^ «n aii après : J'en ai donné L'idée; il doit le prouver ,
(U là simple témoignage qu il read Juinciôme dans 6a propre cause ne peut dtfie d^aneira poidSr «
léa manière cUmt Pascal tcaiia la questioa de la jpesgnteur de Tair mérite lattention des philosophet. On Tclt qnll masahe à paa meaavéa» s'ap» payant, toujours sur Texpérieuce , et n^abandour liant jamais les dpkiMas dte ancieM que locsqn^il y est fprcé par 1 évidence meme> et qu 'il eM sur de ! pottTMT mettra à leur place des yentéa isAvitest»» hhBAuJûi n'estime pa$, dit- il » U nous $oU permis 4e actti départir légèreénenê des eutirieiseê que nom temom de l'aMiquiti^ si mus M'y SQmmies oUi^ée fer des preuves indubitables et invincibles; mais en ce em /e Uem ^ise ee s es mii «ne tMrime foibtesêe d^en faire le moindre scrupule. On a osé l^accuser de trop de timidité et de lenteur : on yondroit que du pre** mier pas il eut proscrit le jsj|rsième de Thorreur du Tnide« Mais éçartons ponr un moment le ridicalf qu*oa 4 îeté sur lexpression : pesons la chose eo eUermèaïa. 'Ou est donc iabsoidité palpable 4e supposer que ^ lorsqu'un corps vient àèue déplacéi ilesisardansla nature une puissance , une Tertn ac« ûve qui tend à rétablir le plein? lies pbénomènei 9e nous forcent -ils pas d admettre anjourd^hui» entce tons les eorps qui composent raniyws^ nw attiaction réciproque non moias iaçompri^beasi'' Ue? Qui peut s^bmer cependant que la. cause de cette attraction demeurera toiijouif cachée, ^ ^*nn jour on ne la rapports pas k quelque mé> ca^iisme jusquicî absolument inconnu? Os «i, par similitude d'b/pothèse/ o|i admi^ dans In nMwa
me tendance active au plein , |)ourquoi refuse^ mt-OQ d attribuer à cette teadanee lëlévatioa 4« l'eau dans les pompes , ou celle du mercure dans le tube de TorrieeUi , lorsque k paitte tupér ienve du tiujau est ¥iiide d'air grossiers? La réserva de P^ttcal eat dmc eeUe ànn homme aage qui ne Teui ni se tromper» m « ejiposer à tromper ipg aut^* Il hit Totr , par eea piemiifeft ei^pérîeaMa , que la nature a a pas d'iiorreur pour la yuide; mai^» d*a^ près lexpéfMBoedaPtijr-de-tDtoe^ il proneiiee affinaativeinaiit que la au^peuaioa de Teau daa» les pompes , ou celle du mercure dans le tube de ^ TorrieeUi » eai |kradttite par le poid» del*air. Riei| Q*e^t plus lie ni plus conséquent. Telle a été, qua* naoe uui «pria, k méthode de Newton : c*e»t aiosi que le philosophe anglpis a enrichi de nombnutes décoayertes toutes les parties de la phy*- Âcjae. Descartes a s«rivi une route très différente. N^«ipi»iis déjà Tmiai«|Bé sa pasiion pour les sya»* ternes* Infidèle lui-même aux excelleats préceptea fa*il a ^nnés , dans sa Méthede , pour eherchor la yéiitéy il sougeoil; moinsà iaterroger qu'à deviaet jb natote. Son aintoioa étoît de foadei; um «ette^-et pour y parvenir promptemeat il détrui* MU lea opinions reçues <| et proposoit les siennes tans eKamiaer , avec trop ^de siampnle , si elles étoient conformes ou non aux phénomènes. Les
«eetisa où il est tomfae eot ^aré plusieurs
va^^ft ; mais en Igl condamnant à cet égard , on es^ &iee d^aMner qoe son audaee a été très utile m fro^*ès de la philosophie : cart lors^uil parut^