‹ Pensées choisies de Montesquieu tirées du "Commonplace book" de Thomas Jefferson; avec une introductionChapitre 6 sur 10 · partie de ces emplois, par exemple le commerce ou · texte numérisé non relu

partie de ces emplois, par exemple le commerce ou

la navigation, c’est diminuer le nombre des esclaves. … c. 18. :

701. — La bonté des terres d’un pays y etablit naturellement la dependance. — Les gens de la campagne, qui y font la principale partie du peuple, «ne sont pas si jaloux de leur liberté : ils sont trop “occupés, et trop pleins de leurs affaires particulières. — Une campagne qui regorge de biens craint ke pillage, elle craint une armée (1). Z% 18, c. 1.

“— Dans les pays de montagne on peut conserver ce que l’on a, et l’on a peu à conserver. — La liberté

(1) L'amour de Jefferson pour l’agriculture est trop connu “pour qu'il soit besoin de donner de nombreuses citations. Presque partout agriculture, vertu et liberté sont pour lui des termes synonymes. Voir en particulier Notes on Virginia, M. E., , 229 : « Those who labor in the earth are the chosen people Of God. » — Une seule fois, à ma connaissance, il a paru se “faire l'écho de Montesquieu, qui va beaucoup moins loin dans “son enthousiasme pour la campagne. En 1798, au moment où par suite des difficultés avec la France, il entreyoyait pour les États-Unis la nécessité de renoncer au commerce par mer, ilse demandait, dans une lettre au général Gates, quel effet ce changement social pourrait avoir sur la liberté : « How far it may lessen our happiness to be rendered merely agricultural, “how far that state is more friendly to the principles of virtue and liberty, are questions yet to be solved. » (21 février 1708, M°E., IX, 443.)

d'Eméole à 14 Éd

‘ pour avoir attention sur elle meme, et non pas pour

est le seul bien qui merite qu’on le defende. : montagnards se defendent aisement et ils sont at ques difficilement. c. 2.

Les pays ne sont pas cultivés en raison (pro

trieux, sobres, endurcis au travail, courageux, ] pres à la guerre; il faut bien qu'ils se procuren que le terrein leur refuse. c. 4.

Les peuples des isles st plus portés à a liber é

et arrete te conquerans. CAO

Les pays que l’industrie des hommes a rendus habitables, et qui ont besoin, pour exister, de L meme industrie, appellent à eux le gouvernemel | moderé : comme la Hollande, que la nature a faite

etre abandonnée à la nonchalance ou au capr

Les loix ont un très grand rapport avec la façon dont les divers peuples se procurent la subsistance. — Il faut un code plus etendu pour un peuple qui s'attache au commerce; moins pour ceux qui cul-

tivent la terre; moins none ceux qui vivent ‘dé 1

à la Fe c. S.

— On voit toujours marcher d’un pas egal les arts, -les connoissances, et les besoins. c. 15.

“ 792. — Plusieurs choses gouvernent les hommes, le climat, la religion, les loix, les maximes du gou- -“ernement, les exemples des choses passées, les mœurs, les maximes ; d’où il se forme un esprit general qui en resulte. L. 19, €. 4.

… C'est au legislateur à suivre l'esprit de la nation, lorsqu'il n’est pas contraire aux principes du gou- «…vernement; car nous ne faisons rien de mieux que “ce que nous faisons librement en suivant notre genie naturel. c. 5.

—. Les coutumes d’un peuple esclave sont une par- … tie de sa servitude; celles d’un peuple libre sont une - partie de sa liberté. c. 27.

793. — Le commerce a du rapport avec la constüitution dans le gouvernement d’un seul, il est …ordinairement fondé sur le luxe (1); et quoi qu'il

(x) C’est un livre, et non une note, qu'il faudrait pour exa-

- miner l'attitude de Jefferson à l’égard du commerce, et l’on … trouverait chez lui bien des déclarations qui sembleraient à — première vue contradictoires. Au total, son attitude peut se … trouver résumée dans une lettre qu’il écrivait dès 1785 à Hogen- — dorp : « You ask what I think on the expediency of encouraging our States to be commercial? Were I to indulge my own “theory, I should wish them to practise-neither commerce nor “navigation, but to stand, with respect to Europe, precisely on the footing of China... But this is theory only, and a theory which the servants of America are not at liberty to follow. Our people have a decided taste for navigation and commerce » (13 octobre 1585, M. E., V, 183). Dans les opinions qu'il a

rain pe al oniltés 12e:

id

le soit aussi sur les REPORTÉ reels, son objet pr pal est de ROME EE à la nature qui le fait tout ce qui peut servir à son orgueil, à ses delices, et à ses fantaisies. Dans le gouvernement de plusieurs, est plus souvent fondé sur l’economie. Les negocians ayant l’œil sur toutes les nations de la terr portent à l’une ce qu'ils tirent de l’autre. Comme cette espece de traffique n’est fondé que sur la p tique de gagner peu, et meme de gagner mo qu'aucune autre nation, et de ne se dedommager qu’en gagnant continuellement, il n’est guere possible qu’il puisse etre fait par un seul peuple chez qui le luxe est etabli, qui depense beaucoup, et qi! É ne voit que de grands objets. L 20, c. 4.

L’Angleterre n’a guere de tarif reglé avec k autres nations; son tarif change, pour ainsi dire à chaque parlement, par les droits particuliers qu’elle ote, ou qu’elle impose. Elle a voulu encore conser : ver sur cela son independance. D’autres nations on fait ceder des interets du commerce à des interets politiques : celle-ci a toujours fait ceder ses in rets politiques aux interets de son commerce. c. 7.

On a 4, sb certaines DONC des loix tres

d’economie. On leur a defendu d’apporter d’ autres marchandises que celles du cru de leur pays : on

exprimées, il est au total un partisan de la doctrine du « lais= ser faire, laisser passer », mais il est toujours secrètement resté un « isolationiste » et a toujours vu dans le commerce exté= rieur un mal inévitable qui conduit en trop de cas à la guerre. …

res de la fabrique du pays où ils viennent. Il faut que l'etat qui impose ces loix puisse aisement faire

-meme le commerce : sans cela, il se fera, pour moins, un tort egal, il vaut mieux avoir affaire ne nation qui exige peu, qui a des necessités tre fidelle &c. qu’à d’autres toujours rivales, etqui ne donneroient tous ces avantages. c. 8.

La vraie maxime est de n’exclure aucune nation de son commerce, sans de grandes raisons. C’est la concurrence qui met un prix juste aux marchandises, et qui etablit de vrais rapports entre elles. Encore moins un etat doit s’asujettir à ne vendre ses marchandises qu’à une seule nation, sous pretexte qu’elle les prendra toutes à un certain prix. c. 9. Là où il y à du commerce, il y a des douanes. L'objet du commerce est l'exportation et l’importation des marchandises en faveur de l'etat : et l’ob-

jet des douanes est un certain droit sur cette meme “exportation, aussi en faveur de l'etat. Il faut donc que l'etat soit neutre entre sa douane et son com- -merce, et qu'il fasse en sorte que ces deux choses ne se croisent pas; et alors on y jouit de la liberté du commerce. c. 13.

… La loi de Geneve qui exclut des magistratures, et -meme de l’entrée dans le grand conseil, les enfans de ceux qui ont vecu ou sont morts insolvables, à “moins qu’ils n’acquittent les dettes de leur pere, est tres bonne. La foi particuliere y a encore force de loi publique. c. 16.

non ane tm

RES Sama omis 1

Le Prince ne doit point faire le commerce. c: 49;

Il est contre l'esprit de la monarchie que là noblessse y fasse le commerce. — L'usage qui à permis en Angleterre le commerce à la noblesse, est une des choses qui ont le plus contribué à. affoiblir le gouvernement monarchique. c. 21:

Les loix qui ordonnent que chacun reste dans profession, et la fasse passer à ses enfants, ne sont, et ne peuvent être utiles que dans les etats de d potisme, ou personne ne peut, ni ne doit avoir d mulation. — On fera mieux sa profession, lorsque ceux qui auront excellé, espereront de parvenir à. une autre. c. 22.

Les richesses consistent en fonds de terre, ou en effets mobiliers ; les fonds de terre de chaque pays sont ordinairement possedés par ses habitans. — Ce genre de richesses appartient donc à chaqueetat en particulier, mais les effets mobiliers, comme l'argent, les billets, les lettres de change, les actions. sur les compagnies, les vaisseaux, toutes les m chandises, appartient au monde entier, qui, d ce rapport, ne compose qu’un seul etat, dont toutes Les sociétés sont les membres; le peuple qui pos= sede le plus de ces effets mobiliers de l'univers, est. le plus riche. — Quelques etats en ont une immense quantité ; ils les acquierent chacun parleurs denrées, par le travail de leurs ouvriers, par leur industrie par leurs decouvertes, par le hasard meme. — L'a-

(1) It would be happy if every monarchy could be weakenel equally. Note de Jefferson.

Par hat fur e uddl

varice des nations se dispute les meubles de tout Vunivers. — Il peut se trouver un etat (1) si

-malheureux, qu'il sera privé des effets de tous les autres pays, et meme encore de presque tous les “siens : les proprietaires des fonds de terre n’y seront que les colons des etrangers. — Cet etat manquera “de tout, et ne pourra rien acquérir; il vaudroit “bien mieux qu’il n’eut de commerce avec aucune } nation du monde : c’est le commerce qui, dans les

circonstances où il se trouvoit, l’a conduit à la pau-

-vreté. — Un pays qui envoie toujours moins de

marchandises ou de denrées qu'il n’en reçoit, se met lui-meme en equilibre en s’appauvrissant : il

recevra toujours moins, jusqu'à ce que, dans une

pauvreté extreme, il ne reçoive plus rien. — Dans les pays de commerce, l'argent qui s’est tout-à-coup

(x) « This melancholy truth applies to the American colonies Whose trade is so regulated by a foreign commercial power

as to center all it’s benefits in herself. » Note de Jefferson.

C'est là le germe de la protestation que Jefferson rédigea dans le document connu sous le nom de A Summary view of.

“ihe rights of British America et dont il a donné l’histoire dans

une lettre à John Campbell (août 1809; M. Æ£., XII, 307) :

-« These acts prohibit us from carrying, in quest of other pur-

chases, the surplus of our tobaccos, remaining after the consumption of Great Britain is supplied; so that we must leave them with the British merchants for whatever he will please to allow us, to be by him re-shipped to foreign markets where he will reap the profits of making the sale of them for tull Yalue. ».. « This country which had been acquired by the lives, the labors and fortunes of individual adyenturers, was by these Princes, several times parted out and distributed among the favorites and followers of their fortunes. » (Août 1974. M. E. 1, 18r et suiv.)

evanoui, revient, parce que dans les etats dont

parlons, l'argent ne revient jamais, parce que cet Dh:

qui l'ont pris ne doivent rien. c. 23.

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