‹ Pensées d'aoûtChapitre 3 sur 12 · A MM · texte numérisé non relu

A MM

dk am^ 9mm<iKDttmm :vtp «(Z^aadu&is^vva

Quoique tout change et passe et ae gâte ayant Theure ; Quoique rien de sacré devant tous ne demeure; Qu*un siècle ambitieux n^empéchepas Timpur ; Que le tronc soit atteint sans que le fruit soit mûr ; Quoique les jeunes gens sans charme ni jeunesse , Laissant la modestie et sa belle promesse , DéTorent TaTonir , et d*un pied méprisant Montent comme à Tassaut en foulant !« présent ;

Quoique des parfenuB la baMesse et la brigue Provoquent les fougueux à renverser la digue, Et que , si loin qu*on aille à poser ses regards , On n*ait dans le passé que de rares vieillards, Il est encore , il est , pour consoler une âme , Hors des chemins poudreux et des buts qu*on proclame, 11 est d*huni*iles vertus , dUmmenses charités , Des candeurs qu*on découvre et des fidélités; Des prières à deux dans les nuits nuptiales; Des pleurs de chaque jour aux pierres sépulcrales ; Témoins que rien n*altére , obscurs , connus du ciel , Sauvant du mal croissant le bien perpétuel 9 Et qui viennent nous rendre, en secrètes lumières, Les purs dons conservés , les enfances premières De ce cœur humain éternel !

L*enfence encor , Tenfance a des vœux que' j*admire , Des élans où la foi revient luire et sourire , M^iié propos à charmer les martyrs triomphants. Et des vieillards aussi , pareils aux saints enfants , Ont des désirs , Seigneur , de chanter ta louange , Comme un Eliacin dans le temple qu*il range !

A hf Ck>nciergerie, où libre et par son choix ,

Prisonnière , venait , pour ressaisir ses droits ,

Une Dame au grand nom , de qui la haute idée,

Mal à Taise en nos temps , rêva Tautre Vendée ,

Et qui, d^unsang trop prompt et d*un cœur plein d*échos,

S'égarait à tenter les luttes des héros ;

A la Conciergerie , en même temps , près d'elle ,

Pour cause peu semblable, et sans chercher loquelle,

Se trouyait une femme, une mère ; et Penfant,

Venfant aux blonds cheveux, vers la Dame aouvent

Allait et retenait d*une grâce légère :

Entre les rangs divers Tenfanoe est messagère.

Et la sœar de la Dame, aussi d^air noble et grand,

Dès midi chaque jour Tenant et demeurant,

Toutes deux à Tentour^de'oe front sans nuage

$*égayaient,. et Paimaient comme un aimable otage,

L*appelaient, le gardaient des heures, et parmi

De longs discours charmants, le nommaient leur ami.

Et sous les lourds barreaux et dans Pétroite enceinte ,

La jeune âme captive, ignorant sa contrainte,

N^avait que joie et fête , et rayon qui sourit :

Telle une giroflée à la vitre fleurit.

Pourtant, lorsque la Damo, un moment prisonnière,

Yit sa cause arriver et la libre lumière ,

Ce furent des regrets et des adieux jaloux ,

Des promesses : « Du moins tu priras bien pour nous, »

Disait-elle ^ et Tenfant que ce mot encourage :

a Je prfrai que toujours vous ayez de Touvrage , »

Dans son espoir, ainsi, ne séparant jamais

Ce que sa mère dit le plua'grand des bienfaits!

Cri naïf : De l'ouvrage / éclair qui nous révèle

Des deux antiques parts la querelle éternelle ,

Le travail, le loisir, deux fils du genre humain !

Ici, dans la prison, ils se touchaient la main ;

Au front de cet enfant, un baiser d*alliance ,

Un arc-en-ciel léger disait que confiance ,

Reconnaissance, amour, ce qui peut aplanir,

Viendrait encore en aide au sévère avenir.

— aPour ma sœur que voila, souffrante. Enfant, demande,

Demande la santé, tant que Dieu la lui rende, n — a Oh ! TOUS Taures, dit-il (et son accent surtout S^y mêlait) ; tous Paurei ! tous en auret beattcottp ! » Et l*enfant et la mère ont depuis deux amies.

1s*autre trait qui me touche, et qu^aux âmes unie»,- Simples et de silence, aux doux cœurs égarés, A tout ce qui connaît le temple et ses degrés , A tous ceux qui priaient à douse ans à la messe , Et qui pleurent parfois le Dieu de leur jeunesse , J^offre en simplicité, regrettant et priant ; Ce trait vient de rhospice où de Chateaubriand Le vieux nom glorieux s^avoisine au portique , Comme auprès d*une croix un chêne druidique.

Un saint prêtre en ces murs et dans ce parc heureux. Parmi les jeunes plants et les jets vigoureux Qui, sur ces fronts humains dépouillés par Torage , Assemblent chaque été plus d*oiseaux et d*ombrage. Un saint prêtre vivait, et sans trop défaillir , Depuis quelques saisons achevait de vieillir. Mais encore une fois avait pâli Paotomne, Et Noël, dans sa crèche, apprêtait sa couronne. Le Yieux prêtre en son cœur , durant tout cet avent. Sentait comme un désir suprême et plus fervent. Les saluts, chaque soir, en douce mélodie L^inondaient , et sa voix sous set» pleurs enhardie , Distincte , articulée , au verset solennel , Du milieu de la foule arrivait à Tautel.

Enfin, la veille, ému, ne se sentant plus maftre , 11 va vers Taumônier, un bon et jeune prêtre : « C^est donc demain Noël , Valieluia béni !

9 les beaux Rorate, les Consolaminif

•» Oh! monsieur raumônier , quels chants pleins d*allé-

» Ces saints de Payent ont comme une tendresse, [gresse !

» Hélas!... TOUS êtes jeune , à Tautel tous chantez ;

» Voilà bien des Noëls que je n^ai pas fêtés ! »

Il s^arrêtait , n*osant... ; mais , d*une bonté sûre ,

L^aumônier qui devine , achevant de conclure :

«£h ! bien , chantez pour moi la grand*messe demain, n

— « Oh ! monsieur ! (et la joie étouffait dans 'son sein) ;

» On vous disait bien bon , vous Têtes plus encore ! o

Il officia donc, de voix tendre et sonore :

« Puisque ma voix mourante a chanté dans Sion ,

» Congédie,ôSeigneur, ton vieillard Siméon ! »

L^enfance enoor , Tenfance a des vœux que j*admire , Des élans où la foi revient luire et sourire , Des propos à charmer les martyrs triomphants. Et des vieillards aussi, pareils aux saints enfants , Ont des désirs, Seigneur, de chanter à tes fêtes , Comme un Eliacin au temps des rois-prophètes.

^ '^<BV<I>S£ S^À^^ySSSi

41 If j(V!r®Ai 94iTJim »

IB soin >B SON MARU6B.

A d*aulre8 , eher PaTÎe , en ces joyeux moments , Au milieu des flambeaux , des fleurs et des serments

Où s*exalte un si pur délire , A d*aQtres , s*il fallait toucher le mot profond , Le mot Trai, qui le mieux éclairftt ce qu*Hs soal »

Pouft chant d*bymen il faudrait dire :

A ceux qui , s*égarant au sortir du manoir ,

Ont en de faux essais g&té leur jeune espoir

Et tari leur première joie ;

Que rétoile ■ quittéi gardienne des berceaux ; Que passion navrante ou vulf^ires assauts Ont ratifiés comme une proie ;

A ceux-là , quand THymen , dans sa chaste pitié , Vient poser sa couronne à leur front essuyé

Et leur conduit la jeune fille , Jeune fille à rœil yif , au bandeau radouci , Qui les aime plus fort que sUls sortaient aussi

Des saints baisers de la famille ;

A ceux-là y rcTcnus par fatigue au bonheur , Il faudrait oser dire : fichauffez Yotrç cœur ,

Animes-y toute étincelle f Sans YOtts appesantir au Lien-étre , au repos , Kessabisseï la foi , rallumez les flambeaux

Qui feront Totre âme nouvelle !

Il faudrait replonger au matin de leurs jours Ces pèlerins lassés d*inconstante8 amours ,

Les rendre aux plus fraîches haleines , Et franchissant d*un bond rintervalle aboli , Renouer « s*il se peut , par effort , par oubli ,

Heures croyantes et sereines.

Mais à TOUS, cher PaYÎe , en ces jours couronnés ,

A vous , jeune homme intègre , aux épis non fanés

Qu*un vif août échauffe et dore ,

^i brillent au re(^d et sonaent sons la main , Tels que naguère au front du moissonneur romain Léopold (1) les fesafi éclore ,*

A TOUS fidèle en 4ont au devoir ancien , Fidèle à chaque grain du chaiielet chrétien ,

Bien qu^amant des jeunes extateft ; Qui sûtes oonserter en votre chaste sein Passion , pureté , douceur , Thuile et le vin ,

Comme à Tautei dans les saints vases ;

A TOUS un mot suffit ; pour tous conseils , pour chants, Pour nuptial écho de tant de vœux touchants ,

Ami , c*est assez de vous dire :

Apaises votre cœur , car vous avez trouvé Le seul objet absent , le bien longtemps rêvé ,

Longtemps votre vague martyre !

Apaisez votre cœur , car il n^est que trop plein ; Car , hormis vos bons pleurs sur le pieux décUn

De la mère de votre père , Vous n*e&tes à pleurer qn*au soir , en promeneur ^ En sublime égaré qui va sous le Seignenr ,

Et qui jamais ne désespère !

Car sans relâche en vous , élancements , désirs , L*amitié , l'Art , le Beau , vos uniques soupirs , Hélant des feux et des fumées ,

(1) Lcopold Bobert, qui Tenait de mourir.

FormaieDt comme un autel trop chargé de présents , Ou , nuit et jour , veillaient a ous des vapeurs d*encena Les Espérances enflammées.

Et c*était de tous points , dans Tactif univers , Retentissant en vous par salves de concerts.

Comme un chant dWgue qui s^essaie , D*un orgue mal dompté , mais sonore et puissant , A rOeéan ému pareil , et mugissant,

Et dont le timbre humain s^effraie ;

Jusqu^a ce que , rompant ces échos du Sina , Une note plus claire, un Salve Regina.

Toute coup repousse la brume , Se glisse , s^insinue aux rameaux trop épais , Bonne au confus murmure un air divin de paix ,

Et blanchisse la belle écume !

Apaisez votre cœur , car jusquMci vos nuits S*en allaient sans rosée en orageux ennuis ,

Et vous fatiguaient de mystères :

Les étoiles , sur vous , inquiétants soleils , Nouaient leurs mille nœuds , et de feux nompareils

Brûlaient vos rêves solitaires !

Jusqu^â ce que , naissant à propos , ait marché Une étoile plus blanche ; et d*un flambeau penché

Elle a mis son jour sur la scène , Et la molle lueur a débrouillé les cieux , Et les nœuds ont fait place au chœur harmonieux

Que la lune paisible mène.

Et , la lune endormie à son tour se couchant , Tout bientôt ne devient , le matin approchant ,

Qu^une même et tendre lumière , Comme en venant j!ai vu , vers Taube , près de Blois , Ciel 9 coteaux , tout blanchir et nager à la fois

En votre Loire hospitalière !

Aui Rangeardière», près Angers, 4 août 1835.

e(DSfamtt

k MADAMB P.

Heureux , loin de Paris , d*errer ei: ce doux Heu ,

Je Tenais de quitter le petit Bois des Dames ,

Et m^écartant de TOise , où lavaient quelques femmes ,

J*aUais , gai villageois , léger , en sarrau bleu ,

Chapeau de paille teu front , du côté de Sain-Leu , Quand soudain, me tournant «vers le couchant en flammes. Je vis par tout le pré des millions de trames , Blancs fils de bonne Vierge aux longs réseaux de feu.

Des nappes du fin Un U terre était oouYerte ,

Bt les chaumea reftanti et les brins d*lierbè ver ta

Semblaient un cbamp de lis subitement levé ;

— Des brebis, tout au loin, bondissaient, blonde écume;

Et , moi dont Tmil se mouille et dont le front s*alluma

Tête nue, adorant, je récitai VjÉvè

Pi^,9oclol>rc.

A JMdi-CIUOlVlB.

Ce qui m*ezcite à t*aiiner, ô mon Dieu , Ce a^ett pas llieureux ciel qae mon eepoir deyance f

Ce qui m^excite i t*épargner Toffente , Ce n^est pas l*enfer sombre et Thorreur de son feu !

Ost toi, mon Dieu, toi par ton libre yœu Cloué sur cette croix où t*atteint Tinsolence ;

C*est ton saint corps sous Tépine et la lance , Où tous les aiguillons de la mort lont enjeu.

Voilà oe qui ni*éprend , et d^aroour ti tnpréme \ mon Dieu , que , mus ciel même , je t*atmerai8 f Que même tan» enfer , encore je te craindrai» !

Tu n^aa rien à donner , mon Dieu , pour que je t*ainie ; Car , si profond que soit mon espoir , en Tôtant , Mon amour irait seul , et t*aimerait autant \

Ta te révolte» , tu t^irrttes ^ mon Âme , de ce que tel Ne comprend pas tous tes mérites* £t met ton talent sous IVutel ;

Tu t*en aigris ! mais , Ame Taine , Pourquoi , d*un soin aussi profond ^ N*es-tu pas prompte i tirer peine De ce que d^autres te- surfont ^

De ce que tout lecteur sincère , Te prenant au mot de devoir , Te tient en ton estime chère Bien plus que tu sais ne valoir ?

Oh ! plus sage , mieux attristée, Tu souffrirais amèrement De la faveur imméritée Plus que Tinjare , de estimant

Que dans cette humaine monnaie Ton prix oncor est tout flatteur , Et que bien pauvre est la part vraie Aux yeux du seul Estimateur I

Nam far

Qnat iKdunt ociiflos festinu demere : .«iqaîd Est anittium, différa curandi teoapns in anBOm ? HoiAOB. Ép, II, Ht. I.

Dans ce cabriolet de place, j^eiamine

L*honime qui me conduit, qui n^est plus que machine,

Hideux, à barbe épaisse, à longs cbe^eux collés :

Vice et vin et sommeil chargent ses yeux soûl^.

Comment Thomme peut-il ainsi tomber ? pensais-je,

Et je me reculais à Tautre coin du siège.

— Mais Toi, qui Tois si bien le mal à son dehors ,

La crapule poussée à Tabandon du corps ,

Comment tiens-tu ton âme au-dedans? Souvent pleine Et diargée, es-tu prompt à la mettre en haleine? Le matin, plus soigneux que Thomme d*i-côté, La laves-tu du songe épais ? et dégoûté, Le soir, la laves-tu du jour gros de poussière ? Ne la laisse-tu pas sans baptême et prière S*engourdir et croupir , comme ce conducteur Dont Timmonde sourcil ne sent pas sa moiteur ?

<fib 199bS&«Q«

4k VAAIaa»

Les ▼MÏUei wm^tiéè, si eUci m mmi( pai pour nom» demeurent cootre nom f et cVst amer.

Littnê,

I Ghei loi, chei tous siirtoat, une ai|prear 8*est glissée ;

Elle dore et s*au(pnente, et corrompt la pensée: Vous lui pardonnez bien , mais en Dieu seulement , Et sans entendre i rien d^hnmain et de clément . Et cette amitié morte au fond de vous remue ; Et si dans mon discours son ombre est revenue, Si le nom , par mégarde , irrite uu souvenir , Un sourire blessé ne se poi|t retenir ,

Et vous rejetex loia Taffection trompée.

Comme on fait sous le pied la couleuTre coupée.

Et pourtant , dès renfance , en yos prés les plu» vert» Par Tos jeux, par yos goûts ressemblants et dirers, Aux plus beaux des Talions de Totre Normandie, Yous^ effeuillant déjà les fleurs qu*il étudie ; Vous, plus brillant, plus gai de folie , et plus vain A dissiper, poète, un trésor plus divin ; Lui plus grave, et pourtant aimable entre les sages ,' S*éprenant des douceurs comme vous des orages ; Et puis avec les ans tous les deux divisés (Non de cœur) et menant vos sentiers moins croisés ; Lui dans la raison saine etTétude suivie , Et la possession plénièrfi de la- vie.

Et Tobligeanoe beureuse, et tout ce qui s*accroit En estime, en savoir, sous un antique toit, Et chaque jour enfin , dans sa route certaine , Tournent au docte Huet, — mais Vous au La Fontaine f Vous, pauvre Ami sensible, avec vos tendres vers , Avec tous vos débris délicieux et cbers , Yos inquiets tourments de cboses si sacrées , Vos combats de désirs et vos fautes pleurées ; Tous deux liés toujours, Vous d*erreurs assailli^ Ju8qu*enBîeu rejetant ce cœur trop défailli Qu*on bruit de blâme humain y va. troubler encore ^ Lui (neTenviez pas!) jouissant qu*on l*bonore; Tous les deux , vous avez vieilli !

Oh ! quand , après le charme et les belles années , Uamitié , déjà vieille , en nos âmes tournées &*ttlcère et veut mourir , oh ! c'est un mal affreux !

Le posfé toui entier boit un fiel douloureux.

L^ami qui de nout-méme, hélas ! faisait partie,

Qu*eii nous tenait vivant le nœud de sympathie ,

Cet ami qu*on portait , frappé d*un coup mortel ,

( J*en parle ayant souffert quelque chose de tel) ,

Est comme un enfant mort dans nos flancs avant Theure,

Qui remonte et s*égare et corrompt sa demeure ;

Car il ne peut sortir ? Et ce fardeau si doux ,

Qui réchauffait la vie ainsi doublée en nous ,

N*est plus qu*un ennemi, le fléau des entrailles.

Pour te guérir alors, 6 cœur saignant qui railles.

Ce n*est pas l'ironie et le sourire amer

Qu*il faut, triste lueur de tout secret enfer !

Mais c*est un vrai pardon, et non, comme on le nomme,

Un pardon en Dieu seul , mais aussi devant Thomme ,

Devant l*ami blessé, s*il se peut ; ne laissant

En lui non plus qu*en nous nul poison renaissant.

Cest en priant qu*Élie , ou le Dieu de Laxare,

Réveille dans nos flancs cet enfant qui s*égare ,

Le rende à notre chair sans plus Taliéner,

Ou Paide doucement de nous à s*éloigner.

J*ai souvent , dit Jean-P|iul, le funèbre prophète ,

Cette fois plus touchant, — j*ai souhaité pour i<ftte

D*étre témoin sur terre, attentif et caché ,

De tout cœur*qu*un pardon aurait soudain touché ,

Et des embrassements où le reproche eipire ,

Quand Tàme que PAmour ranime à son empirç ,

Comme un osier en fleur qu*un vent avait courbé,

Violent , du côté du marais embourbé ,

Se redresse au soleil et brille sur la haie

Par le plus gai duvet de toute Tcfseraie.

Mail qaand Tmijeiir maayaiioa duré trop kmgtomp», Quaod le pardon m tait, e*eat en yain <ia*aa printenpt Tous marcbes, seul et rot, dons toi plaines brillantoi , Vâme ouverte auxparfanu des forêts et des plantes, Admirant TOcéan oà s^aohèvent les oieuz ; Car ce nuage prompt, cette ride en tos yeux , Qu*est-oe ? sinon en vous un souvenir qui passe. Réveillé par le lieu peut-être, par la trace Qu*y laissa votre Ami , discourant autrefois Avec vous de ces fleurs et du nom de ces bois , Et du dême sans fond qui s^appuie à rabime-i. , Ou des molles erreurs qui furent Totre crime ?

^em<iKU8 m^mxmi^a^

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IMITES DK WOMWORTH.

Eepoiei-voafl et remeroies.

(Aa sonmet da Glenroe) (1).

Ayant monté lonf^mps d*un pas lourd et pesant Les rampes, au sommet désiré du Toyage , ^ Près du chemin fpraTÎ , bordé de fin herbage ,

Oh ! qui n*aime i tomber d*ua cœur reconnaissant ?

Qui ne s*y coucherait , délassé , se berçant Aux propos entre amis, ou seul , au cri saayagjB

(I) EaScotie.

Bu faucon, près de li perdu dans le nuage — Nuajgfe du matin, et qui bientôt descend?

Mais, le corps étendu, n*oublions pas que rame ,

])e même que Toiseau monte sans agiter

Son aile, ou qu*au torrent, sans fatiguer sa rame,

Le poisson sait tout droit en flèche remonter , — L*àme (la foi Taidant et les grâces propices) Peut monter son air par, ses torrents, ses délices !

La cmbane du aighlander.

Elle est bâtie en terre, et la sauvage fleur

Orne un faite croulant ; toiture mal fermée,

Il en sort, le matin, une lente fumée,

(Yoyei) belle au soleil , blanche et torse en vapeur !

Le clair ruisseau des monts coule auprès; n*ayez peur D*approcher comme loi ; (](uand Pâme est bien formée, On est humble, on se sait, pauvre née, semée Aux rocs, aux durs sentiers , partout où vit un cœur !

Sous ce toit afibissé de terre et de verdure ,

Par ce chemin rampant jusqu^â la porte obscure,

Venez \ plus naturel, le pauvre a ses trésors :

Unoœar doux, patient, bénissant sur sa route.

Qui, s*il supportait moins, bénirait moins sans doute...

Ne restez plus ainsi, ne restes pas debors !

i.e château de Bothwell.

Dans les tours de Botbweli, prisonnier autrefois , Plus d*un brave oubliait (tant cette Glyde est belle) De pleurer son malbeur et sa cause fidèle.

Moi-même , en d*auti;es temps , je vins là ; — je vous voi

Dans ma pensée encor, flots courants , sous tos bois ! Hais, quoique revenu près des bords que j^appelle , Je ne puis rendre aux lieux de visite nouvelle. — Regret ! — Passé léger , m*allez-vou8 être un poids ?. . .

Mieux vaut remercier une ancienne journée , Pour la joie au soleil librement couronnée, Que d*aigrir son désir contre un présent jaloux.'

Le Sommeil t*a donné son pouvoir sur les songes , Mémoire ; tu les fais vivants et les prolonges ; Ce que tu sais aimer est-il donc loin de nous ?

La Toili, paoTre mère , à Paris arrivée Avec ses deux enfants , sa fidèle couvée !

Veuve, et chaste, et sévère, et toute au deuil pieux , Elle les a , seize ans , élevés sous ses yeux En province, en sa ville immense et solitaire , Déserte à voir, muette autant qu*un monastère Où^croft l*herbe au pavé, la triste fleur au mur , Au cœur le souvenir long, sérieux et sûr.

Maîf aujourd'hui qu*il/aut que son fiU se décide

A quelque état, jeune 'homme et docile et timide,

Elle ii*a pas osé le laisser seul Tenir ;

Elle le veut encor sous son aile tenir ;

Elle veut le garder de toute impure atteinte ,

Veiller en lui toujours Pimage qu'elle a peinte

(Sainte image d*un père !) , et les devoirs écrits

Et la pudeur puisée à des foyers chéris ;

Elle est Tenue. En vain ches sa fille innocente ,

L*ennui s*émeut parfois d*une compagne absente ,

Et Thabitude aimée agite son lien :

La mère, elle, est sans plainte et ne regrette rien.

Mais si son fils , dehors qu*appelle quelque étude ,

Est sorti trop longtemps pour son inquiétude ,

Si le soir, auprès d'elle , il rentre un peu plus tard ,

Sous sa question simple observez son regard !

Pauvre mère ! elle est sûre , et pourtant sa voix tremble.

trésor de douleurs, — de bonheurs tout ensemble!

Car, passé ce moment , et le calme remis ,

Comme oux soirs do province , avec quelques amis ,

Retrouvés ici même , elle jouit d'entendre

( Cachant du doigt ses pleurs ) sa fille , voix]si tendre ,

Légère, qui s*anime en éclat argenté ,

Au piano , — le seul meuble avec eux apporté.

Les vers qui soi vent auraient pu être imprimés à la fin dulivre Volupté, auquel ils se rapportent; mais je les crois mieux à part et ici. Il convient toutefois , pour le bien comprendre , de ne les lire qu'après s'être rappelé les dernières pages de cette longue confidence. L'ami prêtre adressait d'Amérique son histoire et ses conseils à son ami plus jeune. C'est celui-ci , qui , ayant reçu , à la mort de l'autre , l'écrit , probablement légué , y répond en ces vers :

J*ai reçu , j*ai reçu les émoUTantes pages , Aveui , eoafesMOos , échos des aos moins sages , SouTenirs presque miens , retrouvés et relus ! Hais , quand je les lisais , Ami , vous n*éties plus !

Tous me les écrWiei], longeant à ma jeanesie, A mon Age d*alor», à mon ciel enflammé , Quand le nuage errant , soui un air de promeise ^ Cache et porte bientôt notre avenir formé ,

Quand tout jeune mortel, montant ton mont Albane ,• Ou sa bruyère en fleurs , le regard plein dresser, A ses pieês TOcéan ou les* lac» de Diane , Pleure à voir chaque soir coucher les soleils d*or !

Tous Tonliez aTertir la fleur avant Torage , Dire au fruit Pheure et Tombre , et le midi peu sûr ; Vos rayons me cherchaient sous mon plus vert ombrage ;. Mais 9 quand ils sont venus , voilà que j*étais mûr.

Hélas ! je ne suis plus celui du mont Albane , Celui des premiers pleurs et des premiers désir»; Quelques printemps de trop ont usé les plaisirs. Dieu n*est pas tout pour moi; mais TAme encor ppofane> Sans plus les ^arer, étouffe ses soupirs l

J'ai n*ai que mieux senti nntentîon profonde , Ami ; vos saints accents me venant du vrai monde y

Où mort vous habites , M*ont ravi sur vos pas en tristesse infinie.

£h î qui n*a pas vécu de vos nuits d*insomnie t Qui n'eut vos lenis matins y vos soirs précipités ? Qui n'eut pas sa Lucy quelque jour sur la terre?* Qui ne Ta pas perdue absente ou par la moBt ?

Au cœur dPane Amélie éTeiihint le mystère ,

Qui n*a pas gardé le remord?

Et plus tard , quand la faute en nous s*est enhardie f Tout froissé des liens de quelque madame R« , Oh ! qui n*a souhaité Hnstant qui congédie , La paix loin des erreurs , et le toit Taste et clair. Et Pentretien si doux , tout proche de la mer,

Chez on ami de Normandie ?

Guérissons , guérissons ! et plus de faux lien l C'est assez dans nos jours d'une amante pleurée. Ménageons , vers le soir, quelque pente éclairée , Où Totre astre , Amaury, serait Toisin du mien.

Vais puis-je. à mon souhait, suivre en tout même trace ? Si le Christ m'attendrit , Rome au moins m'embarrasse. Prêtre ! je le sais et l'ai bien éprouvé , Par son sol triomphal , de sépulcres pavé , Par son bandeau d'azur, par ses monts , par ses rues y Par ses places en deuil des foules disparues , »

Par ses marbres encor, son chant ou ses couleurs , Ta Rome est souveraine à calmer les douleurs. Hais son pouvoir d'en haut me trouble et me rejette ; En vain j'y veux ranger mon flme peu sujette; Je me dis de ne pas , tout d'abord , me heurter, De croire et de m'asseoir, de me laisser porter ; Qu'au sommet aplani luit le divin salaire; Je dis, et malgré tout , cœur libre et populaire , Chaque fois que j'aspire i l'antique rocher.

Maint aspect tortueux m'interdit d'approcher !

Et cependant l*on lonffire et Ton donte ayec transe ; lf*ett-il plus on nos jours besoin dedélÎTrance, B*asile au toit béai , d*arcbe au-dessus des eaux , De rameau séculaire entre tant de roseaux ?

Souvent ThiTor dernier, en douce compagnie Où les noms plus obsears et des noms de génie , Et d'autres couronnés de bonté , de beauté , S'unissaient dans un nœud de libre intimité , Gomme aux chapeaux de Mai , sous la main qui se joue , La pAle ou sombre fleur au bouton d*or se noue ; Souvent donc , réunis par qui savait choisir, Tous ohr^ens de croyance ou du moins de d^ir. Ces soirs-là, nous causions du grand mal où nous sommes, De ravenir du monde et des rêves des hommes , De l'orgueil emporté qui déplace les cieux , De l'esprit toutefois meilleur, religieux , Jeune esprit de retour, souffle errant qui s'ignore , Qu'il faut fixer en œuvre avant qu'il s'évapore. Puis par degrés venait le projet accueilli De faire refleurir Port-Royal à Juilly, Ou plus prés , quelque part ici, dans Paris même , Et dans quelque faubourg d'avoir notre Solesme. Et c'étaient des détails de la grave maison , Combien de liberté , d*étude ou d'oraison , La règle , le quartier, tout... hormis la demeure , Et le plus vif sortait pour la ohercher sur l'heure.

Oui , — mais le lendemain de ces soirs si fervents , Les beaux vœux dispersés s'en allaient à tous vents ,

Vrais propos d6 fesUo dont nul ne tient mémoire. Et la Tie an dehors avait repris son cours ; A chaoun ^es oublis ! un rayon de la gloire ,

Un rayon des folles amours, Ou le monde et ses soins, cent menus alentours. Et le doute en travers qui chemine et nous presse. — Tout ce projet d^hier, n*était-ce donc quMTresse ?

Que faire ? — Au moins sauver le projet dans son sein , En garder le désir et Tidéal dessin ; A chaque illusion dont Pâme devient veuve, A chaque flot de plus dont le monde Tabreuve, Tout indigne qu*on est, plein du deuil de son cœur, Regagner en pleurant le clottre intérieur; Et rapporter de là, de la haute vallée, Au plus bas de la vie inquiète et mêlée, Même dans les erreurs, même dans les combats, Môme ,au sein du grand doute où s^empôchent nos pas, Un esprit de pardon, dUnduIgence et de larmes. Une facilité do prier sous les armes, Le souvenir d*un bien qui n^a pu nous tromper, Unparftim que tout Pair ne pourra dissiper.

Et dont secrètement rinflueoce reçue Nous suit par nos chemins et bénit chaque issue j Quelque chose de bon, de confiant au ciel, De tolérant à tous, écoutant, laissant dire, NMgnorant rien du mal et corrigeant le fiel, ReHgion démentcà tout ce qui soupire, Christianisme universel !

Bien yolontierg je croit aveo ceux de notre Age, Un peu plus qu^Amaury n*y penche en ton ouTrao^; Je croit avec not ckeft en ee douteux inttant, Kot guidet enchanteurt, (un peu moins qn*eux pourtant), A quelque yrai progrès dans ralUanOe humaine, Au peuple par degrés Tifant mieux de sa peine, Au foyer, chei beaucoup, sufl&sant et frugal, S*honorant, chaque jour, d*un accord plus égal, A Tenfanoe de tous d^enseignement munie, A plus de paix enfin, d*aisance et d*harmonie. J*y crois, et, tout marchant, la flamme est à mon front , J*y crois, mais tant de maux au bien te mêleront. Hais tant d*Apre intérêt, de passion rebelle, Sous des contours plus doux, d^injustioe étemelle, Tant de poussière, à flots, si prompte à sMlever, Obscurciront TEden impossible à trouver, Que je veux concevoir des âmes détachées»

Muet témoin, les suivre aux retraites cachées. En être quelquefois, les comprendre toujours, Embrasser leur exil ici-bas, leurs amours.

Plaintes, fuites, aveux, tout... jusqu^à leurs chimères. L*ettor va loin touvent dans leurs pages légères. Oh ! oui, qu^on laisse encore A not raret loisirs Cet choix d*objett aimés et de touchants plaisirs, Quelque couvert d^ombrage où Ton se réfugie ! Fleuret tout bas pour nous, idéale Élégie !

Souvent à cette voix trop tendre en commençant, La prière éveillée ajoute son accent.

Racine, enfant pieux, relisait Chariclée.

Clémentine, ou Clarisse, à propos rappelée, Nonchalants entretient venus d*un air rêveur.

Iles purt amours en nous raTifent la savenr . Huet louait Zaîde, et tout m'endïellit Glève ; Et mon être à souhait s^attendrit ou s^élève,^ Selon que plus avant en un monde chéri, Bien i4>rès le bosquet où la place est encore

Du bon évéque HéKodore, L*abbé Prévost m*entratne , et d*un tour favork Par la main me ramène à Tévéque Amaury^

Précy, octobre.

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