XX PREFACE
mais dont nous sentons la belle splendeur. Il faut y tendre pour pouvoir c régler notre vie présente comme si la vie future n'existait pas* >, pour pouvoir dire à la vie : c Je te veux, car ton image est belle, tu es digne d'être vécue ^ I »
Et celui qui nous amène à cet ordre d'idées, celui qui noue arrache à notre abaissement moral, celui qui nous réveille pour faire monter nos regards vers les deux points lumineux qui s'appellent Solidarité et Amour ^ celui-là est un grand moraliste et un grand humanitaire !
Et je salue en Tolstoï l'un des plus nobles penseurs du xix® siècle et l'un des précurseurs de l'aurore des temps nouveaux !
OSSIP-LODRIÉ.
Paris, avril 1898.
* Renan. V Avenir de la science^ p. 331.
* H. Lichtenberger. Ouvrage cité, p. 39.
LA VIE. l'homme. — LA SOCIÉTÉ
1. — Qui que tu sois y toi qui lis ces lignes ^ pense à ta situation et à tes devoirs, non pas à ta situation dé propriétaire, négociant , juge, empereur^ p9'ésident, ministre, prêtre, soldat que te font provisoirement les hommes, et non pas aux cfevoirs imaginaires que cette situation te crée, mais à ta situation véritable, éternelle, de l'être qui, après toute une éternité de non-existence, est soi^ti de rinconscience, et qui peut à chaque instant y retourner ; et pense à tes devoirs véritables qui résultent de ta véritable situation d'homme, appelé à la vie et doué d'intellige^ice et d'^ amour.