‹ Pensées...d'après les textes russesChapitre 11 sur 62 · PREFACE XIX · texte numérisé non relu

PREFACE XIX

devons avoir pitié d'eux, car, comme dit le rêveur de Bethléem, « ils ne savent pas ce qu'ils font >.

Et que faut-il faire? c II faut purifier la conscience, > dit Tolstoï. € Le salut est en vous, » dit-il. Cela veut dire que nous portons en nous la pitié, la grâce, le pardon; cela veut dire que la lumière divine qui s'appelle la conscience brille au fond de nos âmes et qu'il nous suffit de mettre sur nos actes toute la lumière qui est en nous pour qu'aussitôt s'établisse le royaume de Tamour auquel tend tout être humain. C'est là le but suprême de la vie individuelle, — nous n'en connaissons pas d'autre. Nous ne pouvons atteindre ce but qu'après avoir passé par toutes les phases évolutives de l'existence humaine, mais nous devons y tendre toujours et de toutes les forces de notre être : pour arriver à l'endroit vers lequel on tend, il faut se diriger vers un point bien plus élevé.

Et quand atteindrons-nous ce point élevé? Il ne peut y avoir de réponse, dit Tolstoï. « La réponse est comme celle du sage à qui un passant demandait s'il en avait pour longtemps avant d'arriver à la ville el qui répondit :MarcheM » Et l'on doit marcher, et l'on doit rêver l'union fraternelle des hommes dans un avenir lointain de vérité et de beauté morale. Il faut y croire pour ennoblir un peu notre vie, pour ne pas déranger l'éternelle et l'infinie harmonie de l'univers, cette œuvre d'art sublime, dont nous ne connaissons pas l'auteur, dont nous ignorons le but,

* Le salut est en vous,i» II, p. 100. (Edition russe, Berlin, 1894.)

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