‹ Pensées...d'après les textes russesChapitre 28 sur 62 · Connaître Dieu, vivre et aimer, c'est la même chose · texte numérisé non relu

Connaître Dieu, vivre et aimer, c'est la même chose

Dieu, c'est la Vie. Dieu, c'est TAmour.

159. — Le seul temple vraiment sacré est le monde des hommes unis dans l'amour.

160. — La base du pouvoir est la violence physique ; et la possibilité de faire subir aux hommes une violence physique est due à des individus mal organisés, de telle façon qu'ils agissent d* accord tout en se soumettant à une seule volonté.

161. — C'est la composition et la force de l'armée, nécessaires à la garantie du pouvoir, qui ont introduit dans la conception sociale de la vie le germe démoralisateur.

162. — Le but du pouvoir et sa raison d'être sont dans la limitation de la liberté des hommes qui voudraient mettre leurs intérêts personnels au-dessus des intérêts de la société. Mais que le pouvoir soit acquis par l'armée, par l'hérédité ou par Télection, les hommes qui le possèdent ne se distinguent en rien des autres hommes et, comme eux, ils sont portés à ne pas subordonner leur intérêt à Imlérêt général; au contrah^e.

163. — La lâche de la « machine » gouvernementale et sociale consiste à morceler la responsabilité des méfaits qui se commettent, de façon que personne ne sente à quel point ces actes sont contraires à sa nature. Les uns rédigent les lois; les autres les appliquent ; les troisièmes endurcissent les gens à la discipline, c'est-à-dire à Tobéissance irréfléchie et passive ; les quatrièmes, ces même gens déjà endurcis, se font les instruments de toute espèce de coercition, et tuent leurs semblables sans savoir ni dans quel but ni pour quel motif.

164. — Le christianisme dans sa véritable signification détruit TÉtat.

165. — L'influence morale agit sur les désirs mêmes de Thomme et les modifie dans le sens de ce qu'on lui demande. L'homme qui subit Tinfluence morale agit selon ses désirs. Tandis que le pouvoir^ dans le sens ordinaire de ce mot, est un moyen de forcer Thomme à agir contrairement à ses désirs.

L'homme soumis au pouvoir agit non pas comme il le veut, mais comme il est obligé de le faire ; et c'est seulement par la violence physique, c'est-à-dire l'emprisonnement, la torture, la mutilation, ou par la menace de ces châtiments, qu'on peut forcer l'homme à faire ce qu'il ne veut pas. C'est en cela que consiste et a toujours consisté le pouvoir.

166. — Tous les hommes sont élevés avant tout dans l'habitude de l'obéissance aux lois. Toute la vie de notre époque est établie sur ces

lois. L'homme se marie, divorce, élève ses enfants, professe même une croyance (dans bien des pays) conformément à la loi. Quelle est donc cette loi sur laquelle repose toute notre existence ? Les hommes y croient-ils ? La considèrent-ils comme vraie ? Nullement. Le plus souvent, les hommes de notre époque ne croient pas à la justice de cette loi, ils la méprisent et pourtant s'y soumettent.

167. — On a tort de dire que la doctrine chrétienne concerne le salut personnel seul, mais ne concerne pas les questions d'Etat.

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