Le pouvoir gouvernemental, si même
LE POUVOIR n
il fait disparaître les violences intérieures, introduit toujours dans la vie des hommes des violen ces nouvelles, de plus en plus grandes, en raison de leur durée et de leur force. De sorte que, si la violence du pouvoir est moins évidente que celle des particuliers, parce qu'elle se manifeste non par la lutte, mais par l'oppression, elle n'existe pas moins et le plus souvent à un degré plus élevé.
185. — Que la violence gouvernementale soit supprimée ou non, la situation des bons, opprimés par les méchants, ne changera pas.
186. — Les méchants dominent toujours les bons et les violentent toujours.
187. — La plupart des monuments sont élevés aujourd'hui, non plus à des hommes d'État, à des généraux et encore moins à des riches, mais à
des artistes, savants, inventeurs, à des hommes qui, loin d'avoir quelque chose de commun avec le gouvernement, ont souvent lutté contre lui. Ce sont eux surtout que la poésie et les arts glorifient.
188. — Les gouvernants sentent déjà leur impuissance et leur faiblesse, et déjà les hommes de la conception chrétienne se réveillent de leur torpeur et commencent à sentir leur force.
189. — Le changement dans l'existence de rhumanité, à la suite duquel les puissants abandonneront le pouvoir sans qu'il se trouve personne pour les remplacer, ne se produira que lorsque la conception chrétienne, facilement assimilable, triomphera des hommes non plus Fun après l'autre, mais en un seul coup de toute la masse inerte.
190. — Le monde humain, avec ses différents états et religions, doit être changé de fond en
comble. Tous les pouvoirs humains doivent disparaître.
191 . — Le temps vient où toutes les institutions basées sur la violence disparaîtront par suite de leur inutilité, de leur stupidité, et même de leur inconvenance évidente.
192. — Le temps viendra — il vient — oîi tout le monde comprendra clairement que les autorités sont absolument inutiles et ne font que gêner, où les hommes qu'ils gênent leur diront avec douceur et calme : « Ne nous gênez pas, je vous prie. »