‹ Pensées...d'après les textes russesChapitre 8 sur 62 · XII PREFACE · texte numérisé non relu

XII PREFACE

sur la terre, il ne sufQt donc pas que les individus, isolément, se trouvent àun tel degréde développement pour comprendre le sens de « ne pas résister au mal par la violence »; il faut que la société, l'humanité entière parvienne au même degré de développement intellectuel. Tolstoï a beau nier Texistence de l'humanité *, — elle est un fait réel. L'humanité peut être synonyme du mot foule, mais cette foule existe, nous sommes constamment en contact avec elle, c'est elle qui nous fait souffrir, — inconsciemment, — nous qui sommes plus avancés qu'elle. La foule existe. Pour qu'elle arrive à comprendre le ne résiste pas au mal, il faut qu'elle passe par les trois phases évolutives par lesquelles Tolstoï lui-même a passé : 1** Venfance, 2^ Vâge mûr et 3** la vieillesse, qui correspondent l"* à Vindividu, 2° à la famille et 3° à la société. L'humanité dite civilisée n'a pas encore dépassé la première phase de son développement — Yindividu, Mais elle commence à s'apercevoir que c'est l'individu — sans distinction de sexes — qui est la base de la famille, de la société; elle commence aussi à constater que l'un des éléments de la famille — la femme — était trop négligé ' jusqu'à présent, et elle songe déjà à les préparer, homme et femme, en vue de la réorganisation de la famille. La forme familiale de ce temps ne ressemble pas à celle du siècle précédent. Il faut espérer que la famille du xx** siècle ne ressemblera pas à celle '

* Le salut est en vous, t. I, p. 150. (Edition russe, Berlin, 1894.) Voir la pensée 80.

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