‹ Pensées d'un croyant catholique, ou considérations philosophiques, morales et religieuses sur le matérialisme moderne, et sur divers autres sujets, tels que l'ame des betes, la phrénologie, le suicide, le duel et le magnétisme animal ouvrage généralement destiné a la jeunesse lettréeChapitre 20 sur 49 · PHRÉNOLOGIE DE BROUSSAIS · texte numérisé non relu

PHRÉNOLOGIE DE BROUSSAIS

tout. Elle n’est ni plus profonde, ni plus savante, ni plus ingénieuse. C’est une reproduction insipide de tout ce que Gallet Spurzheim et leurs disciples ont répété à satiété. Toutes les (ois que M. Broussais, sortant des grosses et palpables dénominations anatomiques, aborde les faits métaphysiques dont, quoi qu’il dise et qu’il fasse, il ne peut se débarrasser, son langage devient à peu près inintelligible, parce qu’il ne se comprend pas luhmémc et ne connaît pas suffisamment le sens des mots qu’il prononce. Il est évident que scs recherches abstraites dépassent la sphère habituelle de ses éludes. C.es phénomènes intellectuels, rationnels et moraux lui échappent de tous côtés par leur ténuité, leur complication et leur délicatesse ; il ne sait ni les observer, ni les décrire, ni les

démêler

M. troussais se jptte à corps perdu

au milieu des problèmes qui ont exercé la sagacité des plus grands esprits, sans en connaître les premières données, sans se douter le moins du monde qu’il en ait été question avant lui. C’est merveille devoir avec quel aplomb il tranche, décide et conclut dans des matières qui lui sont à peu prés aussi étrangères que l’hydrostatique.

» |1 a suffi à NI. Broussais, pour devenir métaphysicien, psychologue , idéologue , moraliste, théologien (la phrénologie comprend toutes ces choses), de dire que teWt cela n’élait que de la physiologie.

PENSÉES D’üN CROYANT.

Les jeunes gens qui viennent s'étouffer à ses leçons sont presque tous des élèves en médecine, qui ne savent de la phrénologie que ce qu’ils peuvent en voir dans la boutique de M. Guy; qui, en philosophie, n’ont guère appris que quelques mots indispensables dans les examens du baccalauréat èslettres; leur esprit est droit, mais il manque d’une tanne direction première. Disposés par leurs études médicales à tout ramener à des conceptions et à des images physiques , accoutumés aux méthodes et au langage des sciences naturelles, et à l’observation des phénomènes naturels, la phrénologie, qui prétend ne s’appuyer que sur des considérations anatomiques et physiologiques, est unephilosophietout-à-faitdeleur goût. Ils sont bien aises d’apprendre de la bouche de M. Broussais que la science de l’homme intellectuel et moral n’est que la science de l’homme physique, et que, pour connaître l’esprit humain, il suffît

de connaître le cerveau

Dans les digressions faites

parM. Broussais, l’obscurité est devenue souvent si épaisse qu’on ne distinguait plus absolument rien. Reid, Descartes, Berkeley, Laromiguière ont été mis en scène, ou du moins des lambeaux de leurs théories rapprochés, confondus au hasard, estropiés, dénaturés de la manière la pluscruelle. Nous souhaitons vivement queoM. Broussais entre enfin dans la véri-

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