I" PROCÉDÉ DE MESMER
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Une petite cuve de bois était élevée au milieu d’une vaste salle, fameuse sous le nom de baquet; cette cuve était terminée par un couvercle percé d’un certain noïnbre de trous d’où sortaient des blanches
de fer coudées et mobiles. Les malades étaient ran-
gés autour de ce baquet, et chacun avait sa branche de fer, laquelle, au moyen du coude qu’elle présentait, pouvait être appliquée directement sur la partie malade. Une corde placée autour de leur corps les unissait les uns aux autres ; quelquefois on formait une seconde chaîne en faisant communiquer entre eux les malades par le moyen de leurs mains. Un forte-piano était placé dans un coin de la salle, et l’on y jouait différents airs sur des mouvements variés ; on y joignait môme quelquefois la musique vocale. Tous ceux qui magnétisaient avaient dans la main une baguette de fer longue de dix à douze pouces, et qui était considérée comme le conducteur du fluide magnétique. Elle avait aussi , disaiton, la propriété de le concentrer dans sa pointe, et d’en rendre ainsi les émanations plus puissantes. Le son, dans le système mesmérien, était aussi conducteur du magnétisme, et pour communiquer le fluide au piano il suffisait d’en approcher fa baguette; la corde dont s’entouraient les malades était destinée, ainsi que la chaîne des mains, à augmenter l’intensité de la magnétisation. L’intérieur du baquet était le foyer du fluide magnétique; les matières qu’il contenait ne renfermaient rien qui fût électrique.
JL.es mesmériens magnétisaient aussi directement au moyen du doigt et de la baguette de fer promenés devant le visage , dessus ou derrière la tête, et sur les parties malades, toujours en observant ladi-
.'5'ÿ4 PENSÉES d’un choyant.
rection des pôles. Ou agissait encore sur les malades en les regardant fixement, et surtout en pressant avec les mains les diverses régions du bas-ventre, manipulations quelquefois continuées pendant des heures entières.
Les hommes seuls n’étaient pas soumis à la puissance magnétique. On magnétisait aussi les arbres; on les enchantait, pour ainsi dire, sans toutefois que les magnétiseurs fussent encore parvenus à renouveler le miracle des arbres de la forêt de Dodone. Il n’est pas jusqu’aux corps les plus inanimés , tels qu’urte tasse, une bouteille, un verre, etc., que l’on ne crût habiles à contracter la vertu magnétique.