‹ Pensées d'un croyant catholique, ou considérations philosophiques, morales et religieuses sur le matérialisme moderne, et sur divers autres sujets, tels que l'ame des betes, la phrénologie, le suicide, le duel et le magnétisme animal ouvrage généralement destiné a la jeunesse lettréeChapitre 35 sur 49 · PROCÉDÉ DES MAGNÉTISEURS MODERNES · texte numérisé non relu

PROCÉDÉ DES MAGNÉTISEURS MODERNES

On a renoncé généralement de nos jours au pompeux appareil de Mesmer. La personne qui doit être magnétisée est assise, soit sur un fauteuil commode, soit sur un canapé , soit sur une simple chaise. Assis sur un siège un peu plus élevé , en face et à un pied de distance d’elle, le magnétiseur parait se recueillir quelques moments, pendant lesquels il prend les mains de la personne à magnétiser, de telle manière que l’intérieur des pouces de celle-ci touche l’intérieur des pouces de l’opérateur, lequel fixe les yeux sur elle, et reste dans celte position jusqu’à ce

qu’il sente qu’il s’est établi une chaleur égale entre leé pouces mis en contact. Alors il retire scs main6 et, les tournant en dehors, les pose sur les épaules, où il les laisse environ une minute , et les ramène lentement par une sorte de très-douce friction le long du bras jusqu’à l’extrémité des doigts. Ce mouvement, connu sous le nom de passe , doit être répété cinq ou six fois. Le magnétiseur place ensuite ses mains au-dessus de la tête, les y tient un moment, les descend, en passant devant le visage à la distance d’un ou deux pouces, jusqu’à l’épigastre, où il s’arrête encore en appuyant ses doigts; puis il descend lentement le long du corps jusqu’aux pieds. Ces passes ayant été suffisamment réitérées, le maguétiseur termine son opération en prolongeant les passes au-delà de l’extrémité des mains cl des pieds, et secouant ses doigts à chaque fois; enfin , il fait , devant le visage et la poitrine , des passes transversales à la distance de trois a quatre pouces , en pré sentant les deux mains rapprochées , et les écartant brusquement ensuite. (Quelquefois le magnétiseur place les doigts de chaque main à trois ou quatre pouces de distance de la tête et de l’estomac, les fixe dans cette position pendant une ou deux minutes , puis les éloignant et les rapprochant alternativement de ces parties avec plus ou moins de promptitude , il simule le mouvement tout naturel qu’on exécute lorsqu’on veut se débarrasser d’un liquide qui aurait

humecté l’extrémité des doigts. (Voyez le rapport de M. Husson à l’Académie royale de médecine.)

« L’honorable M. Deleuze», ajoute M. Bouillaud, « l’un des apôtres les plus fervents du magnétisme animal, a indiqué dans ses ouvrages les conditions nécessaires au succès de l’opération magnétique. En voici le sommaire : Il faut que toutes les personnes qui assistent à celte opération observent le silence le plus religieux, et que l’expression de leur physionomie n’inspire ni gène au magnétiseur, ni doute au magnétisé. Certains magnétiseurs exigeaient une autre condition bien sévère , et qu’il n’est pas aussi aisé de trouver que les précédentes parmi les hommes vraiment éclairés : c’était une foi sincère au magnétisme. Mais, selon d’autres magnétiseurs , cette condition n’est pas absolument de rigueur. MM. les commissaires de l’Académie royale de médecine déclarent d’ailleurs , par l’organe de leur savant rapporteur, qu’ils ont cru devoir s’affranchir de l’obligation qu’imposent les magnétiseurs d’avoir une foi robuste, et néanmoins ils ont été témoins de presque tout ce que le magnétisme animal a de plus prodigieux.»

M. Rostan nous dit de son côté (1) : «On a décrit de plusieurs manières les procédés de magnétisation. Chaque magnétiseur a la sienne propre. Il

(1) Dictionnaire rie médecine, article Magnétisme, I. vm, p. 414.

suffit aux uns d’imposer la main sur le Iront de la personne qu’on magnétise, immédiatement ou à une légère distance ; d’autres posent cette main sur l’épigastre ; quelques-uns sur les épaules. Ordinairement, après quelques séances il n’est plus nécessaire d’imposer les mains, il suffit de dire à la personne magnétisée : Endormez-vous, je veux que vous dormiez ; et aussitôt elle s’endort sans pouvoir se soustraire à cet ordre. Souvent même il suffit d’en avoir la volonté sans la manifester. Il m’est souvent arrivé

de vouloir endormir quelqu’un ; aussitôt des tiraillements , des pandiculations et autres symptômes précurseurs du sommeil se manifestaient : Que me faites-vous ? Je vous en prie, ne m’endormez pas; vous m’endormez, je ne veux pas être endormie. Mais on n’arrive que graduellement à une influence aussi grande.»

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