DB LÀ TRAHISON
Ham , i83i.
Les intérêts du prince ne sont pas tonjoars ceux de TÉtat, ni les intérêts de TÉtat ceux du prince. Tantôt c'est le prince qui se fait imprudemment des desseins et des intérêts à part ; tantôt c'est la fortune même qui les lui fait. Sans doute , il en devrait être au-
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trement; mais où voit-on que soit ce qui devrait être?
Il y a donc la trahison envers l'État, et la trahison envers le prince; et quelquefois la fidélité envers le prince pourrait être une trahison envers l'État ; comme la fidélité envers TÉtaty une sorte de trahison envers le prince.
Quelquefois aussi la plus parfaite fidélité envers TÉtat et le prince est prise un instant pour trahison par l'un ou par l'autre, ou même par l'un et par l'autre.
Le temps vient ensuite qui redresse ces méprises là; mais quelquefois tard, quelquefois trop tard.
On trahit le prince en travaillant à le dépouiller de ses droits, ou à les réduire. On trahit l'État en travaillant à étendre abusivement les droits du prince. Il y a ensuite plusieurs actions qui sont à la fois des actes de trahison envers le prince et envers l'État.
DE LA TRAHIMMI. 13
Quel faiseur de lois eut jamais Timprudenee ou la loyauté de donuer une exacte définition de la trahison! On eût dû pourtant 9 de nos jours au moins, se ressouvenir de la juste sentence de Montesquieu : • Que < c'est assez que le crime de lèse^majesté I soit vague , pour que le gouvernement déâ génère en despotisme (1)- »
On a eu les édits des empereurs , et quels édits i Ou a eu les statuts d'Edouard III , de Richard II et de Henri VIII, et quels statuts! Une vraie, sage et mesurée définition , vous ne la trouverez dans aucune loi ; si ce n'est peut-être dans celle que corrompit Tibère , et qui avait suffi jusqu'à lui. — Si quiê po- AiUme exercitum^ autplebem sedUionitniSj deni-^ que malè ge$0 refubticâj nugestatem pa/ndi romam tntmiiMel. -^ Facta atguebantuar j Acta impuMè étant (2).
(i) Esprit des loisy liv. la, ch. 7.
(a) Tacite, Ann^Vir, i,ch. 7a.