MA VIE. XI
GaT^ette d'^Augshourg qu'il venait de publier la correspondance de son ami, le poète Rùckert, le directeur Schubart donna tous ses soins à mon allemand, et je ne sortis de ses mains que complètement germanisée.
Ma permission d'un an expirée, je revins à Paris, mais non sans regret. Le Berlin d'alors était bien la ville de mes rêves. A peu d'exceptions près, ses habitants ne vivaient que pour apprendre ou pour enseigner. Les questions philosophiques et littéraires y passionnaient seules les esprits. Hegel était mort, il est vrai, mais Schelling faisait mine de ressusciter.
De retour à Paris, je repris pendant deux ans encore mon ancien train de vie studieuse et solitaire. — Maladie de ma mère. Elle meurt. Femme de haute vertu et de grand bon sens, elle m'a souvent tourmentée, mais toujours avec les meilleures intentions et dans la juste persuasion qu'elle remplissait un devoir. Les femmes qui écrivent sont, hélas l naturellement disposées à se laisser aller à de déplorables écarts de conduite.
Un pareil danger effrayait ma mère. C'est donc à elle que je dois de ne pas être deve*