MADAME LOUISE ACKERMANN XXV
Le siècle était à toi. Jusque dans ses moelles
De ton souffle puissant il était pénétré;
Les vieux voiles tombaient : tu l'avais éclairé.
Et le Christ, chancelant comme une vieille idole. Sentait déjà sous lui la croix se dérober.
Il allait donc enfin pouvoir sur sa poitrine Croiser ses bras lassés; il allait respirer.
Le Christ délivré devait développer ces deux derniers vers. Tout en lui reprochant d'avoir dit : a Je n'apporte pas la paix, mais la guerre, » elle le comprenait déchiré de remords à la vue de tant de crimes commis en son nom :
O Christ l depuis le jour où sur un bois infâme De sacrilèges mains ont attaché ton corps.
Que d'horribles pensers t'ont dû traverser l'dme. Que de regrets amers, surtout que de remords! Oui l vraiment, des remords l Jusque sur ta croix même Ils t'auront poursuivi, sans trêve ni merci.
Qu'importe la puissance et la grandeur suprême : Tout Dieu qu'on est, l'on a sa conscience aussi.
Ce n'était point la paix, non pas, mais bien la guerre Que tu t'es proposé d'apporter ici-bas. . .
S'il est vrai qu'un tel mot soit sorti de ta bouche, O noble Christ l combien tu dois le regretter I
les premiers héros
Tes martyrs, étaient prêts à devenir bourreaux /