PRIERE QUE BACON ADRESSAIT A DIEU AVANT SON ETUDE
0 Père, qui avez commencé toutes vos œuvres par la création de la lumière visible, et qui les avez toutes terminées par la création de la lumière intellectuelle , création qui eut lieu quand vous soufflâtes sur la face de l'homme, ce chef-d'œuvre de vos mains, daignez diriger et protéger cet ouvrage, qui, ayant eu votre bonté pour principe, doit avoir votre gloire pour fin.
Lorsque vous vous retournâtes pour contempler les œuvres que venaient de produire vos mains, vous vîtes qu'elles étaient parfaitement bonnes, et vous entrâtes dans votre repos ; mais lorsque l'homme a voulu se retourner pour considérer ses propres œuvres, il a vu que
toutes étaient vanité et affliction d'esprit ', et il n'est entré dans aucun repos ; voilà pourquoi j'ose espérer que, si je fais mon étude constante, ainsi que je me le propose, de la considération de vos œuvres, vous voudrez bien me faire entrer en participation du plaisir que vous donna leur contemplation, et du repos que vous goûtâtes ensuite. Je vous supplie, ô Père, de maintenir en moi cette bonne volonté, et par mes mains, ainsi que par les mains de ceux à qui vous inspirerez une volonté semblable , d'enrichir la famille des hommes de nouvelles lumières et de nouveaux secours -.
[IVovum Organum, dislrib. operis, ou the sludeni's prayer.)
lEccle. I, 17.
2 On voit la même prière avec quelques varian(e3 à la fm de Topus cule ayant pour litre : Aphorismi el consilia de auxiliis Dei et ascensione luminis naturalh. Nous croyons devoir la donner encore :
« 0 Père! quand vous considérâtes les créatures qui étaient l'ouvrage de vos mains, vous reconnûtes qu'elles étaient toutes parfaitement bonnes; mais quand l'homme voulut considérer les œuvres de ses mains propres, il vit que toutes étaient vanité et affliction d'esprit. Si nous nous occupions infatigablement de la contemplation de vos œuvres, vous nous feriez sans doute entrer en participation de la complaisance qu'elles vous inspirèrent, et du repos dans lequel vous entrâtes après leur création. Nous vous demandons instamment que la volonté où nous sommes de faire de cette contemplation notre occupation principale ne s'affaiblisse jamais, et que nos mains puissent être les instruments dont vous vous servirez pour répandre de nouvelles grâces et de nouveaux bienfaits sur la grande famille des hommes.
« Nous attendons cette faveur de votre amour éternel, par notre Sauveur Jésus, votre Christ, Dieu avec nous. »