‹ Pensées de Bacon, Kepler, Newton et Euler sur la religion et la moraleChapitre 15 sur 83 · PRIERE QUE BACON ADRESSE ENCORE A DIEU EN TRAVAILLANT AU SOVUM ORGANUM · texte numérisé non relu

PRIERE QUE BACON ADRESSE ENCORE A DIEU EN TRAVAILLANT AU SOVUM ORGANUM

Nous adressons à Dieu le Père, à Dieu le Fils, et à Dieu le Saint-Esprit, les prières les plus humbles et les plus ardentes, pour que, daignant prendre en considération les misères du genre humain, et le triste pèlerinage de cette vie mortelle, où nous coulons des jours en si petit nombre, et traversés encore de tant de maux, il veuille bien se servir de nos mains pour répandre sur les hommes de nouveaux secours et de nouveaux bienfaits. Nous le supplions encore de ne pas permettre que les nouvelles connaissances humaines que nous procurerons préjudicient aux connaissances divines, et qu'en aplanissant les routes des sens, en donnant plus d'amplitude et plus d'éclat au flambeau de la lumière naturelle, nous aboutissions à répandre des incertitudes et des obscurités sur les divins mystères ; mais qu'il arrive plutôt que notre esprit n'étant plus le jouet de l'illusion et de la vanité, et continuant d'être parfaitement soumis aux oracles célestes, nous rendions pleinement à la foi l'obéissance et les hommages qui lui sont dus. Enfin nous lui demandons humblement la force de rejeter hors de notre âme le venin de la science dont le serpent l'a infectée dès l'origine du monde, afin que, toujours modestes dans nos sentiments, et sobres dans notre sagesse, nous n'ayons jamais dans la recherche et l'étude de la vérité que la charité pour principe.

[Novum Orrjanum. prsef., ou the uriter's prayer.)

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