‹ Pensées de Bacon, Kepler, Newton et Euler sur la religion et la moraleChapitre 44 sur 83 · ELOGE DE LA PIETE D HENRI VU · texte numérisé non relu

ELOGE DE LA PIETE D HENRI VU

Henri VII avait voulu introduire les honneurs du ciel dans la maison de Lancastre; il sollicita auprès du pape Jules II h\ canonisation d'Henri VI. La principale preuve qu'il donnait de la sainteté de ce prince, c'est qu'il avait prophétisé que lui Henri, qui n'était alors que comte de Richemond, monterait un jour sur le trône d'Angleterre, quoique cet événement n'eût alors aucune vraisemblance. Effectivement, un jour de fête, Henri VI, se lavant les mains au sortir de table, jeta les yeux sur le comte de Richemond, qui n'était guère alors qu'un enfant, et dit: « Ce jeune homme possédera un jour tranquillement cette couronne pour laquelle nous combattons aujourd'hui. » Le pape Jules II, sur la requête d'Henri VII, nomma une congrégation de cardinaux pour informer de la vie et des miracles d'Henri VI; mais l'affaire n'alla pas plus loin. Jules II, bien instruit qu'Henri VI avait constamment passé pour un homme simple et d'une mince capacilé, crut qu'il avilirait la canonisation s'il le plaçait au rang des saints, et si on ne mettait une différence réelle entre les saints et les innocents K

L'année qui précéda celle de sa mort, Henri VII averti par ses infirmités, qui augmentaient sensiblement,

1 Bacon parle ici delà canonisation des saints comme un protestant.

s'occupa plus sérieusement de la vie future; au lieu de chercher les honneurs de la sainteté pour Henri VI, il ne travailla plus qu'à devenir lui-même un saint, et crut qu'il ferait mieux d'employer dans cette vue ce qu'il en aurait coûté pour la canonisation de son prédécesseur. II distribua donc cette année de plus grandes aumônes qu'à l'ordinaire; il fit délivrer des prisons tous ceux des environs de Londres qu'on y avait enfermés pour des dettes qui n'excédaient pas une certaine somme; il donna des ordres pour qu'on mît la dernière main à ses fondations pieuses. Enfin, apprenant les plaintes amères de son peuple contre les exactions de ses officiers, soit par la bouche des hommes honnêtes qui étaient à sa cour, soit par les discours des prédicateurs qui en parlaient avec une grande liberté, il témoigna, ainsi qu'il convenait à un prince pieux, beaucoup de regret et de peine de conscience. Il ordonna par son testament, l'année suivante, que toutes les sommes que ses officiers avaient injustement extorquées de son peuple fussent restituées.

Pour couronner la fin de sa vie ainsi qu'il avait commencé son règne, il fit une œuvre de miséricorde et de piété très louable et très digne d'imitation : je veux dire qu'il accorda une amnistie générale, ainsi qu'il est d'usage de l'accorder au couronnement des rois, comme s'il avait pressenti qu'il serait bientôt couronné une seconde fois dans un autre royaume bien supérieur à ceux de la terre. 11 mourut dans les dispositions de l'ème les plus heureuses, l'an 1508, à l'âge de cinquante-deux ans. On l'a nommé le Salomon de l'Angleterre.

Je dois ajouter encore à sa louange qu'il a fondé et doté plusieurs monastères de religieux, et de plus le célèbre hôpital qu'on nomma Savoya. Il faisait encore en secret d'abondantes aumônes : ce qui prouve clairement que dans ses grandes fondations pour le public, ce n'était

pas sa propre gloire, mais la gloire de Dieu qu'il avait en vue. Il témoigna toujours un grand amour pour la paix et un grand désir de la procurer. Aussi , dans les préambules de ses traités, on voit qu'il rappelle souvent avec complaisance que lorsque Jésus-Christ vint au monde, les anges avaient annoncé la paix, et qu'il avait légué la paix à ses disciples , quand il sortit de ce monde.

L'amour de la paix était dans ce prince une vertu vraiment morale et chrétienne; elle ne provenait ni de crainte ni de faiblesse, puisqu'il flt presque toujours la guerre, et qu'il y montra toujours une grande valeur. Enfm on peut dire que s'il a été un grand roi, il a aussi été un bon chrétien : il a vécu dans les exercices de la piété et il est mort dans ceux de la pénitence; et s'il a triomphé des ennemis de son royaume, il a aussi triomphé de ceux de son salut.

{Vit. Henr. VII, vers, fin.)

CONSEILS DONNES AU DUC DE BUCKINGHAM , FAVORI ET PREMIER MINISTRE DU ROI JACQUES 1°'', SUR LES DEVOIRS DE SA PLACE RELATIVEMENT AUX AFFAIRES DE LA RELI- GION

1° S'il se présente à vous quelque affaire qui intéresse l'Eglise, ses ministres ou son gouvernement, ne vous en rapportez point uniquement à vous-même; mais prenez l'avis de quelques graves et savants théologiens, et particulièrement de ceux que vous saurez être des hommes solides, prudents et d'une conduite exemplaire.

2° Vous n'aurez point d'avertissement à donner au roi

dans celle parlie. Le premier des titres attachés à sa couronne est celui de défenseur de la foi : il l'emporte par l'étendue de son savoir, non seulement sur les autres princes, mais encore sur les autres hommes : marchez à sa suite, et vous ne vous égarerez point.

[Si on élève quelques questions sur la doctrine de l'Église d'Angleterre, telle qu'elle est consignée dans les trente-neuf articles, ne donnez pas la plus légère attention à ceux qui les élèvent...

Les ennemis de notre religion, et ceux qui cherchent à la renverser jusque dans les fondements, sont d'un côté les catholiques romains, ainsi qu'ils s'appellent eux-mêmes. Leurs dogmes sont opposés à la doctrine que l'Eglise d'Angleterre proleste être la sienne, d'où lui vient le nom de protestante; de l'autre côté, ce sont les anabaptistes, les séparatistes et d'autres sectaires dont les opinions religieuses ne respirent que le schisme et sont incompatibles avec la monarchie; pour les contenir les uns et les autres, il suffît de faire exécuter les lois déjà portées contre eux par le parlement.]

3° Je ne dirai pas en propres termes , comme font quelques-uns, que le gouvernement de l'Église par les évêques est de droit divin ^; mais ce que je ne crains point de dire et que je dirai avec une pleine persuasion, c'est que de tous les gouvernements il est celui qui est le mieux fondé dans la doctrine des apôtres : j'ajouterai encore hardiment qu'il est celui qui s'adapte le mieux à la monarchie. Pour le prouver, je ne m'appuierai point ici avec vous sur d'autres autorités que sur celle de l'excellente proclamation que le roi lui-même a publiée dans la première année de son règne, et qui est à la tête

t Bacon n'a pas toujours été si réservé à soutenir en propres termes que répiscopat est de droit divin; il est très affirmatif sur ce point dans son Mémoire sur la pacification de l'Église d'Angleterre , et ailleurs. {Note de M. Émery.)

des Prières communes. Je désire que vous en preniez lecture, et si dans aucun temps on faisait quelque motion qui tendît à innover, faites souvenir le roi de cette proposition et engagez-le à la relire. Il n'y a rien de plus dangereux dans un État que de prêter l'oreille à toute proclamation qui tend à introduire quelque changement dans le gouvernement, le changement proposé parût-il le plus léger de tous.

[Quoique la discipline de notre Église ne soit pas une partie essentielle de notre religion, elle a cependant une si grande influence, et son importance est telle, qu'on ne doit y rien changer sans les plus fortes considérations ; la substance même de notre religion s'y trouve intéressée. Je vous prie donc, avant qu'on fasse par votre canal ou par une autre voie aucune tentative auprès du roi qui ait pour objet quelque innovation de ce genre, de lire d'abord et de rappeler à Sa Majesté cette sage et importante proclamation qu'elle a composée elle-même et fait publier dans la première année de son règne : elle y trouvera des idées si sages et si fortes d'éviter toutes les innovations, qu'elle demeurera pleinement convaincue qu'on ne peut pas sans danger écouter seulement ceux qui les proposent. Mais il n'y a aucune apparence que vous vous laissiez jamais séduire par ces gens-là; et pour fixer irrévocablement votre jugement sur leur compte, écoutez l'avis que vous donne le plus sage des hommes : Mon fils, craignez Dieu et le roi, et n'ayez aucune communication avec les hommes dominés par le goût de VinnovalionK]

4*^ Prenez garde, je vous prie, de ne point servir de point d'appui aux catholiques romains. Je nesais point flatter, je vous le dirai donc franchement : le monde

1 Prov. XXIV, 2o. — Bacon traduit trop librement, à notre avis, le texte qu'il cite : Time Dominum, fîli mi, et regem; et cum detracloribus non commiscearis.

croit que quelques personnes qui vous appartiennent de bien près par les liens du sang- ne sont que trop imbues des sentiments de l'Église romaine; il faut sans doute que vous les traitiez avec tous les égards convenables et que vous accordiez à la nature ce que la nature exige. Vous êtes parent, et par là même ami de leurs personnes ; mais vous n'êtes ni parent ni ami des sentiments qui les séparent de notre Église.

5° Les archevêques et les évoques ont sous l'autorité du roi le gouvernement de l'Église et de toutes les affaires ecclésiastiques. Vous ne porterez personne à ces places par quelque considération humaine, et vous n'aurez égard qu'à la sienne , au mérite et à la gravité des mœurs ; vous savez que les évêques doivent dans leur conduite et dans leur doctrine servir de modèle.

6° Les doyens, chanoines et prébendiers des églises cathédrales étaient dans l'origine d'une grande utilité dans l'Église : ils étaient le conseil de l'évêque dans la distribution de son revenu , et principalement dans le jugement des causes ecclésiastiques. Vous userez encore de votre crédit, pour faire promouvoir à ces places les hommes les .plus propres à les remplir, des hommes éminents en piété , en science et en sagesse : vous inculquerez souvent au roi qu'il ne doit point en nommer d'autres ; ce sera encore un moyen de rappeler cette classe de ministres de l'Église à leur première destination.

7° Vous serez souvent sollicité, et peut-être jusqu'à l'importunité, de faire donner des bénéfices, cures, à des sujets qui viennent de finir leurs études.

Vous pouvez (j'en conviens) accorder ici quelque chose de plus aux sollicitations de vos amis; mais toutes choses d'ailleurs égales : cœteris paribus; et souvenezvous, je vous prie, que ces places ne sont point purement des places de faveur, que la charge des âmes y est

attachée, que les titulaires auront à rendre le plus terrible de tous les comptes, et que les prévarications dont ils se seront rendus coupables seront aussi imputées à ceux qui auront été les instruments de leur élévation.

8«* L'Église anglicane n'a pas seulement pour adversaires les catholiques romains, elle est encore en butte aux anabaptistes , aux brounistes et à une multitude d'autres sectaires de ce genre*. Ils se sont donné en différents temps de grands mouvements dans le royaume, sous le prétexte de zèle pour la réforme de la religion. Le roi connaît à fond leurs dispositions. Il serait cependant assez à propos de lui mettre de temps en temps cet objet sous les yeux; il sait, par ce qu'il en a éprouvé en Ecosse, ce dont ils sont capables. J'espère qu'il veillera attentivement sur eux en Angleterre. La plus petite protection, la plus légère faveur qu'on paraîtrait leur accorder, suffirait pour mettre en feu toutes leurs têtes -.

9» L'ordre et la décence dans les cérémonies de l'Église ne donnent et ne procurent pas seulement un spectacle agréable : c'est encore un point utile et estimable en luimême; mais il faut avoir un grand soin de n'introduire aucune nouveauté en ce genre. Ces nouveautés occasionneraient bientôt du scandale, tant les hommes sont naturellement portés aux soupçons. La véritable religion protestante garde ici un sage milieu , tandis que ses adversaires se jettent les uns dans une extrémité, les autres dans l'extrémité opposée.

10° Les hommes d'Église doivent être respectés et honorés en considération de leurs ministères ; mais si

1 Les malheurs de Charles I" et de son règne prouvent combien le chancelier Bacon avait raison d'exciler la vigilance du gouvernement sur les malheureuses sectes qui pullulaient alors en Angleterre.

{Note de M. Émery.)

2 Bacon confond ici les catholiques avec tous les autres sectaires, et les fait passer comme eux pour des agitateurs ennemis du royaume. C'est tout à la fois une erreur et une injustice.

un ecclésiasLique est corrompu et scandaleux dans ses mœurs, on ne doit lui accorder ni protection ni tolérance; autrement l'exemple d'un petit nombre deviendrait funeste à plusieurs.

11° Il faut éviter avec grand soin d'employer le patrimoine de l'Église à des usages profanes. Un tel emploi serait un sacrilège. La religion a engagé le roi à arrêter dans le temps un écoulement des revenus ecclésiastiques qui faisait beaucoup de mal et en aurait fait bien davantage. Ne négligez rien pour prévenir ou arrêter de pareils désordres dans toutes les occasions.

12° Enfin, aimez les collèges et toutes les écoles où l'on enseigne les sciences. Entretenez-y avec soin l'émulation, parce que c'est là que se forment, pour le service de l'Église et de l'État, les nouveaux sujets qui doivent remplacer les anciens. Ce royaume s'est illustré dans les derniers temps par la culture des lettres, et jamais il ne manquera d'hommes distingués dans cette partie quand les places ne seront accordées qu'au mérite et aux talents.

( Adoise to sir Georges Villiers.)

DE LA VICISSITUDE DES CHOSES OU DES REVOLUTIONS GÉNÉRALES, SOIT DANS LA NATURE, SOIT DANS LA RELI- GION

Salomon dit qu'il ny a rien de nouveau sur la terre, et que tout ce qui nous paraît une nouveauté n^ est qu'une preuve de notre oublia Cette doctrine favorise l'idée de

1 Eccle. 1, 10.

Platon, qui croit que toute la science n'est qu'une réminiscence; et on en peut conclure que le fleuve Léthé coule aussi bien sur la terre que dans les enfers. Un certain astrologue peu connu assure que si les astres ne gardaient pas toujours entre eux la même distance et s'approchaient ou s'éloignaient un peu plus les uns des autres, si le mouvement diurne venait à varier, le monde ne subsisterait pas un seul moment. Ce qu'il y a de certain, c'est que la matière est dans un mouvement continuel et ne se repose jamais; mais les déluges et les tremblements de terre sont les grands linceuls funéraires qui enveloppent tout dans l'oubli ; les embrasements et les grandes sécheresses ne détruisent et ne font pas disparaître un peuple dans sa totalité. L'embrasement que la fable de Phaéton suppose ne dura qu'un seul jour : la sécheresse, il est vrai, au temps du prophète Élie, dura trois ans, mais elle fut particulière à la Palestine, et n'emporta pas tous ses habitants...

A l'égard de ces deux grandes calamités dont nous avons parlé, les déluges et les tremblements de terre, il est bon de remarquer que ceux qui leur échappent sont des hommes grossiers qui habitaient les montagnes, par conséquent très peu propres à conserver la tradition des temps; ainsi un oubli total devient aussi infailliblement la suite de ces événements, que si personne ne leur avait survécu...

Mais laissons les révolutions qui arrivent dans la nature, pour nous occuper de celles qui ont lieu dans la société humaine. Les plus importantes de toutes sont celles des religions et des sectes, parce qu'elles ont plus d'influence et d'empire sur les esprits des hommes. La vraie religion est fondée sur la pierre, elle est par conséquent inébranlable; mais les autres, bâties sur le sable, sont sujettes à être renversées par les flots du temps.

Disons un mot de ce qui favorise la naissance de nouvelles secles, et donnons à ce sujet quelques conseils, si toutefois l'esprit humain peut suggérer des moyens capables d'arrêter de si grandes révolutions dans leur cours ou d'y apporter quelque remède.

Si la religion reçue est déchirée par des divisions in-, testines; si ceux qui la professent sont totalement déchus de leur première sainteté et sont devenus un sujet de scandale; si à de grands désordres se joignent encore la grossièreté, l'ignorance et la barbarie des temps; alors on a vraiment à redouter la naissance de quelque nouvelle secte, surtout s'il s'élève dans le même temps quelque esprit emporté et qui ne respire que les paradoxes. Toutes ces choses concoururent ensemble lorsque Mahomet publia sa loi ; mais quoique une nouvelle secte s'attire d'abord un certain nombre de sectateurs, ne vous alarmez point; elle ne fera pas de grands progrès, si elle n'emploie pas au moins l'un des deux moyens dont je vais parler : le premier, c'est de renverser ou du moins d'attaquer l'autorité établie ; rien ne séduit autant la multitude que les tentatives qu'on fait pour abattre le gouvernement qui la contient. L'autre moyen , c'est d'ouvrir la porte à la licence des mœurs et à la volupté ; les hérésies spéculatives, telle que fut autrefois celle des ariens', et qu'est aujourd'hui celle des arminiens -, quoi-

1 Les ariens étaient les partisans d'Arius, célèbre hérésiarque du iv« siècle. Arius, né à Alexandrie en Egypte, niait la divinité de Jésus-Christ. C'était l'ambition qui l'avait jeté dans l'hérésie. Arius, condamné solennellement, ainsi que sa doctrine, au concile œcuménique de Nicée, en 325, parvint à tromper l'empereur Constantin; mais Dieu vengea la vérité en faisant mourir misérablement cet ennemi de son Fils et de son Église.

- Les arminiens sont les sectateurs d'Arminius. Celui-ci naquit à Oude-Water, ville de Hollande, en 1560. Après avoir étudié à Genève, et voyagé en Italie et en Suisse, il revint dans sa patrie, oiî il fut ministre, puis professeur de théologie à Leyde. Ne pouvant admettre la prédestination antécédente et absolue de Calvin, qui fait

qu'elles puissent prodigieusement faire fermenter les esprits des hommes, ne causeront jamais de grands troubles dans un État, à moins qu'elles ne soient accidentellement associées à des factions politiques.

Les moyens d'établir et d'accréditer une nouvelle secte sont au nombre de trois : les miracles , l'éloquence et le glaive. Je compte le martyre parmi les miracles, parce qu'il paraît au-dessus des forces de la nature humaine \ et je crois pouvoir en dire autant d'une haute et admirable sainteté de vie.

Mais si on demande comment on pourrait étouffer dans leur naissance les schismes et les nouvelles sectes, nous répondrons que le moyen le plus sûr et le plus sage serait : 1° de réformer les abus et de pacifier les petits différends; 2° de procéder dans les commencements avec douceur, et de s'abstenir de toute persécution sanglante; 3° enfin, de gagner les chefs du parti, en leur accordant des dignités ou d'autres faveurs, au lieu de les aigrir par des traitements qui respireraient la violence et la cruauté.

[Fidel. Serm., cap. lvi.)

de Dieu un injuste et abominable tyran , Arminius donna dans un autre extrême; il affaiblit les droits de la grâce, et releva trop ceux de la liberté. On l'attaqua si vivement, qu'il mourut de chagrin en 1609. Ses disciples, condamnés par le fameux synode de Dordrecht de 1618, n'en comptèrent pas moins de nombreux adhérents.

1 Le martyre, pour servir de preuve en faveur de la religion, a besoin d'être revêtu de certaines conditions sans lesquelles il n'a aucune valeur.

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