NOTRE-SEIGNEUR JESUS-CHRIST
Kepler croit et proclame hautement la divinité de Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme. Ainsi il intitule le livre où il recherche l'année véritable de la naissance du Sauveur :
« De l'année véritable en laquelle le Fils de Dieu a pris la nature humaine dans le sein de la bénie Vierge Marie. «
Il conclut le même traité par ces paroles :
« Je crois démontré que Jésus -Christ le Fils de Dieu et de Marie, notre Sauveur, est né cinq années entières avant le commencement de l'ère chrétienne , telle qu'on l'admet aujourd'hui. »
(De vero anno natalilio Chrisii.)
On pourrait citer çà et là dans ses ouvrages bien des passages semblables à ceux-ci , et qui prouvent la foi du grand astronome.
Dans le chapitre x® du Y" livre de son Harmonique, Kepler commente deux hymnes d'Orphée et de Proclus en les appliquant au Verbe divin (Adyoç) ; puis il termine par ces mots :
« Mais nous chrétiens, instruits à mieux distinguer la vérité, nous savons que ce Aoyoç, ce Verbe éternel et incréé qui était en Dieu, Tipoç tov 0sbv, et qui n'est contenu dans aucun espace, quoiqu'il pénètre tout, nous savons qu'il a pris un corps dans le sein de la très glorieuse Vierge Marie, et qu'il ne fait avec ce corps qu'une seule personne. Nous savons qu'après avoir rempli le but de rincarnation, il est monté aux cieux pour y occuper un trône royal, là où nous croyons que le Père céleste habite plus particulièrement et d'une manière plus excellente que dans toutes les autres parties du monde, parce qu'il y manifeste sa gloire et sa majesté. Nous savons enfin que ce divin Sauveur a promis à ses fidèles des demeures dans cette maison de son Père.
« Nous regardons comme superflu de faire des recherches curieuses sur la nature de ce trône, de mettre en œuvre et les sens et les raisons naturelles pour découvrir ce que l'œil n'a point vu, ce que l'oreille n'a point entendu, et ce qui n'a pu monter au cœur de l'homme. Nous soumettons, et avec raison, l'esprit créé, quelle que soit son excellence, au Créateur qui lui a donné l'être.
[Harmonices mundi, lib. V, p. 246.)