‹ Pensées de Bacon, Kepler, Newton et Euler sur la religion et la moraleChapitre 67 sur 83 · D'EULER · texte numérisé non relu

D'EULER

LÉONARD EuLER , membre des académies de Paris , de Saint- Pétersbourg et de Londres, naquit à Bâle en 1707. Ce fut un de ces génies rares, capables des plus grands efforts et du travail le plus assidu. Il multiplia ses productions au delà de ce qu'on eût dû attendre des forces humaines, et cependant il fut original dans chacune. Il n'est pas d'écrivain qui ait laissé de plus nombreux écrits. Il serait trop long même de faire l'inventaire de tous ses ouvrages : nous ne pouvons qu'indiquer les caractères généraux qui distinguent ses productions de celles de ses contemporains, et les époques qu'elles marquent dans la science.

Continuant l'école de Leibnitz , Euler s'attacha surtout à perfectionner la science du calcul en écartant de plus en plus les considérations de pure géométrie que les disciples de Newton appelaient le plus souvent à leur secours. Le premier il offrit l'exemple de ces longues déductions oîi les conditions du problème étaient d'abord exprimées à l'aide des symboles algébriques. C'est le calcul seul qui développe et surmonte toute difficulté , et c'est là surtout que le génie d'Euler a été profond et inventif.

Avec cette sagacité il fit prendre à la science une face nouvelle. Il étendit considérablement la théorie des suites et créa le calcul algébrique des fonctions circulaires. L'analyse indéterminée et la théorie des nombres, qui depuis Diophante n'avaient été cultivées avec succès que par Méziriat et Fermât, lui doivent de nombreux accroissements.

Il traita entièrement la mécanique par l'analyse, et, en augmentant ainsi l'étude de cette science, il perfectionna beaucoup le calcul différentiel et intégral, dont il publia ensuite un cours complet

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