‹ Pensées de Bacon, Kepler, Newton et Euler sur la religion et la moraleChapitre 68 sur 83 · NOTICE SUR EULER · texte numérisé non relu

NOTICE SUR EULER

bien snpérieiir aux ouvrages qu'on possédait alors sur cette matière.

Après un premier écrit sur la marine, il songea à appliquer les mathématiques à la construction et à la manœuvre des vaisseaux.

On a de lui plusieurs autres savants traités sur les calculs intégral et différentiel, sur la dioptrique, sur différentes questions importantes relatives au système du monde que Newton avait laissées à résoudre à ses successeurs.

Ses aperçus en physique sont quelquefois importants ; mais dans la philosophie il retrouva son génie, surtout dans la philosophie religieuse ; et c'est avec une logique puissante qu'il a défendu l'immatérialité de l'âme, surtout dans ses Lettres à une princesse d'Allemagne (la princesse d'Anhalt-Dessau, mère du roi de Prusse). Il icud sensible par des figures tout le mécanisme de la formation des syllogismes. Il attaque le système des monades et de l'harmonie préétablie de Leibnitz. C'est de plus un hommage aux différentes vérités du christianisme, et une réfutation de la philosophie du xviii^ siècle.

Il reçut d'éclatants témoignages de presque tous les rois de l'Europe, surtout en Russie. Cependant, témoin de la révolution qui renversa Biren, le gouvernement tyrannique de ce favori lui avait inspiré une si gi'ande terreur, qu'à son arrivée à Berlin il resta muet devant la reine mère, qui, désirant s'entretenir avec lui, l'encourageait par un accueil bienveillant. Ne pouvant vaincre sa timidité , elle alla jusqu'à lui dire : « Pourquoi donc, monsieur Euler, ne voulez-vous pas me parler? — Madame, répondit-il, parce que je viens d'un pays oîi quand on parle on est pendu, n

En France , d'Argenson , Turgot , le comblèrent de faveurs. Mais la nature de ses travaux, en l'éloignant du monde, lui conserva la simplicité de mœurs qu'il devait à son caractère et à sa première éducation. La continuelle assiduité d'Euler au travail l'avait privé de la vue à cinquante ans.

Sa mort fut subite. Le 7 septembre 1783 il cessa de calculer et de vivre, comme a dit Condorcet.

De Genodde.

PENSÉES

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