SOUHAIT DE DESCARTES POUR LA RÉUNION DES HOLLANDAIS A L'ÉGLISE ROMAINE
J'ai lu avec bien de l'intérêt (il écrit à un Hollandais) votre traité flamand sur l'usage des orgues dans l'église, et je n'y ai rien remarqué qui ne s'accorde avec notre église... Je voudrais cependant qu'en nous disant, comme vous faites, beaucoup d'injures, vous eussiez aussi bien déduit tous les points qui pourraient servir à réunir Genève avec Rome. Mais parce que l'orgue est l'instrument le plus propre de tous pour commencer de bons accords, permettez à mon zèle de dire ici, omen accipio , sur ce que vous l'avez choisi pour sujet. Si quelques Indiens ont refusé de se rendre chrétiens par la crainte qu'ils avaient d'aller au paradis des Espagnols, j'ai bien plus de raison de souhaiter que votre retour à notre rehgion me fasse espérer d'être après cette vie avec les habitants de ce pays, où j'ai montré par le fait que j'aimais mieux vivre que dans le mien propre.
(Tome III, Lettre cviii.)
QUELLE EST LA CERTITUDE DE LA PRESENCE DU CORPS DE JÉSUS-CHRIST DANS UNE HOSTIE
J'admire les objections de vos docteurs (il écrit au P. Mersenne), qui prétendent que nous n'avons point de certitude, suivant ma philosophie, que le prêtre tient l'hostie à l'autel, ou qu'il ait de l'eau pour baptiser, etc. Car qui a jamais dit, même parmi les philosophes de l'école, qu'il y eût une autre certitude qu'une certitude morale de telles choses? Et quoique les théologiens disent qu'il est de la foi de croire que le corps de Jésus-Christ est dans l'Eucharistie, ils ne disent pas toutefois qu'il soit de la foi de croire qu'il est en cette hostie particulière, sinon en tant qu'on suppose , ex fïde humana, quod sacerdos habuerit voluntatem consecrandi , et quod verba pronunciarit , et sit rite ordinatus , et talia quœ nullo modo sunt de fide.
(Tome II, Lettre liv.)